Focus sur le renouvellement des concessions hydro en France

L’hydroélectricité qui est la deuxième source de production d’électricité en France après le nucléaire représente 12 % de la production nationale d’électricité et 20 % de la puissance installée avec 25,3 GW.

L’avantage de l’hydroélectricité qui au passage n’émet ni CO2, ni autres gaz polluants, fournit 95 % de la production d’électricité renouvelable française. Par ailleurs, c’est la première énergie renouvelable et la seule qui soit modulable. Associée à un réservoir, elle permet de stocker l’énergie à la source et d’ajuster la production électrique aux besoins quasiment en temps réel. Une énergie précieuse pour faire face aux pics de consommation et contribuer à l’indépendance énergétique de la France.

L’héritage français des concessions

Au début du XXe siècle, la France a décidé de développer de grandes installations hydroélectriques sous le régime de la concession, qui a favorisé l’effort d’équipement. Par la loi du 16 octobre 1919, l’Etat donnait à un opérateur l’exploitation d’une chute d’eau pour une durée allant jusqu’à 75 ans.

En contrepartie, ce dernier s’engageait à construire et à exploiter les installations, qui demeuraient la propriété de l’Etat. En fin de concession, la loi autorisait son renouvellement pour une durée de 30 à 40 ans, et prévoyait un droit de préférence pour le concessionnaire sortant. Aujourd’hui, le parc hydroélectrique français compte 2 500 centrales, dont 399 concessions d’une puissance supérieure à 4,5 MW, son âge moyen est de 50 ans. EDF opère
80 % de la puissance hydroélectrique concédée et GDF Suez 17 %.

La première mise en concurrence de l’histoire

La fin du monopole d’EDF en 2000, sa transformation en société anonyme en 2004 et la suppression du droit de préférence pour le concessionnaire sortant en 2006 ont conduit à modifier la procédure de renouvellement des concessions hydroélectriques par appel d’offres en 2008.

Pour créer des ensembles cohérents sur le plan énergétique et environnemental, le Gouvernement a décidé de lancer l’appel d’offres par vallée. Ainsi, 2,8 GW concernent des concessions arrivées à échéance, 2,3 GW proviennent d’une quinzaine d’ouvrages dont la fin de concession est anticipée et 0,2 GW de suréquipements sont demandés. Au total, 10 concessions totalisant une cinquantaine d’ouvrages et une puissance de 5,3 GW seront renouvelées d’ici à 2015

Les trois critères de sélection

Pour chaque concession, l’Etat choisira la meilleure offre sur 3 plans.

Energétique : les investissements de modernisation et de construction de nouveaux équipements proposés par les candidats pour accroître la production.

Environnemental : la protection renforcée des écosystèmes dans le respect des autres usages de l’eau (irrigation, activités de loisirs…).

Economique : l’attractivité de la redevance d’exploitation versée à l’Etat et aux collectivités locales

Focus sur le renouvellement des concessions hydro en France

D’autres acteurs intéressés par ces appels d’offres

Le numéro 1 de l’hydroélectricité en Allemagne, E.ON, est candidat aux appels d’offres pour le renouvellement des concessions hydroélectriques françaises et entend bien jouer tous ses atouts. En effet, ce dernier n’est pas un novice en la matière puisqu’il opère 212 centrales et 6,2 GW de capacité installée dans 4 pays (Allemagne, Suède, Espagne, Italie).

Vattenfall, l’entreprise de production et de distribution d’électricité suédoise, espère aussi participer au renouvellement des concessions hydroélectriques.

Direct Energie s’est quant à lui associé avec EGL, une filiale du groupe helvétique Axpo afin de répondre à l’appel d’offres.

Partagez l'article

 



Articles connexes

Poster un Commentaire

10 Commentaires sur "Focus sur le renouvellement des concessions hydro en France"

Me notifier des
avatar
Trier par:   plus récents | plus anciens | plus de votes
ecoenergie
Invité
Il ne faut pas que ce tresor fruit du travail de nos predecesseurs d’EDF tombe dans le giron des sociétés privées Un exemple du comportement de ces sociétés qui achètent a tour de bras. E.ON pretend etre la société de la “clean energy” . Elle a acheté une importante centrale au charbon dans le sud de la France et la fait fonctionner en vue de maximiser son profit. Le resultat ce sont de tres nomreusex arrets et remise en route. Ce que E.ON la propre ne dit pas c’est qu’il faut plus d’une dizaine d’heures pour que les equipements de… Lire plus »
Jen
Invité
Ce qui est vrai pour certaines sociétés ne l’est pas forcément pour d’autres… Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac. D’autre part, il ne faut pas non plus se bander les yeux ; toutes ces belles choses que fait edf aujourd’hui sur les barrages (amélioration du passage des poissons, signature de nombreuses conventions avec des associations, etc.), cela fait de nombreuses années qu’elle aurait pû ou dû le faire, et elle ne le fait aujourd’hui que parce qu’il y a cette menace de perdre ses concessions ! Les autres entreprises du secteur peuvent aussi avoir… Lire plus »
zelectron
Invité

La démonstration de l’incurie d’EDF dans le texte même de l’appel d’offre puisqu’il faut faire appel à d’autres opérateurs – Energétique : les investissements de modernisation et de construction de nouveaux équipements proposés par les candidats pour accroître la production. (EDF a tout laissé à vau l’eau, c’est le cas de le dire) – Environnemental : la protection renforcée des écosystèmes dans le respect des autres usages de l’eau (irrigation, activités de loisirs…). – Economique : l’attractivité de la redevance d’exploitation versée à l’Etat et aux collectivités locales

Dom6
Invité
L’électricité est aujourd’hui entrée dans un système de spéculation et de marchandisation; Si l’on ne veut pas que des millions d’usagers se retrouvent sans énergie pour cause de dérives sa gestion doit rester publique. Aujourd’hui l’électricité est devenu un produit sur un marché de placement la fameuse pointe et que des dérives entraine des délestages de certaines régions il n’est pas possible de laisser cette manne entre les mains de spéculateurs. Ce gouvernement a déjà mis en place la loi NOME pour que certains puissent égiser leur appétit sur ce marché. Je suis d’accord EDF n’est pas exemplaire en matière… Lire plus »
moise44
Invité
Chaque barrage est une machine a ca$h, disait un autre commentateur sur un autre sujet traitant d’une rénovation d’un barrage “plus vertueux” selon NKM qui s’y était déplacé. 12/10/11 Qu’est ce que l’hydro-électricité durable ? La loi NOME, que je considère aussi comme une niaiserie sans nom des technocrates de Bruxelle selon le principe de concurrence qui ferait baisser les prix est donc une transposition de cette règle inutile dans le droit français. EDF a tout intéret a conserver ces formidables machine sa ca$h, car lorsqu’il ouvre les vannes, il évite d’acheter au prix fort sur le marché SPOT, que… Lire plus »
Bachoubouzouc
Invité
En effet, pour ce qui est des services systèmes vous mélangez tout ! De plus les centrales nucléaires participent elles aussi à l’équilibre production/consommation. “Mon réfrigérateur consomme de l’énergie tous le temps 24/24, et il est donc bien content d’avoir de l’électricité produite sur le fil par les barrages hydroélectrique… Vous confondez “service au réseau” et “service au fournisseur EDF qui n’arrive pas à gérer ses surproductions nucléaires”…” Ca tombe bien : les centrales nucléaires produisent 24/24 ! (contrairement aux ENR… mais c’est un autre débat) Votre frigo en sera donc ravi… “l’intérêt de l’état actionnaire n’est pas le même… Lire plus »
Dan1
Invité

Les 63 GW nucléaires français font bien plus que tourner en base et ils apportent aussi une capacité de modulation non négligeable au cours de la journée où l’on voit assez souvent des fluctuations de plusieurs GW.

Bachoubouzouc
Invité
“Ce que vous appelez pudiquement “participer à l’équilibre production/consommation” c’est simplement le bridage des centrales nucléaires parce qu’elle produise tellement d’électricité qu’elle ferait exploser le réseau si on ne les calmait pas.” En effet on met nos centrales sous calmants, sinon elles ont tendance à devenir un peu fofolles… 😀 “Et c’est pour ça que je vous disais que ça vous dérange l’hydro au fil de l’eau : toute production hydro c’est autant d’uranium d’importation qu’on évite de bruler…” Bien sûr ! Les barrages au fil de l’eau gérés par EDF empêchent par ailleurs EDF de gacher du combustible dans… Lire plus »
Sakharov
Invité

On a bel et bien besoin d’un marché de capacité en France pour financer des investissements dans des moyens de production de pointes (source : UFE, RTE). La loi NOME prévoit déjà le cadre législatif au marché de capacité et RTE organise à l’heure actuelle des workshops avec les principaux acteurs des marchés pour définir les modalités de fonctionnement de ce marché. Au niveau du marché de capacité la France est pionnière en Europe.

Bachoubouzouc
Invité

Parfaitement d’accord avec vous sur le fait qu’à l’avenir ce marché sera on ne peut plus utile.

wpDiscuz