La maîtrise des pointes de consommation électrique en France

Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie a signé fin décembre 2012 un décret qui doit permettre de garantir durablement la sécurité d’approvisionnement en électricité des Français, dans un contexte de hausse de la pointe de consommation.

Depuis plusieurs années en France, on observe une croissance importante de la pointe de consommation électrique qui met en péril, lors des pics de consommation, l’équilibre entre la production et la demande d’électricité. Plusieurs raisons en sont à l’origine, notamment la place du chauffage électrique et le développement de nouveaux usages de l’électricité (équipements électroménagers, informatiques, recharges multiples).

Mais qu’est ce qui se cache réellement derrière la notion de pointe ?

Les pointes de consommation d’électricité sont par définition les périodes où la demande électrique est la plus élevée. Il existe plusieurs types de « pointes » de consommation d’électricité (1). En effet, elle dépend avant tout de la période (journée, saison) et de la zone géographique observée.

La pointe journalière

La pointe journalière correspond au moment où la consommation électrique totale en France est la plus importante de la journée. Elle se caractérise par une hausse importante de la consommation pendant quelques heures.

En hiver, elle est observée à 19h, et traduit la mise en service simultanée de plusieurs appareils électriques (éclairage, télévision, cuisson etc.). On observe également une pointe journalière le matin au moment de l’ouverture des commerces et des bureaux. En été, la pointe est plutôt observée à 13h.

La pointe saisonnière

La consommation électrique française est très sensible à la température en raison du fort équipement en chauffages électriques. D’ailleurs on observe ne croissance des consommations de pointe en hiver.

Les pics de consommation associés aux vagues de froid peuvent se prolonger pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. La période de pointe saisonnière correspond donc à une période de tension sur le réseau qui se caractérise par une forte consommation qui se prolonge dans le temps.

En hiver à 19h, une baisse des températures de 1°C entraîne une augmentation des consommations d’environ 2300 MW.

Les records de consommation, qui ont souvent lieu lors de vagues de froid exceptionnelles, sont atteints lorsque la pointe journalière se superpose à la pointe saisonnière. Ainsi, le 8 février 2012 autour de 19h, la demande a atteint 102,1 MW, contre une moyenne sur l’année 2011 d’environ 55 MW (2).

La gestion du réseau

L’augmentation de la consommation électrique n’est pas la même dans chacune des régions. Par exemple, la consommation d’électricité moyenne en France a augmenté de 1.7 % entre 2003 et 2011, alors que celle de la seule Bretagne a augmenté de 12.4% dans le même intervalle.

Le réseau électrique possède donc un rôle important pour transporter l’électricité des zones de production aux zones de consommation.

L’équilibre offre-demande en France pourrait être tendu dès l’hiver 2015-2016

Réseau de transport d’électricité (RTE), le gestionnaire du réseau public de transport d’électricité de France métropolitaine, élabore et rend public tous les deux ans, un bilan prévisionnel pluriannuel de l’équilibre de l’offre et de la demande d’électricité en France.

Dans son dernier « bilan prévisionnel », publié en 2012, RTE observe que sur les dix dernières années, la pointe électrique a augmenté 2,5 fois plus vite que l’énergie
consommée.

RTE prévoit que la sécurité d’alimentation électrique devrait être assurée jusqu’en 2015. A partir de 2016, elle devient plus tendue en raison notamment de la fermeture de certaines centrales thermiques à énergie fossile. A cette échéance, la puissance manquante est estimée à 1.2 GW et à 2.1 GW en 2017.

(1) La consommation est mesurée en kWh ou en MWh. La puissance électrique appelée est mesurée en MW ou GW.
(2) 478,2 TWh de consommation d’électricité en 2011 (bilan électrique de RTE), ramenée au nombre d’heures de l’année.

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27 Commentaires sur "La maîtrise des pointes de consommation électrique en France"

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Pas naif
Invité
qui ont sciemment ignoré cette envolée des pointes 2.5 fois plus rapide que le consommation, ce qui en exclut le chauffage électrique comme responsable puisque ce dernier consomme régulièrement sur les 24heures du jour. Une étude peu ancienne avait montré que les efforts cumulés 2000-2005 de l’industrie du blanc (electroménager ménage) de réduction de consommation des appareils avit été “bouffé” par l’arrivée des écrans plats consommant de 200 à 500watts. Pas de chance, ce sont eux qui tourne en pointe aussi. Malgré cette affaire, les autorités auraient pu inciter gratuitement les gens chauffés à l’électricité de se faire poser des… Lire plus »
Toto1
Invité

@Pas Naïf Un chauffage électrique bien réglé ne fonctionne pas régulièrement sur les 24 heures du jour ! Au contraire, il doit être programmé pour ne fonctionner que lorsque les habitants sont dans le logement, chauffer en priorité pendant les heures creuses plutôt que les heures pleines (au moins pour que le consommateur profite des différences de tarifs), être au ralenti lorsque les habitants dorment bien au chaud sous leur couette… Et bien sûr le fonctionnement du chauffage dépend du climat extérieur et de l’isolation du logement. Faut-il rappeller que la température extérieure évolue au cours d’une journée ?

papi12
Invité

@Pas Naïf Juste une question : quelle est la production du PV en France métropolitaine à 19h en hiver ? =0 ? Mais il est vrai qu’en été à 13h elle est couplée au besoin de pointe. J’ai essayé modestement de faire installer des dispositifs de délestage lors d’une opération de remplacement de vieux grille-pains dans des logements cette année. Ma direction n’y a vu aucun intérêt… Encore de la pédagogie à faire…

louisr
Invité
On estime le kwh EPR Flamanville à 11,2 cts. Aujourd’hui, en centrale PV au sol, on est capable de faire du 10,5 cts/kwh. Nous sommes donc bien en dessous, et pour des coûts d’investissement environ 100 fois moindre. Le mythe du nucélaire pas cher et du PV hors de prix est en train de voler en éclat. Bien à vous, LR ps : au fait, ça en est où le démantelèment de la première centrale nucléaire en France ? Ca fait 20 ans, on en a encore pour une bonne quizaine d’années. 15 milliards d’euros, et la facture continuera à… Lire plus »
Bachoubouzouc
Invité
“On estime le kwh EPR Flamanville à 11,2 cts” Ah bon ? Et qui donc se cache derrière ce “on” délibérément imprecis ? “Aujourd’hui, en centrale PV au sol, on est capable de faire du 10,5 cts/kwh.” Oui, en centrales de 100MWc et avec des panneaux chinois (au bilan carbone largement plus lourd que le nucléaire). Pas terrible pour une industrie qui parle de décentralisation et d’écologie (et d’emplois français). Et c’est sans tenir compte des investissements sur le réseau que cela nécessite. “Nous sommes donc bien en dessous, et pour des coûts d’investissement environ 100 fois moindre.” En êtes… Lire plus »
Luis
Invité
¤ Le chauffage électrique ne consomme pas régulièrement au cours de la journée, pour plusieurs raisons. Cela n’est peut-être pas généralisé, mais beaucoup de personnes réduisent le chauffage en journée lorsqu’elles sont absente de chez elles, conformément aux consignes d’économie d’énergie et au bon sens financier. Et elles augmentent le chauffage le soir en rentrant au foyer. Et comme il faut remonter en température, la consommation maximum dure plus longtemps que s’il fallait seulement compenser les pertes thermiques. Pour d’autres, c’est la sensation de froid (psychologique ou réelle) à la tombée de la nuit qui pousse à augmenter le chauffage.… Lire plus »
Verorang
Invité

Dommage que l’on ne parle pas assez des réseaux de chaleur avec cogénération. On en est à seulement 5% de RC en France comparé à plus de 50% dans les pays du Nord entre autres. Pour mémoire les réseaux de chaleur en Europe :

Sicetaitsimple
Invité

Et le chauffage gaz contribue bien à la pointe gaz, de même que le chauffage fioul, ou le chauffage à bois, à leur pointe respective? Et alors? C’est quoi le vrai problème? PS: vous avez vu, je vous ai fait un suivi d’une conversation assez récente sur le PV en Allemagne hier soir

Bachoubouzouc
Invité
“Le chauffage électrique ne consomme pas régulièrement au cours de la journée, pour plusieurs raisons. Cela n’est peut-être pas généralisé, mais beaucoup de personnes réduisent le chauffage en journée lorsqu’elles sont absente de chez elles, conformément aux consignes d’économie d’énergie et au bon sens financier. Et elles augmentent le chauffage le soir en rentrant au foyer. Et comme il faut remonter en température, la consommation maximum dure plus longtemps que s’il fallait seulement compenser les pertes thermiques.” Ce genre de variations sont réalisées avec des thermostats programmables. Et contrairement aux installations au gaz, je n’ai jamais vu de ma vie… Lire plus »
Bachoubouzouc
Invité

Développer les réseaux de chaleur au détriment du chauffage électrique est aussi un excellent moyen d’augmenter nos importations de gaz et nos émissions polluantes. Mais bon, ça a l’air d’être le jeu en ce moment.

Sicetaitsimple
Invité

Si vous regardez bien les chiffres de pénétration des réseaux de chaleur du lien que vous citez, c’est un peu “gosplan”, non? Plus sérieusement, développer des réseaux de chaleur ce n’est pas évident, mais certains pays l’ont fait à une époque ou le “Gosplan” était soit obligatoire, soit dans les moeurs. Et chaque pays vit un peu sur cet héritage.

louisr
Invité
@bachoubouzouc : EDF a provisionné 2 milliards d’euros pour le démantèlement de Chooz, sachant que les allemands et les anglais, qui ont plus d’expérience dans ce domaine, tablent sur des coûts 5 fois supérieurs. Donc on sera plutôt proche des 10 milliards. Avec un coût de construction de 8,5 milliards d’euros annoncé en décembre 2012, le coût du capital devient 89 euros dans le coût du MWh, soit un coût de production total de 107 euros/MWh (89+18) ou de 10,7 cts/kWh. La cour des Comptes, sur un coût de 6,5 Mds, table au minimum sur 7 à 9 cts. On… Lire plus »
gaga42
Invité
Comment peut-on expliquer que le chauffage électrique est le principal responsable de l’augmentation forte de la puissance de pointe alors que le taux d’équipement fixe n’augmente plus depuis plusieurs années? Quelques pistes: – les équipements que l’on met en route vers 18-19h: ordinateurs, télévisions (contrairement aus idées reçues, un écran plat consomme au moins autant qu’un bon cathodique, car beaucoup plus grand, bonjour l’effet rebond!) – les “soufflants à 25€ chez casto” qu’on met en route aussi vers 18-19h parcequ’on se les pèle dans le logement mal isolé (les logement équipés d’origine de chauffage électrique sont mieux isolés), c’est pas… Lire plus »
Bachoubouzouc
Invité
“EDF a provisionné 2 milliards d’euros pour le démantèlement de Chooz, sachant que les allemands et les anglais, qui ont plus d’expérience dans ce domaine, tablent sur des coûts 5 fois supérieurs.” Premièrement les allemands et anglais n’ont pas plus d’expérience que nous (avec neuf réacteurs de technologies différentes en cours de démantèlement rien que pour EDF). Deuxièmement, et comme cela été dit maintes fois face à cette objection des écolos, les technologies des réacteurs allemands et surtout anglais n’ont rien à voir aux nôtres. Le rapport de la CdC parle ainsi de la question de la technologie (p87) :… Lire plus »
Babase
Invité

“Bref, attendez donc de voir de vrais chiffres calculés par des professionnels (j’ai lu quelque part que les écolos venaient de relancer une nouvelle commission parlementaire sur le sujet) plutôt que de spéculer sur des calculs magouillés par des désinformateurs professionnels.” des professionnels des calculs comme pour l’estimation du coût de l’EPR… Il faut donc multiplier cette estimation pour le démantelement par un facteur entre 2 et 3 ?

Bachoubouzouc
Invité

“des professionnels des calculs comme pour l’estimation du coût de l’EPR…” Bah oui. Et leurs calculs étaient bons. La preuve : les experts d’EDF, d’Areva et de la Cours des Comptes arrivaient à peu près au même résultat). Après, ce sont les aléas d’un chantier, qu’on ne peut pas totalement anticiper dans un calcul initial. Je suppose que vous avez très bien compris cela, mais que comme tous les antinucléaires vous préférez recourir à la désinformation et à la manipulation, plutôt que de participer à un débat rationnel.

Dan1
Invité
Aux comparateurs impénitents. Nombre de commentateurs persiste à vouloir comparer une production EnR actuelle ou disponible dans un proche avenir au coûts (ou prix ?) futurs moyens de l’EPR sur 60 ans. Or cette comparaison ne tient pas dans le système français pour au moins les 20 prochaines années, car il faut tenir du passé et du présent : Notre parc nucléaire est à mi-vie en ayant déjà produit 11 000 milliards de kWh. Aujourd’hui, la cour des comptes estime que le coût comptable de production est de 33 €/MWh. Ce parc, convenanblement entretenu et modernisé, pourra produire encore autant… Lire plus »
Cce
Invité

“En prenant en compte la rémunération du capital, selon la méthode dite du coût courant économique, qui permet des comparaisons entre modes d’énergie, le coût du MWh produit s’élève à 49,5 €.” Le coût marginal est vers 20 à 30 €. Un peu de pénitence.

Dan1
Invité

A Cce; D’où tenez-vous que le coût marginal de production du nucléaire historique est de 20 à 30 euros ? Citez la source. D’autre part, je réitère que le Coût Comptable de Production est bien de 33,4 Euros/MWh selon la cour des comptes.

Gerard3
Invité
Ce prix n’est pas de 33 €/Mwh comme le dit Dan1, mais de 42 €/Mwh. Qui le sait d’ailleurs très bien… En revanche, comme le dit Dan1, parler de prix de pointe pour les centrales nucléaires est un contresens puisque le nucléaire est un moyen de production de base et de semi-base. Pour la pointe, la France a importé de l’électricité produite au charbon d’Allemagne. D’ailleurs, en 2012, la France a plus importé d’électricité d’Allemagne qu’exporté. Car, la France est exportatrice d’électricité de base / semi-base, et importatrice d’électricité de pointe. Tous les fournisseurs d’énergie ont accès à un prix… Lire plus »
Dan1
Invité
Ne mélangeons pas tout, je parlais de coût et non de prix. La CdC parle de coût et non de prix. Je sais effectivement ce qu’à écrit la CdC, c’est marqué en détail ici : Et je reprends l’explication : 1) Le Coût Comptable de la Production (CCP) à un moment donné (C’est les fameux 33,4 €/MWh) 2) Le Coût Courant Economique (CCE) : coût global moyen sur toute la durée de fonctionnement 3) L’approche de la commission Champsaur : coût de production en France sur les 15 prochaines années, en tenant compte du fait que le parc est déjà… Lire plus »
Bachoubouzouc
Invité
“D’ailleurs, en 2012, la France a plus importé d’électricité d’Allemagne qu’exporté. Car, la France est exportatrice d’électricité de base / semi-base, et importatrice d’électricité de pointe.” Petite précision. Cela était historiquement vrai mais un phénomène vient changer la donne : Les ENR, et plus précisemment l’éolien, qui aujourd’hui en Europe a atteint une puissance installée assez considérable. Les éoliennes ont la caractéristique de démarrer toutes en même temps lorsqu’il y a du temps, et les réseaux ont l’obligation d’écouler l’électricité qu’elles produisent, quelle que soit la demande. Cela amène à des baisses considérable du prix spot de l’électricité lorsqu’un épisode… Lire plus »
Bachoubouzouc
Invité

Les éoliennes démarrent quand il y a du vent et non pas du temps, et c’est 18€/MWh et non pas 8€/MWh qu’on se met dans la poche.

Dan1
Invité
Pour ceux qui s’intéresse au coût du nucléaire (historique), je reprends ci-dessous in extenso la définition du Coût Comptable de Production (CCP) tel que l’a écrit la Cour des Comptes (c’est à la page 271 du rapport) “a) Le coût comptable de la production à un moment donné. La méthode la plus simple consiste à prendre en compte le montant des amortissements comme seul élément de calcul de la part des investissements et du capital dans le coût de la production électronucléaire. Elle permet de mesurer le coût comptable de la production électronucléaire à un moment donné. Le montant des… Lire plus »
Dan1
Invité

Là où c’était vraiment intéressant “d’acheter” de l’électricité aux Allemands, c’était le 25 décembre. C’est bien connu, au pied du sapin il y a des cadeaux. Et là c’était un gros cadeau : L’électricité était bradée à – 220 Euros le MWh. Je me demande même qui était l’acheteur dans ce cas là : – celui qui reçoit la marchandise ? – celui qui la “donne” ?

Dan1
Invité

A Cce. Vous n’avez toujours pas trouvé l’origine de votre affirmation : “Le coût marginal est vers 20 à 30 €.”

Linosent
Invité

je vends à mes clients entreprises des appareils qui leur font économiser de l’electricité; qui touche les points de capacité , mes clients ou bien moi? qui les achète? je vais dans quelle boutique? merci

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