Grigny et Viry : 90% de la population chauffée à la géothermie d’ici 2016

C’est à travers des études menées par le Groupement d’Intérêt Public (G.I.P.) Grigny Viry-Châtillon, instance locale présidée par le Préfet, que la pertinence de la géothermie a émergé localement.

En 2011 et 2013, les deux villes ont transféré leur compétence énergies renouvelables au SIPPEREC. Ce syndicat intercommunal a confirmé dans une étude de potentiel l’intérêt de la filière géothermique pour Grigny et Viry-Châtillon. Le permis minier a été accordé en novembre 2013. En effet, la température du Dogger – nappe souterraine située à près de 1.600 mètres de profondeur – s’avère être parmi les plus intéressantes d’Île-de-France.

Deux doublets géothermiques seront réalisés pour pomper l’eau chaude à environ 71°C. Les réseaux existants et les extensions de réseaux vont constituer un maillage d’environ 18 km. Seront desservis le quartier de la Grande Borne, la copropriété de Grigny 2, la future ZAC centre de ville de Grigny (soit 90% de la population Grignoise) avec une extension vers les principaux logements collectifs de Viry-Châtillon (Plateau/Coteaux de l’Orge), soit 12.000 logements, ainsi que les entreprises et des bâtiments communaux des deux villes.

Ces infrastructures vont permettre de livrer 165 GWh par an avec un taux d’énergies renouvelables compris entre 63% et 75% selon les secteurs (les besoins complémentaires seront fournis par les chaudières gaz existantes dans le cadre du mix énergétique). Les futurs abonnés pourront donc bénéficier d’un taux de TVA réduit à 5,5%.

Dans un contexte de hausse régulière et de volatilité des prix de l’énergie, un réseau de chaleur géothermique garantit une maîtrise des coûts et une baisse des factures de charges à moyen et long terme. L’objectif est une mise en service pour la saison de chauffe par la géothermie dès l’hiver 2016.

La Société d’Exploitation des Énergies Renouvelables (SEER) sera chargée de lancer les marchés publics et de mettre en œuvre l’ensemble des aspects techniques, administratifs et économiques avant la mise en service de la géothermie puis d’assurer ensuite l’exploitation des installations.

"La SEER est un outil efficace pour maîtriser durablement les coûts de la chaleur", a souligné Philippe Rio, Maire de Grigny, "et agir localement contre le réchauffement climatique en diminuant par cinq les émissions de carbone. Dans un contexte de nouvelle géographie prioritaire qui prend comme critère unique la pauvreté, ce projet de géothermie, porté par notre territoire, est socialement utile et écologiquement responsable. Il contribue fortement au redressement de la copropriété dégradée Grigny 2 et, plus largement, au devenir du quartier de la Grande Borne."

Pour Simone Mathieu, Maire de Viry-Châtillon, "Cette aventure devient enfin concrète. Je suis fière de participer à l’évolution des énergies renouvelables et à la lutte contre la précarité énergétique dans les deux communes. 12.000 logements, équipements municipaux et grandes entreprises seront concernés, avec un prix du MWh sans commune mesure avec ce que les habitants paient aujourd’hui."

** Le SIPPEREC est majoritaire et détient 51% du capital, les deux villes de Grigny et Viry-Châtillon détiennent à elle deux 49% du capital soit respectivement 34% et 15%. Le Conseil d’Administration est composé de 13 membres : 7 pour le SIPPEREC, 4 pour Grigny et 2 pour Viry-Châtillon. En complément du Conseil d’Administration, un Comité de Suivi et d’Engagement sera mis en place ainsi qu’un Comité des Usagers dont la composition reste à préciser, sachant par ailleurs que les statuts prévoient la nomination de 5 censeurs. Cette instance permettra aux résidents-usagers de faire entendre leur voix et de veiller à la défense de leurs intérêts.

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3 Commentaires sur "Grigny et Viry : 90% de la population chauffée à la géothermie d’ici 2016"

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arzi77
Invité

Voir Il semble que cette initiative, (présidée par le préfet de l’Essonne, qui n’est pas forcément un fanatique de la maitrise de l’énergie…), soit tout de même une bonne nouvelle ! Sous réserve, toutefois, de savoir si les logements qui vont béneficier chaque année de ces ~40 MW de chaleur (~4000 heures /an), ne sont plus les “épaves thermiques”… qu’ils devaient être depuis leur construction ? Sinon, ce serait une fois de plus, l’erreur consistant à gaspiller une énergie décarbonée, sans tenir compte que… “l’énergie la moins chère et la moins polluante, c’est celle que l’on ne consomme pas” !

Geox
Invité

De quoi chauffer environ 40000 personnes,dans ce secteur là. Ah : Qu’est-ce que ça serait sympa d’en avoir environ 1500 en France,comme ça pour économiser entre 63% et 75%(selon les secteurs)de gaz et de fioul. Cela réduirait bien notre déficit commercial à cause des combustibles fossiles. Malheureusement la ressource géothermique n’est pas aussi abondante en France.Dommage…

Sicetaitsimple
Invité

Nous avons déjà eu sur Enerzine quelques débats interessants sur la géothermie (notamment un avec “Okaenergy” qui ne s’y est pas refrotté….) Dans le lien proposé par Arzi77, on voit (je n’ai pas lu les rapports, mais juste regardé l’illustration “état initial- état 2010”) que malheureusement il n’y a pas de miracles… Phénomène de “bulles froides”.

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