nécrocarburants, OGM pas!
pascal et jean-louis n'ont pas du lire grand chose sur les nécro-carburants. Ci dessous reprise:
Une aggravation des violations des droits de l’homme due à l’extension de ces monocultures
D’importantes violations des droits humains ont été signalées au Brésil, en Argentine, au Paraguay, en Colombie et en Asie du Sud-est dans les plantations de canne à sucre, de palmier à huile et de soja. Il s’agit d’esclavage, de conditions de travail précaires et de salaires très faibles, de violents conflits fonciers, de maladies et même de décès dus à l’utilisation de pesticides et aux impacts de la déforestation.
Des objectifs qui vont alimenter la course aux OGM
Le secteur des biotechnologies promeut le développement des agrocarburants afin de conquérir de nouveaux marchés. Les variétés génétiquement modifiées de plusieurs cultures désormais utilisées pour les agrocarburants (comme le maïs, le soja, le colza) ont rencontré de fortes oppositions quant à leur utilisation pour l’alimentaire, particulièrement en Europe. Cette industrie espère ainsi que par leur promotion en tant qu’agrocarburants ces cultures soient également admises pour l’alimentaire. Pourtant, le problème relatif aux OGM est bien réel et ne devrait pas être remis en cause. L’introduction de cultures d’OGM dans les pays du Sud a eu un impact considérable sur les techniques agricoles, les droits humains et l’environnement. Un des objectifs de l’Union Européenne serait alors indirectement d’encourager le développement des industries OGM. Cette industrie prévoit également l’utilisation d’OGM pour modifier la composition en lignine et en cellulose des plantes afin d’augmenter le rendement des agrocarburants. Ceci aura des conséquences que l’on ne peut pas prévoir à l’heure actuelle.
Des encouragements et subventions aux effets pervers
Si l’Union Européenne introduit des subventions en faveur de l’utilisation d’agrocarburants, ceci va d’autant plus intensifier toutes les pressions sur l’environnement évoquées précédemment. Ceci va également altérer les marchés et creuser le niveau de production alimentaire. Ces aides ne devraient pas être appliquées alors qu’il subsiste des interrogations concernant le potentiel réel des agrocarburants et ses effets sur le climat. Enfin, les encouragements en faveur de l’utilisation des agrocarburants sont en contradiction avec les stratégies d’éradication de la pauvreté fixées par les Objectifs du Millénaire pour le Développement. Par ailleurs, ces incitations à l’utilisation de d’agrocarburants ne respectent pas les objectifs pris pour 2010 lors du Sommet de la Terre de Johannesburg dans la mesure où ils ont des impacts négatifs sur la conservation de la biodiversité.
Pas de certification crédible à ce jour
Une certification de durabilité est souvent proposée comme un moyen de répondre à beaucoup de problèmes cités précédemment. Cependant, le Plan Energie de la Commission Européenne n’affirme pas clairement si un projet de certification pour les agrocarburants va être mis en place, et si celui-ci aura un caractère volontaire ou obligatoire. De précédentes initiatives, ont montré que les certifications qui se sont imposées d’elles-mêmes n’ont pas été aptes à rendre compte des enjeux environnementaux et sociaux, particulièrement dans des pays connus pour leurs lacunes en matière de droits de l’Homme, de gouvernance environnementale et de réglementation du travail. La « Table ronde sur la production soutenable du soja » - un procédé de certification volontaire mené par différentes ONG environnementales et des entreprises- a été fortement critiquée par d’autres ONG et par des associations de petits agriculteurs latino-américains (ceux-ci estimant qu’elle affichait des intérêts incompatibles avec les leurs). La « Table ronde sur le palmier à huile durable » (RSPO) doit encore parvenir à un accord sur les procédures de vérification du respect des standards introduits. De plus, quelques groupes industriels membres de la RSPO continuent à détruire de larges zones de forets tropicales et convoitent ouvertement des subventions tout en transgressant les principes fondamentaux du RSPO. Les mêmes problèmes se posent pour Wilmar International sur l’île Bugala en Ouganda, ou PT SMART pour l’expansion de l’huile de palme en Indonésie. A l’heure actuelle, il n’existe aucun processus de certification crédible au niveau des pays producteurs qui imposerait des standards exigeants et obligatoires, ainsi que la participation des populations locales concernées. Définir des objectifs d’utilisation des agrocarburants avant d’en avoir étudié les enjeux ne devrait pas être admis.
Nous appelons donc les États Membres à rejeter les objectifs européens sur les agrocarburants pour les transports et à interrompre toute autre initiative en faveur de leur production qui pourrait avoir pour des impacts négatifs sur l’environnement, la biodiversité, ou les droits humains.
L’objectif à atteindre serait au contraire de parvenir à une réduction conséquente de notre utilisation en énergie et de soutenir de réelles énergies renouvelables et durables.
Traduction du texte : Sophie Esmiol et Stéphanie Hirtz
Source : les amis de la Terre
Pour en savoir plus :
www.biofuelwatch.org.uk
J'espère que cette lecture suffira à vous convaincre.
>A savoir sur les Agrocarburants
Michel NAUD
2007-12-13 14:04:40 Réagissez à l'article
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Cet article pratique des amalgames grossiers ; il y a des bons arguments qui incitent à être prudents en matière de développement des agrocarburants ; les sénateurs Saunier et Lafitte l'ont évoqué dans leur rapport ; le colloque "Energies et effet de serre" qui s'est déroulé au Sénat le 10 octobre à l'initiative de l'association Sauvons le Climat (dont notre association, l'AFIS, était co-organisatrice) a évoqué aussi cette question.
Par contre c'est absolument n'importe quoi que de lire que : "Les variétés génétiquement modifiées de plusieurs cultures désormais utilisées pour les agrocarburants (comme le maïs, le soja, le colza) ont rencontré de fortes oppositions quant à leur utilisation pour l?alimentaire, particulièrement en Europe. (...)le problème relatif aux OGM est bien réel et ne devrait pas être remis en cause. L?introduction de cultures d?OGM dans les pays du Sud a eu un impact considérable sur les techniques agricoles, les droits humains et l?environnement."
La seule chose qui est vraie dans ce paragraphe c'est celle faisant état des réticences rencontrées en Europe à propos des plantes génétiquement modifiées. Oser déduire de ces difficultés que "les problèmes sont bien réels" (en ne distinguant même pas entre les plantes : le maïs n'est pas le colza par exemple) est absolument mensonger. Ce paragraphe tient de la manipulation pure et simple. Il n'y a aucun problème réel, scientifiquement fondé, avec la culture du maîs génétiquement modifié actuellement autorisé en Europe, au contraire ! Si problème il y a il est intégralement politique car les biotechnologies ont été prises en otage de débats de société qui ne les concernent pas.
Alors de grace, parlons des biocarburants de façon rationnelle et laissons les prêcheurs de l'apocalypse en dehors de ces questions. Je poste de façon séparée un article présentant les données factuelles sur la culture du maïs transgénique (la seule aujourd'hui autorisée en France et en Europe)