Pac absurde
Après nouvelle analyse de la documentation de la PAC VITOCAL 350 (merci à Viessmann qui publie ces documentations en ligne), les PAC eau/eau (géothermie basse température) ne contiennent au maximum que 3,4 kg de fluide R407C et pour la version air/eau VITOCAL 350 (aérothermie) la quantité de fluide est au maximum de 4,2 kg (
http://www.econologie.info/share/partag … 50-awh.pdf)
Le R407C est un mélange de trois gaz et il a au total un PRG (Pouvoir de Réchauffement Global à 100 ans) de 1525. 1 kg largué dans l’atmosphère équivaut donc à 1525 kg de CO2. Les 4,2 kg représentent donc 6 405 kg ou 6,4 tonnes de CO2.
A partir de ces données, il est possible de faire une comparaison des émissions de CO2 équivalent sur 20 ans entre la PAC air/eau VITOCAL 350 et une chaudière à gaz à condensation du même constructeur. Admettons que le besoin annuel soit de 20 000 kWh d’eau chaude (ECS + chauffage). Pour le gaz avec un rendement moyen sur PCS de 95 %, il faut « brûler » 21053 kWh ou 1977 m3 de gaz. Sachant que chaque kWh émet 204 g de CO2 (documentation Viessmann), chaque année la chaudière émet 4,3 tonnes de CO2 et donc 86 tonnes en 20 ans.
La PAC aérothermique, avec un COP moyen de 2 (on peut espérer un peu mieux), aura besoin de 10 000 kWh. Si on prend 6 % de pertes dans les lignes électriques, il faut donc que la centrale fournisse 10 640 kWh qui émettent, selon l’ADEME, 180 g de CO2. Au total, l’émission sera de 1,9 tonne par an et 38 tonnes sur 20 ans. Ajoutons à cela les pertes de fluide de 10 % par an (à mon avis ce doit être moins sur ce type de circuit). Les pertes sur 20 ans représentent donc deux charges complètes ou 2 x 6,4 = 12,8 tonnes, auxquelles s’ajoute les fuites lors du démantèlement de l’installation avec un taux de récupération de 80 % seulement, soit 0,2 x 6,4 = 1,3 tonnes CO2éq. Au total, la PAC aura donc libéré un peu plus de 52 tonnes de CO2.
Premier constat, sur 20 ans, le bilan CO2 d’une PAC aérothermique en France, n’est pas plus mauvais que celui d’une chaudière condensation haut de gamme. 52 tonnes contre 86 tonnes (-39 %)
Cependant, la production et le transport du gaz ne sont pas non plus exempts de fuite. Certains attribuent 5 % de fuite au processus d’approvisionnement en gaz (
http://www.gaz-naturel.ch/fr/energie-ga … sions.html) . Dans ce contexte, notre consommation annuelle de 1977 m3 entraînerait en amont 99 m3 de fuite ou environ 74 kg de gaz, sur 20 ans nous aurions donc 1480 kg ou 1,5 tonnes. Sachant que le PRG du méthane est de 23 sur 100 ans (mais de 62 sur 20 ans), ces 1,5 tonnes représentent donc 34,5 tonnes de COéq d’émission. Au total, la chaudière serait donc à l’origine de 86 tonnes d’émissions directes et 34,5 induites soit un total un peu plus de 120 tonnes de CO2éq. Si on prend le PRG sur 20 ans, ça s’aggrave à 178 tonnes au total.
Et là évidemment, on ne parle pas de l’autoconsommation en gaz des processus d’approvisionnement (usine de liquéfaction par exemple à hauteur de plus de 10 %).
Question : qui peut me démontrer qu’une PAC, même aérothermique, même à 600 g de CO2 par kWh électrique, a un bilan carbone 2 fois élevé qu’une chaudière à condensation. Alors la PAC… une absurdité ? A vous de juger.