La fonte de l’Arctique, une bonne nouvelle pour le climat ?

La fonte des glaces de l’Arctique pourrait-elle être une bonne chose pour la lutte contre le réchauffement climatique ?

Les résultats que présentent deux groupes de chercheurs pourraient laisser penser que la fonte des glaces déclenche des mécanismes inverses à ceux du réchauffement climatique. Désormais exposées au soleil, les eaux libérées des glaces créeraient en effet un nouveau puits de carbone.

Kevin Arrigo et ses collègues de l’université de Stanford ont étudié des données recueillies par satellite entre 1998 et 2007. Elles permettent d’analyser les évolutions des températures à la surface de la mer, des quantités de glace de mer et celles de la population de plancton.

A l’instar des plantes, le phytoplancton produit de la chlorophylle, qui lui permet de capter l’énergie du soleil pour la transformer en énergie tout en capturant du CO2. Plus de soleil signifierait donc une plus grande activité du plancton, et davantage de carbone capturé.

"Nous avons constaté que la glace de mer diminue, et que l’activité annuelle [du plancton] augmente", explique Arrigo. Dans certaines régions, cette activité a plus que triplé. De manière générale, entre un quart et la moitié du CO2 capté par le phytoplancton se retrouve ensuite stocké dans les fonds de l’océan.

Pour autant, il ne faut pas s’attendre à ce que la captation du CO2 par le phytoplancton absorbe les énormes quantités de CO2 produites par les activités humaines, met en garde Ken Denman, du centre canadien de modélisation et d’analyse du climat. Selon ses calculs, le nouveau puits de carbone de l’Arctique n’aurait qu’une très faible incidence sur les émissions de CO2 globales.

Si elle venait à fondre complétement, et en supposant que l’activité du phytoplancton se maintienne, l’Arctique pourrait ainsi absorber 160 millions de tonnes de carbone par an. "Etant donné les taux d’émission humaine, [les quantités absorbées] ne représenteraient que 0,7% des émissions annuelles totales" explique Arrigo.

"Quand vous examinez attentivement les montants en jeu, ils ne sont pas significatifs par rapport aux quantités de CO2 que nous émettons dans l’atmosphère" confirme Denman.

Il n’est même pas sûr que la productivité du plancton croisse davantage  : "L’Arctique contient relativement peu d’éléments nutritifs en eaux de surface. Une fois qu’ils seront utilisés, la production n’augmentera pas davantage" poursuit-il. A moins que des vents plus forts et des tempêtes plus fréquentes apportent ces éléments nutritifs, ce qui demeure hypothétique.

La naissance d’un puits de carbone ne résoudra donc sans doute pas la question des émissions anthropiques, d’autant moins, que la fonte des glaces implique également des étendues plus sombres à la surface de la planète, et donc un affaiblissement de la reflexion de la lumière du soleil.

Ceci, sans compter l’impact que constitue le bouleversement attendu de l’ensemble de la chaîne alimentaire arctique.

"Il est clair qu’un suivi attentif du climat et des changements des écosystèmes dans l’Arctique est nécessaire pour déterminer à long terme les implications de pertes importantes de glace de mer en Arctique" concluent les chercheurs.

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7 Commentaires sur "La fonte de l’Arctique, une bonne nouvelle pour le climat ?"

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Aflc7
Invité
Pourquoi a-t-on droit à une explication de texte nous démontrant que cette étude est bancale ? Pourquoi n’en reste-t-on pas aux faits énoncés par cette étude ? Pourquoi les idées ne sont-elles résumées qu’au travers d’un filtre idéologique ?Pourquoi n’y a-t-il aucun lien vers cette étude ? Pourquoi nous informe-t-on péremptoirement que cet raison d’espérer est sans fondement ? Parce qu’elle va contre la litanie, que dis-je la propagande écolo bobo ? Ce n’est pas comme cela que l’on fera avancer la cause de l’écologie, le nécessaire besoin d’être plus frugal en ressources (pour notre bien économique d’abord et pour… Lire plus »
Remi
Invité

C’est l’auteur lui même de l’étude, Kevin Arrigo, qui nuance la portée et les interprétations possibles de ses recheches. Cela ne veut pas dire que l’étude est “bancale”.L’article ci-dessus ne fait sans doute qu’adapter le texte du New Scientist, et on ne peut pas dire qu’il soit engagé…Effectivement un lien vers l’étude originelle ou l’article du New Scientist (en anglais, et ce sont surement pas des textes faciles) serait le bienvenu, mais je suppose qu’ils ne sont pas disponibles sur Internet…

enerZ
Invité

Vous avez raison. Les articles du New-Scientist ne sont jamais des textes faciles.Notre approche n’est pas de dire, si nous sommes pour ou contre les arguments avancés par les chercheurs. L’approche d’Enerzine  est de vous tenir informé sur les avancées de tels ou tels domaines (énergies, climat, transport, …). Nous vous laissons simplement le choix de critiquer et de donner votre opinion sur cette information utile ou non à vos yeux … La rédaction

energizer
Invité

ll faut quand même si dire au départ qu’on a demandé à des chercheurs de bosser sur le thème :” La fonte des glaces, une bonne nouvelle pour le climat?”…Sinon, merci Aflc7 pour ta haine des écolos du XVIème ou de la décroissance, ce fut très utile.

Axbf
Invité

L’article est intéressant car objectif, dommage que le titre et le chapô ne soient un tantinet racolleurs.

Debellocq
Invité

= glaciation du continent europpen .ce me semble … pas pour vous ?

Debellocq
Invité

tiens ? une partie de mon propos censuré dans la nuit ! curieux .je le remet : Articque,trop d’eau se mélangeant à l’eau de mer = gulf stream stoppé == glaciation du continent europeen .ce me semble … pas pour vous ?

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