L'association Virage-énergie vient de publier un scénario énergétique
pour la région Nord-Pas-de-Calais permettant d'atteindre le facteur 4 d'ici
2050, sans remplacer la centrale nucléaire de Gravelines. En s'appuyant sur un
très fort engagement citoyen, le professionnalisme du bureau d'étude E&E et
des financements de la Fondation pour une Terre humaine, des Verts Nord-Pas de
Calais et du Réseau Sortir du nucléaire, Virage-énergie Nord-Pas de Calais
propose un travail d'une très grande qualité.
Inspiré par des démarches antérieures (Plan alter
français élaboré en 1978 par le Groupe de Bellevue et le Plan alter breton en 1981,
étude « Un courant alternatif pour le Grand Ouest », scénarios
Négawatt), ce plan se veut être une force de propositions auprès de la
puissance publique aux niveaux local, régional, national et européen, et auprès
du monde économique et des citoyens.
Le
scénario de Virage-énergie valorise les ressources et spécificités locales : le
vent et la mer permettront de développer l'éolien, la densité élevée de
population rend possible un basculement des déplacements automobiles vers les
modes doux et les transports en commun, la plantation de 80000 km de haies
permettront une meilleure protection de l'environnement et participera à
l'effort de mobilisation de la biomasse, etc... Le scénario envisage ainsi une
baisse de 40 % de la consommation intérieure d'énergie en 2050 et assure 70 %
de la consommation restante par des énergies renouvelables et essentiellement
locales. Un travail approfondi a été réalisé sur le transport, sur sa
modélisation régionale mais aussi sur les coûts externes de la route qui ne
sont aujourd’hui pas comptabilisés dans les coûts de transports.
La
réponse au défi énergétique et au climat est entre les mains des individus mais aussi dans les choix collectifs
Elle
l’est également et surtout dans les choix collectifs à prendre aujourd’hui et
dans les années à venir. Ces choix collectifs qui eux-mêmes structurent et
influencent les choix individuels… Par exemple la création d’autoroute crée de
nouveaux besoins de déplacements automobiles qui, auparavant, n’existaient pas,
ou s’opéraient par d’autres modes (train par exemple).
L’étude n’a pas pour objet de proposer quels sont les
gestes et comportements individuels à adopter. Elle met l’accent sur les choix
collectifs, en proposant des politiques publiques qui nous semblent
incontournables pour l’avenir. Ces propositions s’appuient sur un scénario de
prospective énergétique modélisé jusque 2050 et une déclinaison locale des
solutions à mettre en œuvre.