La fracturation hydraulique fait augmenter la radioactivité des rivières

Des niveaux élevés de radioactivité, et d’autres contaminants ont été détectés dans les sédiments d’une rivière de Pennsylvanie (USA) à un endroit où des eaux usées provenant des puits d’extraction de gaz de schiste sont retraitées puis déversées à l’ouest de Penns Creek.

L’étude publiée dans la revue ‘Environmental Science and Technology‘ montre que des échantillons de sédiments de Blacklick Creek (affluent de la rivière Conemaugh), prélevés entre août 2010 et novembre 2012 contiennent du radium à des niveaux de concentration 200 fois supérieures à la normale. Cet élément radioactif a été rejeté par la station ‘Josephine‘, une centrale qui retraite les eaux usées des forages d’hydrocarbures implantées à environ 72 kilomètres à l’est de Pittsburgh.

L’étude a révélé que certains des effluents provenaient du reflux des eaux (usées) – lors du processus de la fracturation hydraulique, ou ‘fracking‘ – injectées dans les puits de gaz de schiste du champ Marcellus, naturellement élevé en salinité et en radioactivité.

Les chercheurs ont aussi constaté des concentrations élevées de certains sels et métaux dans l’eau de la rivière. "Le retraitement élimine une partie importante de la radioactivité, mais il ne supprime pas la plupart des autres sels, comme le bromure", a déclaré Avner Vengosh professeur de géochimie et de la qualité de l’eau à l’Université Duke. "Quand les effluves de brome sont déversées dans la rivière, cela a pour effet d’augmenter les concentrations de bromure au-dessus de la vase. Ceci est important car le brome augmente les risques de formation de sous-produits hautement toxiques liés à la désinfection de l’eau potable des stations d’épuration qui se trouvent en aval."

"Les niveaux de radioactivité que nous avons mesuré dans les sédiments près des rejets demeurent au-dessus des normes édictées aux États-Unis et seraient seulement acceptés par une installation de retraitement de déchets radioactifs sous licence", a déclaré Robert B. Jackson, professeur de sciences environnementales à l’Université Duke. "L’installation reste efficace pour éliminer des métaux de l’eau tels que le baryum, mais pas pour des concentrations de sulfate, de chlorure et de bromure."

L’équipe de Duke a également analysé les flux de sédiments contenant des isotopes de radium que l’on trouve naturellement dans les eaux usées des champs de gaz de schiste de la région du Marcellus. "Bien que le processus de traitement de l’installation réduit de manière significative le niveau de radium et de baryum dans les eaux usées, la quantité de radioactivité qui s’est accumulée dans les sédiments de la rivière dépasse toujours les seuils autorisés", a ajouté A. Vengosh. "De longues années de retraitement d’hydrocarbures associées à un niveau élevé de radioactivité a engendré des risques potentiels pour l’environnement pour des milliers d’années à venir."

Même si l’industrie fait des efforts pour réutiliser les eaux usées vers les puits d’injection des gisements de gaz de schiste en profondeur, celles-ci sont encore trop souvent rejetées dans l’environnement. "Il est clair que la pratique de relâcher des eaux usées sans traitement adéquat doit être stoppée afin de protéger les ressources en eau douce" a précisé pour conclure Avner Vengosh.

Les scientifiques recommandent l’utilisation de technologies avancées de traitement afin de mieux éliminer les composés potentiellement dangereux.

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28 Commentaires sur "La fracturation hydraulique fait augmenter la radioactivité des rivières"

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cezorb
Invité

avec un peu de soleil pour faire fonctionner le reste…

Bachoubouzouc
Invité
En effet, chauffons nous donc tous au bois ! Après tout, cette technologie vieille comme le monde fonctionnait déjà très bien au moyen âge. Bon, les français étaient certes trois fois moins nombreux qu’aujourd’hui, ils consommaient certes infiniment moins d’énergie que nous, et cela a certes conduit au défrichement quasi total de l’Europe, mais au diable ces petits détails bassement comptables. Et puis le fog qu’une telle transition ramènerait immanquablement dans nos villes permettrait rapidement de nous débarrasser des asthmatiques, ce qui laisserait d’autant plus de bois pour les autres ! Au demeurant, l’espérance de vie au delà de 35… Lire plus »
Steph
Invité

Le gaz de schiste me donne l’impression d’un emballement incontrolable du monde et d’une attitude d’appenti-sorcier.

sonolisto
Invité

Le cynisme serait-il de mise dans les commentaires aujourd’hui?

De passage
Invité

De nos jours nous n’avons plus la liberté de penser: dès qu’on sort des oeillères de la religion écolo, on se fait crucifier. Seule la France ignore qu’en ce moment le GIEC est très contoversé, mis en cause par des nuées de scientifiques contre ceux 100 fois moins nombreux qui en font partie et de loin ne sont pas en accord avec les communiqués simplistes et alarmant de cet organisme. Nous sommes dans ce pays maintenus dans une servitude mentale obtenue par troncature systématique de l’information. Allez voir Internet…

gaga42
Invité

C’est clair qu’internet est une source beaucoup plus fiable que les revues scientifiques à comité de lecture… Au fait, vous vouliez dire “100 fois plus”?

aurel
Invité
“En effet, chauffons nous donc tous au bois ! Après tout, cette technologie vieille comme le monde fonctionnait déjà très bien au moyen âge. ” Est-ce pour autant qu’elle est si mauvaise ? “Bon, les français étaient certes trois fois moins nombreux qu’aujourd’hui, ils consommaient certes infiniment moins d’énergie que nous, et cela a certes conduit au défrichement quasi total de l’Europe, mais au diable ces petits détails bassement comptables. ” Etant donné les progrès réalisés en terme d’isolation (on sait faire du passif en rénovation, donc probablement 20 fois moins de pertes thermiques que les habitations du moyen-âge) et… Lire plus »
Bachoubouzouc
Invité
“Est-ce pour autant qu’elle est si mauvaise ?” Comme toujours à propos d’une énergie, la question “bonne ou mauvaise” n’est pas pertinente : Parlez vous en termes économiques, sanitaires, environnementaux, de faisabilité technique ? D’autant plus que cela dépend de l’intensité avec laquelle on la pratique, et comment. D’un point de vue sanitaire et en comparaison de technologies équivalentes (gaz, électricité), les feux de bois sont une horreur : Les quelques feux de cheminée décoratifs qu’on pratique tous une fois ou deux chaque hiver émettent à eux seuls deux fois plus de particules fines que tout le trafic automobile !… Lire plus »
Bruno lalouette
Invité
Tout d’abord ne pas massacrer les noms d’oiseaux du capitaine, c’est une question de respect! Ensuite le chauffage c’est seulement l’hiver, et en complément d’un chauffage thermique solaire, de plus, les chaudières à bois ont maintenant un rendement de 80%… Mais l’efficience ne s’arrête pas là, mes parents ont eu une cuisinière au bois, vous faites mijoter le ragout de sanglier et vous chauffer la maison en même temps… La combustion dégage du CO2 dont se nourrit la forêt toute proche qui fournit le bois… Le problème N°1, c’est le méthane et la déforestation, le CO2 lui, est compensé en… Lire plus »
Tangonino
Invité

Vous êtes vous posé la question à qui ne profitent pas les discours alarmistes du GIEC ? Tous les lobbys du pétrole, de l’agrochimie, les gros industriels, j’en passe et des meilleurs, tous ceux là ne souhaitent pas entendre ces scientifiques car cela ne va pas du tout dans leur sens ! Alors méfiez vous d’Internet ou il y a le meilleur et aussi le pire, et essayer de trouver l’identité et les fonctions de ces scientifiques détracteurs ! Cela éclairera leurs discours…

gp
Invité
lorsque le sage montre le soleil, le mauvais ingénieur continue à forer, toujours plus loin, toujours plus profond. Le gaz de schiste, C comme le pétrole de schiste : C un truc de vieux (cons) pour les vieux (cons) shootés à la croissance et au PIB, incapables de changer de siècle pour faire MIEUX avec (bcp) Moins. L’URGENCE c’est d’arrêter de perdre du temps et de l’argent en continuant la fuite en avant vers le toujours + de fossile pour tjrs + de CO2. Arrêtons d’insulter l’avenir et faisons collectivement honneur à l’intelligence humaine plutôt qu’à la médiocrité. Comme le… Lire plus »
Bachoubouzouc
Invité
“Tout d’abord ne pas massacrer les noms d’oiseaux du capitaine, c’est une question de respect!” C’est comme ça que je l’écrivais au début, et sans que je m’en rende compte mon correcteur orthographique l’a remplacé. Alors depuis, pour ne pas changer tout le temps de pseudo, je l’ai gardé. C’est maintenant le mien, alors merci de le respecter tel qu’il est. “Ensuite le chauffage c’est seulement l’hiver, de plus, les chaudières à bois ont maintenant un rendement de 80%…” Les ordres de grandeur sont formels, hiver ou pas hiver. Et voir ma réponse à aurel, le rendement des chaudières au… Lire plus »
aurel
Invité
Je vous rejoins tout à fait sur l’abération que sont des feux de cheminées décoratifs. Mais j’espère qu’en 2013 plus personne ne conçoit le chauffage bois à travers le feu de cheminée. “Rien n’est moins sûr. D’une part, l’isolation de masures aux murs épais, aux toits de chaume et quasiment sans fenêtres ne devait rien avoir de mauvaise. Et d’autre part, les habitations du moyen-âge n’étaient pas chauffées, elles, à plus de 18°c tout l’hiver ! ” Un mur en pierre, fut-il 1m d’épaisseur (conductivité thermique 12 à 15 fois supérieur à un islant type laine de bois ou laine… Lire plus »
climax1891
Invité

Les rendements d’aujourd’hui sont bien meilleurs. Deplus, les émissions de particules sont réduites.

Dan1
Invité
Rien d’extraordinaire à retrouver de la radioactivité à proximité des exploitations de gaz de schiste, puisqu’on en trouve déjà dans les exploitations de géothermie. On en parlait déjà en mai 2009 : l’EPA attire l’attention sur un phénomène d’une logique implacable : quand on creuse l’écorce terrestre et qu’on ramène des résidus à la surface, on transporte de la radioactivité. Et n’oubliez jamais que vous marchez en permanence depuis la naissance sur de l’uranium à raison de 3 grammes par tonnes de terre. Alors ne faites pas cette folie de bêcher votre jardin et encore moins de faire un forage… Lire plus »
Bachoubouzouc
Invité
Bon, OK, les chaumières des années 1400 ne devaient pas être labelisée BBC (quoi qu’elles ne devaient pas avoir beaucoup de fenêtres non plus, vu la rareté du verre à l’époque), mais encore une fois leur consommation devaient être ridicule vu qu’elles étaient très peu chauffées (la nuit, le vin gelait chez les rois, c’est dire !). La consommation d’énergie devait donc être ridicule comparée à la nôtre. Concernant les chaudières à combustion pilotée, je suis curieux de savoir comment c’est fait. Merci de me donner des liens vers de la doc, si vous avez. Concernant les émissions de particules,… Lire plus »
Radionucleide
Invité

la radioactivité est donc naturelle ce qui est naturelle est écolo donc la radioactivité est écolo bien vouloir éteindre vos ordinateurs, internet emet de grosses quantités de CO2

Sicetaitsimple
Invité

C’est ballot, mais effectivement si on creuse et si on pompe on extrait des éléments radioactifs du sol… Mâme dans le cas d’une expérimentation aussi “renouvelable ” ( donc forcément propre) que la géothermie profonde. PS; “renouvelable” est entre guillemets car il a déjà été amplement démontré , notamment lors d’un débat interessant avec Okaenergy, que l’aspect renouvelable de la géothermie n’était pas établi dans le cas de la géothermie profonde ( hors zones d’activité volcanique).

Herve
Invité

Y a même pas forcement besoin de creuser. Sur les plages de la baie de Rio, on ne prend pas que des coups de soleil. (Les niveaux sont comparables a fukushima, mais schutt, c’est de la radioactivité verte, donc pas de probleme…)

Dan1
Invité
A Sicetaitsimple. Merci pour le document, celui-là, je ne l’avais pas vu. Effectivement, il ne faut pas s’étonner de trouver quelques Becquerels en surface coincés dans les tuyaux quand on va gratouiller le granit 5 km plus bas. Il ne faut pas s’étonner non plus de provoquer des séismes quand on va stimuler mécaniquement ou chimiquement des fractures qui autrement n’avaient pas vraiment envie de bouger. Je note d’ailleurs que la stimulation chimique serait moins difficile à faire accepter. En un mot, la solution chimique serait plus “écologique”. Sinon, le côté renouvelable de la géothermie est effectivement à prendre avec… Lire plus »
Bruno lalouette
Invité
Aborder la question sous l’angle, “il faut substituer 405 TWh de nucléaire par autre chose”, est un mauvais raisonnement! Voyons plutôt comment produire autrement: 1- chauffage électrique à supprimer, eau chaude compris. 2- Avons-nous besoin de papier qui soit si blanc? 3- Avons-nous besoin de volets en aluminium, de vérandas en aluminium et d’emballages en aluminium? 4- Avons-nous besoin d’engrais, de pesticides et de pots et bouteiles plastiques? 5- Avons-nous besoin de colorants et conservateurs chimiques? 6- Avons-nous besoin de construire en béton, ce qui rend ensuite indispensable les ascenseurs et autres escalators… 7- Avons-nous besoin de tissus synthétiques? Sachez… Lire plus »
Herve
Invité

Pour résumer votre long propos, vous posez les questions suivantes: Avons nous réelement besoin de manger? Avons nous réelement besoin d’un toit, et qui plus est chauffé? Avons nous réelement besoin de vivre à notre époque ? En ce qui me concerne je vous réponds Oui! (Et je ne pense pas être minoritaire dans ce cas)

climax1891
Invité

Le seul chauffage résidentiel et tertiaire représente plus de 40 millions de TEP.

Sicetaitsimple
Invité

Nous sommes au moins 2. Je suis d’autant plus surpris par les propos de Bruno L.,parce qu’ en turbinant les eaux grises on doit facilement pouvoir assurer (en chauffage electrique) les 40MTEP dont nous parle Climax, non?

Devoirdereserve
Invité
L’histoire de la radioactivité qui remonte, c’était prévisible. Dans le même genre, les associations (dont FNE) ont obtenu, au titre du Plan National de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs que soient gérés avec rigueur les cendres de centrales à charbon, matière que l’on dit “à radioactivité naturelle renforcée”. Ils ont certes raison. Or la conclusion qui en sort est prévisibile aussi : pour réelle qu’elle soit, cette radioactivité reste faible ou très faible, et peut simplement être diluée dans des matériaux divers, naturellement radioactifs eux-aussi… comme des bétons. Voir le PNGMDR 2013-2015, section 2.9 Donc la radioactivité des gaz… Lire plus »
Bruno lalouette
Invité
J’adore les bd, j’en achète beaucoup, et si le papier devenait jaune plutôt que blanc, je continuerais d’en acheter. J’adore les Ferrari, ça serait bien qu’elles roulent au biogaz, mais bon, je pourrais toujours pas me l’acheter. J’adore les vieux châteaux avec leurs toits en ardoise, cela serait tellement plus intelligent et moins cher le chauffage par le toit. J’adore les serres et les verrières, les plus belles sont en fer forgé, et je pense que la dépense énergétique pour faire de l’acier est beaucoup moindre que la transformation du beauxite en aluminium! A ce sujet, allez demander aux indiens… Lire plus »
climax1891
Invité

Programmation pluriannuelle des investissements de production de chaleur DIRECTION GENERALE DE L’ENERGIE ET DU CLIMAT

Devoirdereserve
Invité

Merci ! Si je comprends bien, le graphique (et ses catégories) est de vous, d’après le PPI Chaleur ? Le contexte de la brève (sur les gaz de schiste) m’avait induit en erreur : j’ai cru dans un premier temps qu’il ne s’agissait que d’usages fossiles, ce qui m’a fait réagir. Mais votre diagramme est bien toutes énergies primaires confondues (et pas juste gaz ou fossiles).

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