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La logistique redoutable des appro- visionnements en gaz

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Pour l’amener de son lieu d’extraction à son lieu de consommation, on a utilisé en premier lieu les gazoducs, équivalent des pipelines ou des oléoducs pour les combustibles liquides. Inconvénient, un gazoduc, ou plutôt la tranchée dans laquelle on l’enterre, coute très cher à implanter, parfois sur des milliers de kilomètres comme les gazoducs qui alimentent l’Europe vers l’ouest ou le Japon vers l’est à partir des gisements russes. Ils peuvent traverser plusieurs pays avant d’arriver à destination qui prendront leur dime au passage et qui peuvent interrompre le trafic interne du gaz comme ce fut le cas en plusieurs occasions en Ukraine, ces derniers temps.

En plus il leur faut une continuité territoriale entre le lieu d’extraction et de consommation. Ce qui n’existait pas entre le premier producteur mondial, l’émirat du Qatar et ses grand clients, les États Unis, le Japon et l’Europe. D’où la mise au point d’un autre système de logistique, la liquéfaction du gaz sur le site de production, son transfert sur des bateaux spéciaux, les méthaniers, et sa regazéification sur les sites d’arrivée dans le pays consommateur. A l’énoncé de cette chaine d’installations industrielles vous comprenez que cette logistique doit être très couteuse. C’est bien le cas et les usines de liquéfaction de gaz font partie des investissements industriels les plus lourds à assurer, au point que la décision d’en implanter une passe obligatoirement par des engagements de reprise de la production de gaz liquéfié sur 20 ans !

Les bateaux méthaniers qui doivent transporter ce gaz liquéfié à -163 °C sont aussi très complexes, couteux en énergie pour maintenir le gaz à cette température et doivent comporter des cuves qui résistent à la pression. Globalement, comme l’ensemble de la chaine logistique est très couteuse, les usines de liquéfaction construites ou en projets sont devenues des monstres énormes.Au point qu’avec la récession nous risquons de passer en position d’excédent de capacité de liquéfaction.

Après l’inauguration de Sakhaline 2 (9.6 millions de tonnes) dont je vous ai parlé dans un article du 18 avril, celle de Qatargas 2 qui date du début avril plus des projets pharaoniques comme celui de la mise en production par Gazprom du mégagisement de Shtokman en mer de Barents pour 7.5 millions de tonnes supplémentaires, on va en arriver bientot à une capacité de liquéfaction énorme de plus de 250 millions de tonnes/an.

L’avenir dira si la crise économique et industrielle risque d’impacter ces ouvertures de capacité nouvelles de production et faire passer ce marché en surcapacité à partir de 2011/2012.

C’est toute la problématique de l’évolution de le demande énergétique dans les années à venir, du mix entre les différentes énergies, de la pression environnementale pour diminuer les émissions de CO2 et en particulier de la place que prendra le nucléaire et l’électricité.

A long terme néanmoins, nous aurons bien besoin de cette énergie supplémentaire pour répondre aux besoins des populations de la planète.

[ Archive ] – Cet article a été écrit par CaDerange


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