Industrie : consommation d’énergie stable (2014), mais la facture diminue

En 2014, en volume, la consommation d’énergie dans l’industrie est au même niveau qu’en 2013 mais en repli de 19 % par rapport à 2005. Cette évolution suit celle de la production dans l’industrie manufacturière.

La facture énergétique continue de baisser (- 5 % en euros courants) du fait du recul des prix du charbon, des produits pétroliers et du gaz. La consommation d’énergie brute est de 35,4 millions de tonnes d’équivalent pétrole et la facture énergétique s’élève à 15,2 milliards d’euros. Le gaz et l’électricité restent les énergies les plus consommées.

La consommation d’énergie dans l’industrie est stable

En 2014, la consommation d’énergie brute hors carburants des secteurs de l’industrie (hormis l’artisanat commercial et l’industrie de l’énergie ; sources) s’élève à 35,4 millions de tonnes d’équivalent pétrole (tep), et la consommation d’énergie nette à 34,2 millions de tep (figure 1). La consommation d’énergie brute se maintient ainsi en 2014 comme en 2013, mais elle s’est contractée de 19 % depuis 2005 (figure 2), avec un recul marqué en 2009 (sources). Cette évolution suit celle de la production dans l’industrie manufacturière.

Figure 1 – Évolution de la consommation d’énergie et de la facture

La consommation d'énergie dans l'industrie reste stable en 2014, mais la facture diminue

Note : la base de sondage a été élargie en 2013 entraînant une rupture de série ; les données « 2013 (ancienne série) » ont été estimées pour comparer aux années antérieures (voir rubrique « Sources »). Les données 2014 sont, quant à elles, comparables à celles de « 2013 nouvelle série ».

1. Tep : tonne d’équivalent pétrole.
2. La facture énergétique comprend les achats d’électricité, de vapeur, de gaz, de combustibles minéraux solides et de produits pétroliers et, depuis 2012, le bois acheté (94 millions d’euros en 2014).

Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l’énergie, y compris récupération ; établissements de 20 salariés ou plus.
Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d’énergie dans l’industrie 2005 à 2014.


Figure 2 – Évolution de la facture, des consommations et de l’IPI* depuis 2005

La consommation d'énergie dans l'industrie reste stable en 2014, mais la facture diminue

* Indice de la production industrielle, en moyenne annuelle des donnéesmensuelles CVS-CJO.

Note : la base de sondage de l’enquête a été élargie en 2013, entraînant une rupture des séries de consommation et de facture d’énergie. À partir de 2013, leurs évolutions par rapport à 2005 sont calculées en tenant compte de cette rupture et ne s’obtiennent pas par lecture directe de la figure 1 (voir rubrique « Sources »).

Lecture : la consommation brute d’énergie mesurée à champ constant est inférieure en 2014 de 19,0 % (indice = 81) à celle de l’année de référence 2005 (indice = 100).
Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l’énergie, y compris récupération ; établissements de 20 salariés ou plus (voir rubrique « Sources »).
Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d’énergie dans l’industrie 2005 à 2014.

Le secteur le plus énergivore reste l’industrie chimique (29 % de la consommation brute totale), suivi de la métallurgie (25 % ; figure 3). Alors que le premier consomme beaucoup de gaz, le second est plutôt utilisateur de combustibles minéraux solides : houille, lignite ou coke de houille.

Figure 3 – Ventilation de la consommation d’énergie brute par grand secteur en 2014

La consommation d'énergie dans l'industrie reste stable en 2014, mais la facture diminue

Pour la deuxième année consécutive, la facture énergétique baisse

La facture énergétique diminue de 5 % en 2014, accentuant la baisse entamée en 2013, après une croissance de 21 % entre 2009 et 2012. En effet, les prix des combustibles minéraux solides continuent de diminuer en 2014 alors qu’ils avaient fortement augmenté entre 2009 et 2011 (figure 4). Par exemple, le prix de la houille, qui représente près de 90 % des quantités de combustibles minéraux solides achetées en 2014, est redescendu à 115 euros la tonne en 2014 (soit 186 euros par tep) ; il était de 180 euros en 2011. En outre, le prix moyen des produits pétroliers recule depuis 2012, en lien avec la baisse du prix du Brent ; il atteint 488 euros par tep en 2014. Le prix de la vapeur fléchit encore en 2014 pour s’établir à 27 euros la tonne (soit 375 euros par tep). Le prix du gaz de réseau baisse également en 2014, après trois années de hausse, et s’établit à 30 euros le mégawatt-heure (soit 390 euros par tep). Seul le prix de l’électricité progresse (+ 2 %), poursuivant sa hausse tendancielle. À 66 euros le mégawatt-heure (soit 770 euros par tep), il reste toutefois l’un des plus faibles d’Europe.


Figure 4 – Évolution des prix des énergies depuis 2005

La consommation d'énergie dans l'industrie reste stable en 2014, mais la facture diminue

 

Lecture : par rapport à l’année de référence 2005 (indice = 100), le niveau de prix des produits pétroliers est supérieur de 74,8 % en 2014 (indice = 174,8, soit 100 + 74,8).
Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l’énergie, y compris récupération ; établissements de 20 salariés ou plus (voir rubrique « Sources »).

Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d’énergie dans l’industrie 2005 à 2014.

Le gaz et l’électricité restent les énergies les plus consommées, à parts égales

Depuis 2005, les grandes tendances de consommation d’énergie ont peu varié (figure 5). Hors usage en tant que matière première, le gaz et l’électricité restent les deux énergies les plus consommées, dans des quantités proches ; elles représentent à elles deux 70 % de la consommation d’énergie totale. La part des combustibles minéraux solides se maintient à 6 % en 2014, comme celle des achats de vapeur. La part des produits pétroliers, en baisse continue depuis plusieurs années (hors usage en tant que matière première), est également de 6 % ; c’est 0,6 point de moins qu’en 2013 et presque quatre points de moins qu’en 2005. Enfin, la part des autres combustibles (bois, liqueur noire, autres produits pétroliers, combustibles renouvelables ou non) augmente d’un point et s’établit à 13 %.

Parallèlement, l’industrie produit elle-même de l’électricité ; en 2014, cette autoproduction représente un peu moins de 5 000 gigawatts-heure, soit 4 % de la consommation totale d’électricité. Plus d’un tiers de cette autoproduction est revendue au réseau, le reste étant consommé sur place. Cette autoproduction est très majoritairement d’origine thermique (93 %) : les 7 % restants sont d’origine hydraulique, photovoltaïque ou éolienne.

Si tous les établissements consomment de l’électricité, le recours aux autres énergies est variable : 57 % consomment aussi du gaz, 34 % des produits pétroliers, tandis que chacune des autres énergies n’est consommée que par moins de 3 % des établissements.

Figure 5 – Part des grandes familles d’énergies dans la consommation en volume, hors usage de matières premières

La consommation d'énergie dans l'industrie reste stable en 2014, mais la facture diminue

 

 

* Les autres énergies incluent le bois, les autres produits pétroliers, la liqueur noire et les autres combustibles renouvelables ou non.
Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l’énergie, y compris récupération ; établissements de 20 salariés ou plus (voir rubrique « Sources »).
Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d’énergie dans l’industrie 2005 à 2014

Sources

Ces données sont issues de l’enquête annuelle sur les consommations d’énergie dans l’industrie (EACEI). Elles portent sur les établissements de 20 salariés ou plus implantés en France, appartenant au secteur de l’industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, mais y compris récupération, soit les codes suivants de la NAF rév. 2 : 07, 08, 09.9, 38.3 et 10 à 33 (sauf 10.13B, 10.71B, 10.71C, 10.71D, 19.10Z, 19.20Z, 20.13A, 24.46Z). Avant 2013, l’enquête couvrait aussi les établissements de 10 à 19 salariés du secteur de la fabrication de gaz industriel (2011Z).

L’Insee a changé de base de sondage en 2013. Afin de permettre des comparaisons avec les années précédentes, les séries de consommations brutes et nettes et celle sur la facturation d’énergie ont été estimées pour l’année 2013 (« 2013 ancienne série ») en corrigeant l’effet dû au changement de base. Les données 2014 sont, quant à elles, comparables à celles de « 2013 nouvelle série ».

Définitions

La consommation d’énergie brute est obtenue en sommant les consommations en combustibles et en électricité, ainsi que les achats de vapeur.
La consommation d’énergie nette est égale à la consommation brute diminuée des quantités de combustibles ayant servi à produire de l’électricité et diminuée de la quantité de vapeur vendue par des établissements industriels.
La liqueur noire est un sous-produit du bois utilisé dans l’industrie de la pâte à papier

Bibliographie
Bahu M., « Les consommations d’énergie dans l’industrie en 2013 », Insee Résultats n° 77, février 2015.
Thélot H., « Stabilité de la consommation d’énergie dans l’industrie en 2013 », Insee Focus n° 11, octobre 2014.
Thélot H., « La consommation d’énergie dans l’industrie de 2005 à 2012 : le volume baisse, la facture augmente », Insee Focus n° 2, février 2014.
Gong Z., « Prix du gaz et de l’électricité en France et dans l’Union européenne en 2014 », Chiffres et statistiques n° 683, SOeS, octobre 2015.

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3 Commentaires sur "Industrie : consommation d’énergie stable (2014), mais la facture diminue"

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Pastilleverte
Invité

Notre industrie est en déclin (en décroissance en novlangue), enfin une bonne nouvelle pour la Planète, because moins d’énergie et moins d’émissions du diabolique CO2. Fort heureusement, toute cette activité et ces emplois perdus sont en train de (?), vont bientô (?) devraient (?) être remplacés par les milliers, centaines de milliers, millions, as you like, d’emplois d’avenir liés à la transition énergétique et à la croissance verte (ouf !). A noter le rang de la France pour la part de l’activité industrielle dans son PIB, pays de l’OCDE + BRIC : avant-dernière. Encore un petit effort camarades décroissants !

sunny
Invité

@trimtab “Encore un petit effort camarades décroissants !” Dans ce sens, un peu de lecture philosophique (provenant d’un ancien résistant), cela parle un petit peu d’ENR et de nucléaire (ce n’est pas vraiment l’objet de l’article), donc ce n’est pas tout à fait hors sujet. Après la déclaration de guerre de Daech, cela remet certaines choses en perspectives! Je ne le propose pas à Dan1, il ne pourrait pas comprendre.

Pastilleverte
Invité

mon propos était 100% ironique, dans le sens où nous sommes déjà bien “décroissants” dans l’industrie. En fait il fallait comprendre ! Messieurs (et mesdames, restons PC) les chinois(es) et les allemand(es) tirez les premiers…

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