Gazole : le cauchemar continue

Dire STOP au gazole importé

40 Millions de litres par jour : c’est la quantité de gazole raffiné que la France est contrainte d’importer quotidiennement pour étancher la soif de son parc automobile. Un véritable désastre écologique. Une hérésie économique à plus de 2 Mds€ par an. Les propositions ont déjà étaient faites et refaites pour corriger le tir. Rien n’y fait. La situation est aussi ubuesque qu’un fumeur accroc à la cigarette a qui on continuerait d’offrir la TVA exclusivement sur les cigarettes bourrées de nicotine et de goudrons. La dépendance au gazole de la France est désormais telle qu’elle sera probablement une des premières à en crever si les responsables politiques au pouvoir continuent à agir de la sorte.

Ce n’est pas le moteur Diesel le problème, c’est la fiscalité appliquée au carburant qu’on met dedans

Dans les couloirs de l’assemblée nationale, pris séparemment entre deux groupes de lobbys (…), les députés intéressés par le sujet avouent être mal à l’aise vis-à-vis d’une éventuelle hausse de la fiscalité sur le gazole au prétexte qu’elle amputerait directement le pouvoir d’achat de plusieurs millions de ménages. Sur ce point, difficile de leur donner tort puisque désormais 2 voitures sur 3 roulent au gazole et que cette part continue d’augmenter. Difficile également de pénaliser les véhicules à moteur Diesel au prétexte qu’ils seraient plus sales que leurs homologues à essence étant donné les niveaux d’émissions désormais affichés par les véhicules neufs.

Mais alors pourquoi augmenter la fiscalité sur le carburant préféré des français, celui sans lequel tout s’arrête ou presque étant donné l’extrême dépendance du pays au précieux fluide ?

Et bien tout simplement pour corriger une grosse anomalie qui en l’espace de 20 ans a complétement déformé le parc automobile français. En refusant de taxer le gazole à l’identique de l’essence et en maintenant en place de nombreux avantages fiscaux exclusivement réservés aux véhicules à moteur Diesel (récupération TVA pro) ou qui leur sont très favorables (barême TVTS, bonus-malus écologique), les gouvernement successifs ont montré leur totale incompétence pour réduire la dépendance de notre pays au pétrole. Pire : il l’ont progressivement enfermé dans le tout gazole !

Les conséquences de cette très mauvaise politique, ce sont surtout les habitants des grandes villes qui en patissent le plus aujourd’hui. En poussant le vice jusqu’à encourager les taxis et les professionnels qui travaillent en ville à rouler au diesel plutôt qu’à l’hybride-essence ou à l’électrique, les grandes villes battent tous les ans de nouveaux records de pollution aux oxydes d’azote (NOx) et aux particules (PM10, PM2.5). Les promoteurs du diesel propre ont beau répéter inlassement que la part de responsabilité qui revient aux véhicules à moteur Diesel est relativement faible comparée aux autres sources potentielles de pollution (chauffage bois, usines, …), c’est oublier un peu vite que ces pics de pollution sont constatés hiver comme été, dans les villes industrielles du Nord de la France comme dans celle de l’Ouest ou du Sud qui le sont beaucoup moins.

Ce qu’il faut retenir de cette situation? Que la France de l’énergie rime une fois encore avec la France du déni. Personne ne sait aujourd’hui où cela va mener le pays mais ce qui est certain, c’est qu’à force de reporter à plus tard ce qui aurait du être fait il y a plus de 10 ans déjà, mieux vaut se préparer à des lendemains difficiles.

Qu’on se le dise : la France du XXème siècle n’a pas d’avenir dans celle du XXIème.

Espérons que ce nouvel appel au bon sens et à l’intelligence collective sera entendu au-delà des traditionnelles divergences droite-gauche…

[ Archive ] – Cet article a été écrit par G. Porcher

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