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France : « les coupures d’électricité sont à la hausse »

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A l’occasion de la sortie jeudi, d’un livre blanc intitulé "Quel mode de gestion pour les services publics locaux de l’électricité ?", la Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies (FNCCR) a critiqué ouvertement ErDF en dénonçant "la chute des investissements dans la décennie 1995-2005".

Un livre blanc mais pourquoi faire ? Face à la dégradation continue du service public de distribution et à l’impact croissant de l’ouverture à la concurrence sur le service public de fourniture, la FNCCR a décidé de rendre publiques dans un livre blanc ses propositions pour améliorer et pérenniser ces services publics.

La conséquence directe est visible puisque selon la FNCCR les coupures d’électricité sont à la hausse avec 2 heures de privation par an et par abonné en moyenne (119 minutes en 2010). "Ce qui signifie que certains usagers ont subi quelques minutes d’interruption de service (de l’ordre de 30 minutes en Ile-de-France) mais d’autres plusieurs heures (jusqu’à plus de 10 heures dans certains départements)" affirme t’elle dans son livre blanc.

La Fédération accuse également ERDF d’être en abus de monopole
. Elle s’explique : "dans maintes situations, ERDF abuse de sa position monopolistique, au détriment des autorités concédantes et des usagers. Les revendications récurrentes de la propriété des compteurs sont la partie visible de ces abus de monopole." Autre exemple, la Chambre régionale des comptes a pointé des « carences graves » dans la gestion du contrat de concession de la ville de Paris.

Pour la FNCCR la péréquation tarifaire – cad la garantie d’un accès égal des consommateurs à des services de qualité – est devenue "un leurre depuis la chute drastique des investissements." Et d’enfoncer le clou : "La recherche de la productivité, la disparition de la proximité, ont conduit, malgré la compétence et le dévouement des agents de terrain d’ERDF, à créer des fractures électriques multiples." Ainsi, le kilowattheure de qualité serait moins cher à Paris qu’en Dordogne.

France : "les coupures d'électricité sont à la hausse"

En cause aussi, l’ouverture des marchés de l’électricité à la concurrence, avec l’alignement progressif des tarifs bleus sur les prix de marché, et la disparition programmée des tarifs jaune et vert (en 2015). La FNCCR estime que ces décisions mettront en péril le service public de fourniture d’électricité et propose de maintenir "un service public local de fourniture, obligatoire pour les consommateurs au tarif bleu, optionnel pour les autres, sous une forme concessive ou encore de régie facultative."

Pour conclure, la FNCCR estime nécessaire de renforcer les prérogatives des autorités concédantes et doivent disposer d’un pouvoir de sanction, y compris financier, à l’égard du concessionnaire : "En cas de carence d’ERDF et après mise en demeure, elles doivent pouvoir accomplir elles-mêmes les travaux nécessaires pour rétablir la qualité. Ces travaux seront facturés à ERDF"

Le livre blanc est disponible en 2 versions :

– La synthèse (4 pages) : >>>> ICI
– Le détail (.PDF 3,5 Mo) : >>>> ICI

** Les propositions du livre blanc adopté à l’unanimité du conseil d’administration de la FNCCR le 20 octobre 2011, visent à pérenniser des services publics aujourd’hui menacés.

[ Credit image : FNCCR ]


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    5 Commentaires sur "France : « les coupures d’électricité sont à la hausse »"

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    chanois
    Invité
    Cet article traite principalement de la distribution d’électricité – pour faire simple de la réalisation, de la maintenance, de l’exploitation, du financement du reéseau de distribution public d’électricité – pour autant, il évoque à la fin les tarifs réglementés de fourniture. Ceci maintient la confusion entre 2 activités qui ont des modèles économiques distincts : régulé pour l’un, concurrentiel pour l’autre / capitalistique pour l’un, commercial pour l’autre. Ceci résulte de l’application de la loi (européenne, puis française) qui a obligé les opérateurs énergétiques intégrés de plus de 100000 clients à séparer ces 2 mondes dans des entreprises séparées (sans… Lire plus »
    chanois
    Invité
    Sans vouloir dédouaner ERDF qui a vraisemblablement sous-investi par le passé, pour parler de qualité de la fourniture et de temps de coupure, il faut savoir de quoi l’on parle : temps de coupure pour panne (est-ce d’ailleurs toujours du à un manque d’investissement ou à l’environnement des réseaux urbain, rural, zone boisée, etc), du à un événement climatique majeur, du a une opération de maintenance (nécessité de couper l’alimentation dans certains cas pour la sécurité des intervenants). Par ailleurs, notre niveau d’exigence (et d’équipement électrique) a augmenté depuis quelques années. L’enfouissement des réseaux souvent proné comme solution miracle n’a… Lire plus »
    Pastilleverte
    Invité

    un distributeur d’électricité unique au niveau national, jusque et y compris dans les coins les plus reculés qui n’est fiable qu’à 99,98%, très inquiétant ! vite des oduleurs !

    Jeanhuguesrober
    Invité
    La mesure de la durée moyenne des coupures est un indicateur. Certes, en valeur absolue, on peut penser que la qualité est bonne. Mais ce qu’indique la variation dans le temps de cet indicateur c’est qu’il y a une dégradation. Cad qu’alors que la technologie progresse, non seulement la qualité du service rendu ne progresse pas, mais même elle baisse. On en déduit qu’il y a donc une baisse de l’utilisation de la technologie, qui correspond nécessairement à une baisse des investissements. Qui dit baisse des investissements, dit augmentation de la rentabilité. Mais à court terme seulement, à très court… Lire plus »
    Archi
    Invité

    Travailler avec les divers concessionnaires en tant qu’architecte pour demander des raccordements, des modifications etc. des réseaux divers d’adduction pour des bâtiments devient une gageure. Souvent, entre la demande par recommandé et le raccordement proprement dit, il faut 6 à 10 mois. Y compris pour des services publics. Valable pour ERDF et GRDF. Tous les maîtres d’oeuvres et les collectivités locales en portent le poids.

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