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@ Dan
Dan1 a écrit:
Problème
Question : quel est le tour de passe-passe qui permet de continuer à affirmer que le chauffage électrique émet 600g de CO2 par kWh en France ? Serions- nous le seul pays où le consommateur final peut émettre plus de CO 2 que ne peuvent en émettre les centrales électriques de son pays ?
Il y a deux (au moins) méthodes de calcul : la méthode simple du calcul saisonnier et une méthode plus sophistiquée dite incrémentale.
source 1
source 2
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Références
j’ai bien noté que la source 1 fait l’apologie du gaz et plus fort du fioul domestique, et pour cause, le site est sponsorisé par GDF/SUEZ. Y aurait-il des liens étroits entre les écologistes et les gaziers ?
Les arguments avancés dans ce document montrent que le chauffage électrique émettrait entre 500 et 600 g d’équivalent CO2 par kWh, alors que le gaz serait à 234 g/kWh et le fioul à 300 g/kWh. Cette présentation tendrait donc à encourager le chauffage au gaz et pire au fioul en culpabilisant outrageusement le consommateur qui pourrait penser qu’il pollue 2 fois plus en utilisant l’électricité en France et a contrario 2 fois moins en ayant recours à des carburants fossiles ! là je trouve cela très fort hyper spécieux et fallacieux.
Le deuxième document existe aussi en version longue plus détaillé.
L’argument principal est de dire que tout kWh évité pour le chauffage électrique est un kWh était forcément majoritairement produit par une centrale thermique. Or, on voit bien en prenant les chiffres de 2007 que c’est manifestement faux. Si je reprends mes calculs sommaires et que j’affine, on voit qu’en été sur 5 mois les centrales thermiques fossiles produisent en moyenne 2,6 TWh par mois et qu’en hiver sur 7 mois, elles produisent en moyenne 6 TWh par mois. On voit donc que le chauffage électrique ne peut au maximum que provoquer une augmentation mensuelle des kWh fossiles de 6 – 2,6 = 3,4 TWh par mois sur 7 mois soit au total = 23,8 TWh. Cela veut dire que les 65 – 23,8 = 41,2 TWh sont produits soit par le nucléaire, soit par l’hydraulique ou autre EnR. Dans ces conditions, les émissions de CO2 ne pourraient en aucun cas dépasser : 206 000 tonnes pour les 41,2 TWh (5 g/TWh) et + 23,7 millions de tonnes pour les 23,8 TWh, soit au total = 23,9 Mt pour 65 TWh ou 368 gCO2/kWh. Ce calcul est la logique poussée à l’extrême qui impute toutes les « pointes » au chauffage. Or on sait bien que celles-ci sont également dues à l’éclairage, à la télévision, à la cuisine… Si on affecte seulement 50 % des pointes au chauffage électrique, on trouve un contenu en CO2 de 184 g/kWh ce qui est très proche du consensus obtenu en 2005 entre l’ADEME et EDF (voir lettre de cadrage ADEME du 4 janvier 2005). Rappelons que ce consensus était basé sur le principe "d'additivité" qui est là manisfestement violé. Je cite l'ADEME en 2005 : "méthode qui respecte le critère d’additivité, c’est à dire que, sur une année, la somme des émissions de CO2 de l’ensemble des différents usages est égale (ni plus, ni moins) au total des émissions du parc de production." fin de citation.
Je pense qu’il est utile de lire ce qu’en pensent certains : Voir l’article de Pierre Bacher, auteur de « L’énergie en 21 questions » disponible au lien suivant http://www.sauvonsleclimat.org/document … uffage.pdf
Voir aussi l’article de Hervé Nifnecker au lien suivant : http://www.sauvonsleclimat.org/document … fage.pdfIl serait d’ailleurs amusant de pouvoir supprimer complètement le chauffage électrique pour constater qu’il existe encore une augmentation des pointes en hiver !
Dan1 a écrit:
Références
j’ai bien noté que la source 1 fait l’apologie du gaz et plus fort du fioul domestique, et pour cause, le site est sponsorisé par GDF/SUEZ. Y aurait-il des liens étroits entre les écologistes et les gaziers ?
Ca veut dire quoi cette appellation écologiste à toutes les sauces, vous n’êtes pas écologiste ?
Oui la source 1 provient d’un gazier, elle vaut bien celle d’un électricien, ça change un peu... et de toute manière recoupe complètement celle du RTE/ADEME.
Pour les sources que j’ai données manifestement vous n’avez pas lu en détail car en fait, les choses sont bien plus simples. La première source que vous citez ne parle pas de production marginale mais insiste lourdement sur une histoire de fluidité des échanges au niveau de l’Europe alors que ce n’est pas le centre du problème.
Il y a deux calculs différents qui s’appliquent à deux utilisations différentes :
- La première assez simple permet de tirer un bilan, de faire un état des lieux, on sait avec plus ou moins de précision, que l’ensemble des moyens de chauffage électrique dans le résidentiel et le tertiaire produisent environ 180 gCO2/kWh.
- La deuxième méthode permet de voir ce qui se passe à la marge et cela permet de prendre des décisions pour l’avenir. Si on regarde à la marge, ou si on raisonne par incrément et qu’on se pose la question suivante : si je crée un nouveau moyen de chauffage électrique (on ne parle pas de remplacement d’un moyen par un autre) quel nouveau moyen de production d’électricité devra alimenter cette nouvelle demande énergétique ? La réponse la plus simple est tout sauf du nucléaire ou de l’hydraulique puisque ces moyens sont figés en capacités nouvelles et cela au moins d’ici 2012. Que reste-t-il ? Du thermique à flamme, les importations et les nouvelles capacités en EnR.
Pour les EnR, n’importe quel partisan de l’éolien ou du solaire dira que c’est quand même plus logique d’avoir recours au chauffage solaire, à la biomasse et à l’architecture bioclimatique etc… c’est une question de logique dans la démarche.
Pour les importations on connait la nature des moyens de productions de nos voisins, c’est du thermique à flamme, et même s’il y avait du nucléaire de ce coté là il servirait en priorité les besoins de ces mêmes voisins qui seraient aussi importants que les nôtres à ce moment précis.
Il reste donc le thermique à flamme.
Bien sûr, ce n’est pas parce qu’un français réalise une installation de chauffage électrique de plus que cela change le bilan au niveau de la France. Mais par contre si on développe des programmes de chauffage électrique comme cela s’est fait dans le passé ou même si on développe les pompes à chaleur (surtout aérothermiques) cela se traduira immanquablement par des TWh supplémentaires sur le bilan annuel, et ces TWh il faudra bel et bien les produire avec quelques choses non ? Depuis le début des années 2000 la production du nucléaire et de l’hydro n’a quasiment pas bougée, juste quelques écarts minimes autour de la moyenne. Comme vous aimez à le dire à l’échelle d’un pays les chiffres deviennent vertigineux, si on développe une nouvelle demande saisonnière on l’alimente avec quoi ? Si on augmente le parc nucléaire, le résultat sera une surcapacité encore plus importante l’été, alors on fait quoi ? on développe les clims pour absorber les surplus l'été ? Donc oui sur le bilan final, ces TWh supplémentaires produiraient l’équivalent de 600 gCO2 par kWh, (ou plutôt 600 000 tonnes CO2 par TWh).
*** Le 2ème lien ne fonctionne pas.
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Contenu en co2
Effectivement si on respecte le critère d'additivité on arrive à 180g de CO2 par kWh, comme vous l'avez noté. Mais cette méthode se base uniquement sur les moyens de production français. Or aujourd'hui comme vous le savez bien le marché de l'électricité est un marché européen, où chaque nouveau kW de puissance entraîne l'ouverture de la centrale où le courant est le moins cher à produire, comme indiqué dans l'étude RTE Ademe :
La sollicitation des moyens de production pour satisfaire la demande respecte un ordre économique établi en fonction des coûts proportionnels de production de chaque installation. Au plus bas de l’empilement se trouvent les productions dites fatales, parmi lesquelles l’éolien et l’hydraulique au fil de l’eau. Suivent le nucléaire, puis le charbon et les cycles combinés au gaz (CCG), et enfin le fioul et les turbines à combustion (TAC). Ainsi, à chaque instant, un accroissement de la demande se traduira par la sollicitation du moyen de production le moins cher disponible à la hausse. Inversement, une baisse de la demande est compensée par la réduction de la puissance du moyen le plus cher démarré. Selon la terminologie courante, c’est le moyen de production marginal.
La méthode utilisant l'approche marginale prend donc en compte l'ensemble du parc de production européen. Il en résulte - pour simplifier - que lorsqu'on allume un radiateur électrique en France, cela peut entraîner la mise en marche d'une centrale thermique à combustible fossile en Allemagne. Donc indirectement le kWh consommé en France aura un contenu en CO2 assez important. D'où les 500 à 600 g de CO2 pour le chauffage.
PS : par ailleurs, bien entendu que les écologistes et les gaziers ont des liens étroits, le gaz est bien une énergie naturelle...
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Fluidité
La fluidité, pivot de la deuxième étude n'existe pas... pas encore car les capacités d'interconnexion sont forcément limitées et de toute façon, l'électricité n'est pas une marchandise facilement transportable à longue distance, ce qui permet d'ailleurs à certains de stigmatiser une organisation de production hypercentralisée génératrice de pertes immenses. Il faut donc retenir qu'aujourd'hui, et pour de très nombreuses années encore, les échanges seront limités, bien qu'en 2007, le solde exportateur de la France soit de 56,7 TWh dans lesquels il doit logiquement y avoir du fossile, au moins 5 TWh.J'ai parfaitement compris que le raisonnement à 600 g/kWh est un raisonnement "européanisé" qui met tout dans le même panier et fait croire au consommateur français qu'il peut être alimenté à tout moment par n'importe quelle centrale et principalement des plus polluantes que les siennes et plus particulièrement pour son chauffage plutôt que pour sa télévision ! Je dis simplement qu'il s'agit de réalité... virtuelle qui sert à noyer le poisson. Le marché de l'électricité et sa bourse ne concerne aujourd'hui que des volumes réduits en France.Pour moi, en France, aujourd'hui il ne peut être affirmé que le chauffage électrique émet 600 g de CO2 par kWh, c'est tout simplement un mensonge. Si en plus on dit à un français moyen que c'est plus vertueux d'installer une chaudière à fuel parce que ça émet 2 fois moins de CO2 que le radiateur électrique, alors que l'enjeu est de limiter notre dépendance au pétrole, je trouve que c'est unecomplète ineptie.Le chauffage électrique n'est pas la panacée mais pas le diable non plus.Pour ma part, je ne suis pas dogmatique, j'ai une chaudière à gaz à condensation qui fonctionne parfaitement, mais je n'éprouve pas le besoin de "tuer" le chauffage électrique.
Dan1 a écrit:
Fluidité
J'ai parfaitement compris que le raisonnement à 600 g/kWh est un raisonnement "européanisé" qui met tout dans le même panier et fait croire au consommateur français qu'il peut être alimenté à tout moment par n'importe quelle centrale et principalement des plus polluantes que les siennes et plus particulièrement pour son chauffage plutôt que pour sa télévision !
Ben non ce n'est pas du tout ce que j'ai voulu expliqué, cette histoire d'échanges fluides n'est pas le centre du problème. C'est un dialogue de sourds.
Les kWh marginaux ne peuvent pas être produit par du nucléaire ou de l'hydro puisque en France ces 2 moyens de production sont incapables de produire le moindre TWh de plus que ce qu'ils font actuellement, donc si on crée des besoins nouveaux forcement ils seront couverts par autre chose. C'est si compliqué à comprendre ?
Il y a la solution d'augmenter le parc nucléaire avec des EPR supplémentaires mais le seul résultat sera d'augmenter les surplus en dehors de la période hivernale. On arrête les réacteurs l'été à tour de rôle pour les recharger en combustible, tous les 18 mois il me semble, et on s'arrange pour qu'ils soient tous disponible l'hiver. En dehors de ces périodes d'arrêt il semble difficilement envisageable d'arrêter les réacteurs pour des raisons de coûts, un kWh non produit doit couter à peu près le même prix qu'un kWh produit.
Si on a sur l'année on a 420 TWh de nucléaire, 60 TWh d'hydro et 70 TWh de thermique pour un total de 550 TWh et qu'on passe à 560 TWh l'année suivante à cause de nouveau besoin en chauffage électrique, la seule manière d'y parvenir sera de passer de 70 à 80 TWh en thermique à flamme puisque le nucléaire et l'hydro sont au max. Au bilan on aura bien 10 TWh supplémentaires couvert par 10 TWh thermiques donc avec 600gCO2/kWh. On peut couvrir les 10 TWh avec des importations mais le résultat reviendra strictement au même, on a pas de voisins capables de fournir des TWh sans CO2 à gogo, la Norvège est un peu trop loin.
Je précise bien que le raisonnement s'applique à tout nouveau besoin en chauffage électrique, et non à l'existant.
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Co2 et chauffage élec
Je rejoins ce que dit jake, le kWh électrique à 500 ou 600 g de CO2 est valable pour les nouvelles installations de chauffage.
Mon calcul de 36 TWh issu de centrales fossiles n'était donc pas très juste... puisqu'il prenait en compte l'ensemble des consommations du chauffage électrique à 550 g de CO2 du kWh.
Dan, concernant les interconnexions entre pays, voici ce que raconte RTE :
"La seule limitation à cette utilisation optimale des moyens de production à l’échelle européenne tient aux possibles congestions du réseau de transport. Si de telles situations se rencontrent fréquemment en Italie, en Grande-Bretagne et en Espagne, elles sont en revanche très sporadiques sur l’ensemble de la « plaque continentale » (France, Allemagne, Suisse, Benelux)."
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Prospective
Avec les arguments développés ci-dessus, nous nous plaçons dans la situation où les 600 g de CO 2 ne représentent que le résultat d’une étude d’un seul scénario de développement du chauffage électrique dans les prochaines années. Dans ce cas, cela ne représente absolument pas la situation actuelle qui doit être calculée sur les dernières données existantes, comme je l’ai fait. Cela n’a pas l’air évident pour tout le monde et surtout pas pour ceux qui clament que le chauffage électrique émet dès maintenant les 600 g annoncés. Il ne faut pas confondre faits établis et prospective, quelle qu’elle soit.
Si l’on tient à ce que les français aient confiance dans les chiffres publiés, il faut que le discours soit clair et démontrable, car tout peut être ultérieurement recalculé. Le principe d’additivité était de ce point de vue assez irréprochable, puisqu’il présentait une situation finale conforme à la réalité française (on affectait globalement aux différents usages que ce que les centrales électriques pouvaient fournir en CO2). Le travers, c’est qu’en forçant le trait sur le chauffage électrique, on devait corrélativement diminuer les contributions d’émission des autres usages. C’est ainsi que pour créditer le chauffage de 180 g de CO2 par kWh en 2004, l’ADEME et EDF admettent que les usages en base sont crédités de 40g (variant de 20 à 72 dans le détail), l’éclairage de 100 g (variant de 64 à 151) et les usages intermittents de 60 g. Sachant que la moyenne française oscille aux environs de 75 g de CO2 par kWh pour l’ensemble de la production et un peu plus de 40 g pour EDF seul (42,5 g/kWh en 2007).
On voit donc que cette méthode basée sur « l’additivité » est globalement équilibrée mais minimise probablement l’effet de pointe des autres usages dont certains se retrouvent en dessous de la moyenne sans justification valable. S’il est indéniable que le chauffage électrique est « saisonnalisé » en hiver et participe aux pointes, il faut aussi voir les effets des autres usages qui participent peut être encore plus fortement aux « extrêmes pointes » (appel de plusieurs GW sur une durée très courte). Au rang des contributeurs aux extrêmes pointes, on peut ranger les produits bruns du genre téléviseur et autre informatique. Or, dans la méthode ADEME-EDF de 2005, ils sont crédités de 62 g de CO2 par kWh soit 13 g en dessous de la moyenne de la production. Cela veut peut dire que l’on pratique plus l’ordinateur et la télévision en été ! Il me semble d’ailleurs que l’on ne va pas tarder à réentendre parler du développement des produits bruns qui se développeraient plus vite que le chauffage électrique. A titre indicatif, selon la DGEMP, le chauffage électrique en 2007, représente 46,4 TWh pour le résidentiel et 20,9 pour le tertiaire, soit au total 67,3 TWh, ce qui est seulement 3,5 % de plus que les 65 TWh de 1997.
On voit donc que la méthode d’additivité objet du consensus ADEME-EDF est loin d’être parfaite bien que cohérente, alors que penser d’une méthode qui « monte » le chauffage à 600 g, sans avoir forcément une augmentation très significative de la puissance installée.
D’autre part, pour le chauffage, il faut considérer les capacités d’effacement connues de longue date via l’EJP et autre Tempo. RTE déclare, dans son bilan de l’équilibre offre-demande d’électricité en France de 2007 (pages 35 et 36) que, depuis l’ouverture des marchés, il a perdu beaucoup de capacité d’effacement en puissance, passant de 6 GW en 1999 à 2,8 GW durant l’hiver 2006-2007. Alors oui, nous risquons d’avoir des problèmes d’effacement des pointes… mais pas uniquement dû au chauffage électrique et c’est la dessus qu’il faut travailler. Il est quand même aberrant que la concurrence conduise à fragiliser quelque chose qui marchait relativement bien.
S’agissant des capacités, dire que la seule solution de produire 10 TWh supplémentaires à terme est de mettre 10 TWh de thermique à flamme est réducteur. Même si l’hydraulique ne peut plus s’étendre, JL Borloo vient de déclarer qu’il comptait augmenter l’efficacité du parc actuel de 30 % (info ou intox). Et puis, il y a les nouvelles EnR (type éolien), ne peuvent-elles pas contribuer, même modestement à limiter le recours au thermique à flamme. Si tel n’est pas le cas, cela voudrait dire qu’elles ne peuvent concurrencer que la production en base essentiellement nucléaire et très émettrice de CO2 et donc que globalement elles n’ont pas le pouvoir de faire baisser les émissions de CO2 de la production électrique française.
En revanche, c’est bien de dire que la Norvège est trop loin mais visiblement certains croient encore que c’est possible.S’agissant des limitations au transport de l’électricité, il ne s’agit pas seulement d’une possible congestion du réseau mais bien plutôt du problème plus général que l’électricité n’est pas une marchandise comme les autres qui se transporte d’un point A à un point B en passant par C selon un trajet prévu à l’avance. En alternatif, les électrons voyageant peu, c’est l’énergie qui peut globalement être maintenue à un certain niveau dans le réseau par l’injection d’un certain nombre de contributeur si possible synchronisés. Une fois l’équilibre atteint, on peut toujours exporter ou importer contractuellement des TWh de la France vers l’Allemagne, mais on aura pas forcément la certitude que ces TWh vont directement de France en Allemagne ou l’inverse. Une partie va « passer » par la Belgique et l’autre par la Suisse. On peut faire un bilan global, mais en instantané, c’est plus dur. Il existe donc bien des limitations au transfert d’énergie qui sont les capacités des lignes transfrontalières issues de l’histoire de l’Europe. Dans ces conditions, il faudra des années (dizaines) pour renforcer les interconnexions aux points stratégiques, surtout s’il existe une opposition forte à l’implantation de nouvelles lignes THT.
Dan1 a écrit:
On voit donc que la méthode d’additivité objet du consensus ADEME-EDF est loin d’être parfaite bien que cohérente, alors que penser d’une méthode qui « monte » le chauffage à 600 g, sans avoir forcément une augmentation très significative de la puissance installée.
Je vous ai expliqué (relisez mes messages précédents) que cette nouvelle méthode permettait d’appréhender les nouvelles installations et non l’existant. Le mensonge consisterait à faire croire à celui qui construit une maison neuve et qui s’équipe en chauffage électrique ou en pompe à chaleur, que l’énergie électrique provient d’une gentille centrale nucléaire, car c’est faux. Vous pouvez tourner le problème dans tous les sens, à chaque nouveau besoin il faut des capacités nouvelles non émettrice de CO2 pour les satisfaire puisque nucléaire et hydro jouent à guichet fermé.
C’est la seule chose qui me paraissait importante de souligner dans mes messages précédents, c’est le raisonnement incrémental ou marginal, qui vous déplait tant, mais qui pourtant reflète la réalité. Si on ne tient pas compte de cet aspect un français pourrait très bien dire qu’il peut se permettre de rouler en très gros 4x4 en émettant 500g de CO2 au kilomètre puisque le bilan global de la France du point de vue CO2 est plutôt bon. Les ratios ne seront pas changés et ça ne se verra pas, mais il y a pourtant un lien de causalité évident, le type avec son 4x4 il est bien responsable de son CO2 ? Avec l’électricité c’est moins évident parce que les électrons se mélangent, mais il faut quand même regarder les liens de causalité et étudier les conséquences de chaque action.
A chaque fois qu’on crée un nouvelle demande en électricité, si on ne met pas la capacité non émettrice de CO2 en face pour fournir au même moment, c’est forcément le thermique qui se récupère le bébé. C’est d’autant plus vrai dans le cas du chauffage car c’est un besoin qui crée un déséquilibre hiver/été et le nucléaire ne sait pas s’adapter à cela. Au passage le taux de disponibilité du nouvel EPR, de 90 % au lieu de 80 % pour les réacteurs actuels, ne fera qu’amplifier le problème.
Maintenant je suis assez content que vous puissiez trouver un avantage à l’éolien, ajouter des capacités en éolien est une méthode qui revient à peu près à accroitre la capacité hydro, lorsqu’il y a du vent c’est autant de GWh qu’on peut garder en réserves dans les barrages pour les jours où le vent n’est pas au rendez vous. Il est bien dit dans les documents décrivant la méthode incrémentale que cette méthode permet également d’appréhender l’efficacité des nouveaux moyens de production d’énergie comme l’éolien et le solaire. Ca permet aux décideurs, ceux qui décident des tarifs d’achat des EnR ou des crédits d’impôts pour les moyens de chauffage de se rendre compte de l’efficacité des moyens mis en œuvre du point de vue émissions de CO2.
Maintenant mon avis personnel sur les EnR (centralisées) et le chauffage électrique ou à pompe à chaleur, désolé mais je trouve ça débile. Si on veut développer les EnR ce n’est certainement pas comme cela qu’il faudra procéder, il est tellement plus efficace et moins cher de récupérer l’énergie solaire sans la convertir en électricité, une simple baie vitrée bien exposée c’est des kWh qui tombe du ciel tous les jours.
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Lecture
Le parti pris d'imputer une majorité de fossile au chauffage électrique ne tient pas à l'analyse, même prospective, surtout que, comme je l'ai montré, cela se fait au détriment d'autres usages qui me semblent eux aussi "saisonnalisés" et qui produisent des pointes journalières bien plus importantes que le chauffage. De même, le nucléaire n'est pas aussi rigide qu'on le dit et il participe pleinement aux évolutions saisonnières (suivant lent de la charge), en revanche, il ne fait pas de suivi rapide. Tout cela est parfaitement vérifiable, par n'importe qui, aussi bien avec les données de RTE que celle de l'UCTE.Maintenant, je vous propose de lire une des annexes du rapport Syrota (page 298) au lien suivant :
http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/Ra … LUME_1.pdf
Dans ce document, EDF explique clairement que tout ne peut être imputé au seul chauffage électrique.
Je vous propose également un autre lien qui est une réaction « moins mesurée » qu’EDF mais qui apporte des éléments importants.
http://www.sauvonsleclimat.org/document … uffage.pdf
Enfin, je vous propose de lire ce qu’écrit RTE (le même qui signe avec l’ADEME pour 600 g) dans son « bilan de l’équilibre offre-demande d’électricité en France de 2007 » (pages 66). On voit, qu’avec une opération MDE renforcée on passerait d’une émission de 34,7 Mt de CO2 en 2006 à 22,5 Mt en 2015 (on passe de 63,4 g/kWh à 39,3 g). Dans ces conditions, le chauffage électrique (et il y en a encore presque autant) ne trouvera plus les réserves de CO2 pour émettre les 600 g, car là il faudrait que l’électricité française émettent 39 Mt pour 65 TWh. Cela voudrait dire que dans ce cas si on supprime le chauffage électrique, on gagne -39 Mt et la France émet donc -39 + 22,5 = - 16,5 Mt de CO2 ! Avec des émissions négatives, la seule solution consiste alors à considérer que notre électricité est composée aussi d’importation plus polluante. On note 27,5 TWh en 2007 pour les échanges contractuels, si cela est produit à 100 % par des centrales à charbon (dont 16,2 TWh viendraient d’Allemagne), on rajouter brutalement 27,5 Mt de CO2 et on remonte à 50 TWh, là tout redevient possible et on peut affecter 39 Mt au chauffage et 11 Mt aux autres usages.Le chauffage électrique n’est donc pas aussi « débile » que ça, parce si on ne se chauffe pas avec l’électricité, on le fait avec quoi ?
@Dan, encore de la lecture...
Dan1 a écrit:
De même, le nucléaire n'est pas aussi rigide qu'on le dit et il participe pleinement aux évolutions saisonnières (suivant lent de la charge), en revanche, il ne fait pas de suivi rapide. Tout cela est parfaitement vérifiable, par n'importe qui, aussi bien avec les données de RTE que celle de l'UCTE.Maintenant, je vous propose de lire une des annexes du rapport Syrota (page 298) au lien suivant : ?
Mais on le sait que le nucléaire produit moins l’été que l’hiver en très grosse partie parce qu’il faut recharger les réacteurs en combustible et c’est pourquoi le facteur de charge est de l’ordre de 80 %, mais comment fait on avec un EPR dont l’un des avantages vanté par ses promoteurs est d’avoir un facteur de charge de 90 % ? Mais regardez simplement les TWh produits (voir RTE), d’une année sur l’autre vous verrez que les variations sont infimes, hiver doux ou rigoureux, alors le différentiel de TWh du chauffage élec (hiver doux et rigoureux) il est produit par quoi ? Actuellement en hiver chaque degré en moins correspond à un appel de 1500 MW en plus sur le réseau.
Dans ce document, EDF explique clairement que tout ne peut être imputé au seul chauffage électrique.
Euh, qui a dit que tout était à imputer au seul chauffage électrique?
Enfin, je vous propose de lire ce qu’écrit RTE (le même qui signe avec l’ADEME pour 600 g) dans son « bilan de l’équilibre offre-demande d’électricité en France de 2007 » (pages 66). On voit, qu’avec une opération MDE renforcée on passerait d’une émission de 34,7 Mt de CO2 en 2006 à 22,5 Mt en 2015 (on passe de 63,4 g/kWh à 39,3 g). Dans ces conditions, le chauffage électrique (et il y en a encore presque autant) ne trouvera plus les réserves de CO2 pour émettre les 600 g, car là il faudrait que l’électricité française émettent 39 Mt pour 65 TWh. Cela voudrait dire que dans ce cas si on supprime le chauffage électrique, on gagne -39 Mt et la France émet donc -39 + 22,5 = - 16,5 Mt de CO2 ! Avec des émissions négatives, la seule solution consiste alors à considérer que notre électricité est composée aussi d’importation plus polluante. On note 27,5 TWh en 2007 pour les échanges contractuels, si cela est produit à 100 % par des centrales à charbon (dont 16,2 TWh viendraient d’Allemagne), on rajouter brutalement 27,5 Mt de CO2 et on remonte à 50 TWh, là tout redevient possible et on peut affecter 39 Mt au chauffage et 11 Mt aux autres usages. ?
La première chose évidente c’est que le nucléaire ne bouge quasiment pas sauf en 2015 probablement avec la mise en service de l’EPR de Flamanville, la consommation évité de l’usine d’enrichissement G Besse ne semble pas avoir été prise en compte. Donc pour faire baisser les émissions de CO2 on a remplacé pas mal de centrale à charbon (-12.9 TWh) par des centrales à gaz mais surtout par des EnR éolien (+ 12.9 Twh) et de l’hydro (+10.1 Twh). Maintenant une fois qu’on est arrivé à cette configuration, vous ne pouvez pas décréter d’un coup de supprimer 65 TWh de chauffage électrique tout en faisant comme si le système était toujours dans la même configuration.
La méthode incrémentale qui aboutit à 600g de CO2/kWh pour le chauffage électrique fonctionne dans une situation donnée si vous changez brutalement tous les paramètres ça risque de ne plus fonctionner aussi bien. Cette valeur de 600 gCO2/kWh est pour la situation actuelle si on divise par 2 la quantité de chauffage élec c’est évident que cette valeur de 600g diminuera. On est dans un système non-linéaire et les extrapolations à 100 % ça ne marche pas. On raisonne sur la tangente d’une courbe en un point donné, si on s’écarte de ce point la tangente n’est plus forcément la même, enfin je sais pas moi, c’est des maths de base. J’ai remarqué que vous aimiez bien ce genre de raisonnement, 100 % d’éolien, 0 % de chauffage élec etc… ce n’est pas en poussant un système dans le mur qu’on comprend comment il marche, quand on fait un raisonnement par l’absurde il faut bien garder à l’esprit qu’il est absurde.
Enfin il est effectivement possible d’émettre des tonnes de CO2 en négatif, (en poussant le raisonnement jusqu’à l’absurde) en exportant des dizaines de TWh on arrive effectivement à éviter des TWh polluants chez nos voisins ce qui revient exactement à produire des Mt de CO2 en négatif. Mais il y a quand même une belle hypocrisie pourquoi la France devrait elle devenir un sanctuaire d’un nucléaire dont nos voisins ne veulent pas ou très timidement
Le chauffage électrique n’est donc pas aussi « débile » que ça, parce si on ne se chauffe pas avec l’électricité, on le fait avec quoi ?
Mais il existe des techniques éprouvées pour rendre l’habitat très économe en chauffage (forte isolation+ inertie thermique + solaire), ces techniques ont un coût mais quand on voit le temps de retour sur investissement, c’est que qu’il y a de plus intéressant. De plus intéressant pour le consommateur, pas forcement pour celui qui vend cette solution.
Ou trouve-t-on principalement le chauffage électrique ? Dans l’habitat locatif. Pourquoi parce que ça limite l’investissement, et que la dépense est refilée au locataire, c’est donc que lorsqu’on décide de son propre moyen de chauffage, on fait ses petits calculs et on choisi autre chose.
A force de marketing on arrive à vendre à des gens des pompes à chaleur couplées à de la géothermie de surface, la dépense est très importante pour seulement diviser par 3 la consommation d’énergie de la passoire. Reprenez la solution que j’ai proposée plus haut vous verrez que ça coute moins cher à l’investissement, que ça émet moins de CO2 que l’élec même si l’appoint est fait avec du gaz, ou quand on le peut avec de la biomasse, et enfin la durée de vie est très nettement supérieure, et ça ne crée pas de pointe de consommation d'élec l'hiver.
Ne me racontez pas qu’il n’y a pas de solutions en dehors du chauffage électrique.
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Chauffage électrique
Tout imputer au chauffage électrique (ou tout du moins une très grosse part) est une conséquence de la méthode choisie. Comme je l’explique, si on prend la méthode d’additivité (qui consiste en final à ne pas avoir plus d’émission de CO2 que ne peuvent en émettre nos centrales électriques) et que l’on affecte 180 g de CO2/kWh au chauffage pour une consommation de 65 TWh en hiver, on accepte en contrepartie de n’affecter que 100 g à l’éclairage et 60 g aux usages intermittents pour une moyenne globale de 75 g de CO2 par kWh pour l’ensemble de la production et un peu plus de 40 g pour EDF seul (42,5 g/kWh en 2007).
Cette méthode, sous estime la part des usages de l’électricité qui progressent le plus vite actuellement (ordinateur, téléviseur…) et qui eux aussi font appel aux moyens de production de pointe et d’extrême pointe. Je pense que l’on va bientôt en reparler. En 2005, le chauffage électrique résidentiel représentait 28,4 % de l’électricité de ce secteur soit 37,7 TWH sur un total de 132,4). L’électricité spécifique 67 TWH (15 pour le froid, 16 pour le lavage, 12 pour l’éclairage, 24 pour le reste dont télévisions, ordinateurs…) est en progression.
Je vous propose le lien suivant pour la lettre du CEREN : http://www.ceren.fr/Lettre13v2.pdf
Je ne comprends votre argumentation sur la validité de la méthode incrémentale (600 g de CO2 / KWh). Vous avez dit dans un commentaire qu’elle ne s’appliquait pas au présent, mais permettait en revanche d’étudier l’avenir, je cite : « Je vous ai expliqué (relisez mes messages précédents) que cette nouvelle méthode permettait d’appréhender les nouvelles installations et non l’existant. » fin de citation. Maintenant vous dites : « Cette valeur de 600 gCO2/kWh est pour la situation actuelle si on divise par 2 la quantité de chauffage élec c’est évident que cette valeur de 600g diminuera ». Quelle est cette contradiction ? J’aime bien les raisonnements simples et vérifiables et la plupart du temps les quatre opérations de base (addition, soustraction, multiplication et division). Un raisonnement aux limites n’est pas un raisonnement absurde.
Emission négative de CO2. Vous admettez que l’on puisse avoir des émissions négatives en exportant. Sauf que les modalités actuelles de comptabilité des émissions de CO2 imputent les MT de CO2 aux centrales productrices. Cela veut dire que les émissions de CO2 des exportations d’électricité de la France, sont imputées à la France (relisez l’article de Nifneker : http://www.sauvonsleclimat.org/document … uffage.pdf ). Pour ce qui est de : « Mais il y a quand même une belle hypocrisie pourquoi la France devrait elle devenir un sanctuaire d’un nucléaire dont nos voisins ne veulent pas ou très timidement ». La première remarque est que la France est déjà un sanctuaire du nucléaire pour la production nucléaire, on ne refait pas l’histoire. De là à conclure que nos voisins n’en veulent pas : « wait and see » y compris pour l’Allemagne qui de toute façon en a déjà et produit 5 fois plus d’électricité avec le nucléaire qu’avec les éoliennes.
Ensuite vous opposez besoin de chauffage et économie de chauffage. Je dirai qu’il faut travailler sur les deux à la fois, ce n’est pas antinomique. Cependant, je suis bien avec vous sur le fait que le chauffage électrique (à convecteur) est une aubaine pour les constructeurs de maison qui peuvent ainsi contenir les prix d’appel en installant un système de chauffage simple et pas cher dont le coût de possession est essentiellement composé du coût de fonctionnement intégralement à la charge du locataire. Je suis parfaitement au courant de cela pour l’avoir plusieurs fois vécu en tant que locataire. Car il faut quand même souligner que le chauffage électrique reste un moyen cher à l’usage, même en France.A l’assertion : « Ne me racontez pas qu’il n’y a pas de solutions en dehors du chauffage électrique », je ne répondrai pas en vous racontant que la meilleure solution c’est le chauffage électrique. Pour une bonne raison, je suis chauffé au gaz avec une chaudière à condensation (+ un poêle à bois qui sert très peu). Malgré les augmentations, le kWh utile est imbattable en prix et la pollution locale est très réduite par rapport aux autres combustibles, même le bois. J’ai connu le bois, le charbon, le fuel, l’électricité et maintenant le gaz. Je trouve que c’est une bonne solution pour moi dans le contexte précis où je suis actuellement, demain ce sera peut être différent et je m’adapterai avec pragmatisme. Cela ne m’empêche nullement de renforcer l’isolation en parallèle. Comme je ne suis pas dogmatique, peut être qu’un jour j’opterai pour une pompe à chaleur, si possible avec un bon COP constant sur l’année (eau/eau de préférence) ou du solaire thermique dont j’ai déjà fait l’étude. Chacun voit midi à sa porte.
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