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JO : la France et l’Angleterre ont sécurisé l’interconnexion électrique

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A quelques jours des Jeux Olympiques de Londres, l’interconnexion électrique d’une puissance de 2000 MW en courant continu (IFA 2000), reliant la France à l’Angleterre, vient d’être remise en service et à pleine capacité.

Entrée en service en 1986, la liaison de 70 km de long – dont 45 km sous-marins – entre Sangatte (62) et Folkestone (Kent) permet des échanges d’électricité entre les 2 pays. Elle constitue par conséquent un lien essentiel pour la sûreté et la fluidité des échanges d’électricité au sein du réseau de transport d’électricité européen.

Depuis leur mise en service, les équipements principaux (thyristors et électronique de commande) devenaient vieillissants, générant des incidents de plus en plus fréquents (environ 30 par an). Les travaux de modernisation des stations de conversion française et anglaise qui ont duré 2 ans ont donc permis d’accroître la fiabilité de l’interconnexion électrique et d’en améliorer la disponibilité pour de nombreuses années.

RTE, le gestionnaire du Réseau de Transport d’Electricité français et National Grid, son homologue britannique, ont collaboré ensemble pour rénover les installations électriques des deux cotés de la Manche, au bénéfice des nombreux utilisateurs de la liaison. En effet, cette interconnexion est capable de répondre aux besoins en électricité d’environ 2 millions de personnes, soit l’équivalent de deux fois l’agglomération lilloise.

A hauteur de 50 millions d’euros, l’investissement de RTE a permis la rénovation de trois types d’équipements : les convertisseurs de courant à thyristors désormais plus performants et robustes, l’électronique de commande et le système de réfrigération. Ces équipements sont situés dans la station de conversion des Mandarins à Bonningues les Calais (62), qui transforme le courant électrique continu (tel que transporté par les câbles sous-marin) en courant électrique alternatif (tel que transporté sur le réseau terrestre) et inversement.

JO : la France et l'Angleterre ont sécurisé l'interconnexion électrique

Les stations de conversion française et anglaise sont reliées par 8 câbles qui traversent la Manche, enfouis dans des tranchées en fond de mer à une profondeur moyenne de 1,50 m. Le tracé de la liaison combine 2 avantages : la proximité des côtes anglaises qui minimise la longueur des câbles sous-marins, et la nature des fonds marins (craie ou roche tendre) qui a facilité le creusement des tranchées sous-marines à l’origine.

Les câbles utilisés ont été mis au point spécialement pour cette liaison, et leur ensouillage en fond de mer, qui constituait la difficulté technique majeure de ce projet, a nécessité l’utilisation de technologies innovantes car aucune machine capable d’entreprendre des travaux de cette envergure n’existait. En France, le creusement des tranchées et l’ensouillage des câbles ont été réalisés en une seule opération, à l’aide d’un engin sous-marin baptisé « limule », spécialement développé pour cela.


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