La chaufferie biomasse (8,7 MW) du site de Montauban de Bretagne

François Boudon, Directeur Général d’Entremont, Groupe SODIAAL, et Pascal Ghielmetti, Directeur Régional de Cofely Services, Groupe GDF Suez, ont inauguré le 4 juillet la chaufferie biomasse du site de Montauban de Bretagne, en présence du Directeur Régional de l’Ademe.

Conçue et réalisée par Cofely Services (Groupe GDF Suez), la chaufferie biomasse d’une puissance de 8,7 mégawatts, permet de produire 75.000 tonnes de vapeur par an à destination de l’usine Entremont située à Montauban-de-Bretagne (35).

La vapeur produite par la chaufferie couvre ainsi 70 % des besoins du site, le solde étant fourni par des chaudières à gaz existantes. La chaudière consomme 22.000 tonnes de bois-énergie par an. Pour limiter les coûts et les émissions de gaz à effet de serre, cette biomasse provient de la région dans un rayon inférieur à 100 km.

Le site comprend le bâtiment de la chaudière vapeur et le traitement des fumées, le bâtiment pour le stockage de la biomasse ainsi qu’un bâtiment hébergeant la supervision et le local transformateur.

La chaufferie biomasse utilise 70 % de plaquettes forestières, principalement du bois énergie issu de la sylviculture (éclaircies, rémanents forestiers, entretien bocager, etc…). Le reste de l’approvisionnement est composé de produits connexes de scierie et bois propre de récupération (caissettes, broyats de palettes). Cofely Services garantit l’approvisionnement en bois-énergie grâce à sa centrale d’achat d’énergies intégrée, qui travaille avec différents acteurs bretons de la filière.

Au total, l’utilisation de cette biomasse permet de réduire les émissions de CO2 de 12 000 tonnes par an par rapport à une centrale fonctionnant avec une énergie fossile. Par ailleurs, les cendres issues de la combustion du bois sont valorisées par Cofely Services, au moyen du co-compostage.

La chaufferie biomasse (8,7 MW) du site de Montauban de Bretagne

Un projet lauréat du premier appel à projets BCIA* de l’ADEME

A la suite du Grenelle de l’environnement, le ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagementdu Territoire, a présenté le 17 novembre 2008 un plan de 50 mesures pour un développement des énergies renouvelables à qualité environnementale. Ce plan prévoyait notamment la mise en place d’un fonds « chaleur renouvelable » pour développer le bois, le solaire, les pompes à chaleur, la géothermie, le biogaz… dans l’habitat collectif, le tertiaire et l’industrie.

Ce fonds, lancé en décembre 2008 avec une enveloppe de 1,2 milliard d’euros, doit permettre de répondre aux objectifs ambitieux qui ont été fixés à l’horizon 2020 de 23% d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale.

Le ministre d’Etat a délégué la gestion opérationnelle et financière de ce fonds à l’ADEME. Il permet le financement de 20 à 60 % du coût d’une nouvelle installation de production de chaleur à partir des énergies renouvelables.

Dans le souci de dynamiser la filière biomasse (70 % du Fonds Chaleur en tep EnR), l’ADEME lance, chaque année, un appel à projets national Biomasse Chaleur Industrie Agriculture Tertiaire (BCIAT) à destination des entreprises des secteurs agricole, industriel et tertiaire privé souhaitant s’équiper d’installations assurant une production annuelle de chaleur à partir de biomasse (bois, déchets agricoles…) supérieure à 1 000 tep/an.

Les autres projets (tous secteurs toutes filières) sontgérés au niveau régional, par les directions régionales de l’ADEME.

Le Fonds Chaleur : 1 million de tep en 2015, un impact économique et environnemental majeur

L’ADEME évalue l’impact du Fonds Chaleur pour la filière Biomasse à l’horizon 2015 (à budget constant en 2012 et 2013, sachant qu’il faut 2 ans pour mettre en service une chaufferie) et 2020, en matière de création d’emplois,d’économies d’énergie fossile et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’atteinte des objectifs Grenelle nécessitera une amplification des moyens se traduisant par une dépense cumulée supérieure à 5 milliards d’euros entre 2009 et 2020.

Création d’emplois

La mise en œuvre du Fonds Chaleur sur la période 2009-2013 devrait permettre la création de 10 000 emplois pérennes à partir de 2015 dans le cadre d’une stabilisation du budget annuel du Fonds Chaleur. Sur la base d’un scénario tendanciel suivant le rythme actuel de développement des installations (budget annuelconstant du Fonds Chaleur), la création d’emplois pourrait atteindre plus de 20 000 emplois en 2020 et plus de 30 000 emplois, suivant un scénario respectant les objectifs du Grenelle Environnement, c’est-à-dire nécessitant une amplification des moyens.

Economies d’énergie fossile

La mise en œuvre du Fonds Chaleur sur la période 2009-2013 entraînera la substitution annuelle supplémentaire de plus d’un million de tep à partir de 2015. Sur la base d’un scénario tendanciel suivant le rythme actuel de développement des installations, la substitution annuelle d’énergie fossile supplémentaire pourrait atteindre plus de 2,5 Mtep et 3,8 Mtep suivant un scénario respectant les objectifsdu Grenelle Environnement.

Réduction des gaz à effet de serre

La mise en œuvre du Fonds Chaleur sur la période 2009-2013 évitera les émissions annuelles de 2,7 millions de tonnes de CO2 à partir de 2015. Sur la base d’un scénario tendanciel, les émissions annuelles évitées à partir de 2020 seraient de 6,6 millions de tonnes de CO2et de 9,6 millions de tonnes de CO2 suivant un scénario respectant les objectifs du Grenelle Environnement.

** BCIAT : Biomasse Chaleur Industrie Agriculture Tertiaire

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7 Commentaires sur "La chaufferie biomasse (8,7 MW) du site de Montauban de Bretagne"

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Grenelle
Invité

jugé décevant, le grenelle (merci nicolas … Hulot) a quand même fait démarrer, certes timidement, la transition énergétique dans notre beau pays. Ca fait plaisir.

climax1891
Invité
En 2007, en énergie finale, 83,8 millions de TEP ont été consommées sous forme de chaleur. Soit presque la moitié de l’énergie finale, 176 millions de TEP en comptant les usages non énergétiques. Dans le détail – 11,9 Mtep d’électricité. – 35,0 Mtep pour le gaz. – 19,7 Mtep pour le pétrole (se répartissant en fioul lourd à usage industriel, fioul domestique et GPL16). – 6,5 Mtep pour le charbon, sachant que plus de 70% de la consommation finale de charbon sont concentrés dans la sidérurgie. Avec l’isolation, le chauffage solaire et la biomasse, il y a vraiment de quoi… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité

certainement une bonne solution sur le plan technique, ensuite les mécanismes de financement (fond chaleur) faut voir mais ce n’est pas le sujet Mais en tous les cas cette chaufferie va produire la chaleur nécessaire à l’usine qui est derrière, sans générer 6 mois de l’année une electricité très souvent inutile comme ça aurait été le cas avec une cogénération .

Sicetaitsimple
Invité

A ma connaissance il n’y en a qu’un… Vous avez des liens sur les bétises que vous proférez?

Rom
Invité

Une question en passant : l’ADEME finance l’installation de production, mais y a-t-il une obligation, une éco-conditionnalité à la réalisation d’économie au préalable ? Car il y a très souvent des marges d’économies en industrie, surtout en laiterie. Et économiser avant de produire, même (surtout ?) EnR, reste la 1ère des priorités !

Guydegif(91)
Invité
En effet, extrait du texte: ”…la chaufferie biomasse d’une puissance de 8,7 mégawatts, permet de produire 75.000 tonnes de vapeur par an à destination de l’usine Entremont située à Montauban-de-Bretagne (35). La vapeur produite par la chaufferie couvre ainsi 70 % des besoins du site, le solde étant fourni par des chaudières à gaz existantes”. Aucune mention si cette vapeur travaille en co-génération, càd la partie HP entraine une turbine+alternateur, ce qui lui permettrait de produire de l’électricité (auto-conso + vente excédent des Kwhs), tout en mettant à dispo de la vapeur BP et de la chaleur pour l’usine, process… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité

Ni omission, ni n’importe quoi. C’est bien un chaufferie pure, mais une chaufferie pure a un rendement équivalent à une cogénération. Bruler de la biomasse en plus pour produire une électricité subventionnée dont personne n’a besoin plus de 6 mois dans l’année offre peu d’intérêt. il vaut mieux bruler la biomasse en question dans une autre chaufferie en se substituant à du gaz ou à du fuel. .

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