La Picardie organise sa filière bois

La Région Picarde a officiellement lancé sa première SCIC régionale d’approvisionnement en biocombustibles pour les chaufferies collectves et industrielles.

A l’origine du développement de la filière figure la volonté conjointe du Conseil régional de Picardie et des Conseils généraux de la Somme, puis de l’Aisne et de l’Oise, de mettre en place des chaufferies fonctionnant au bois dans les lycées et collèges, en remplacement des énergies fossiles.

De plus, une chaufferie dédiée à un collège ou un lycée peut être optimisée par son raccordement à un réseau de chaleur urbain, en capacité de desservir localement l’habitat collectif, les bâtiments publics, etc. La commune devient alors l’autorité compétente pour monter ce réseau de chaleur.

Si elle est une ressource importante en Picardie, la filière bois est encore insuffisamment développée, indique la Région. Celle-ci a lancé une étude sur l’intérêt économique, technique et territorial de la mise en place de réseaux de chaleur autour des 100 lycées picards. A termes, ce sont 55 projets qui devraient être concrétisés.

Un réseau de chaleur est déjà opérationnel à Montdidier ; la construction de ceux de Laon et de Beauvais ont démarré en mars dernier. Plusieurs autres seront en fonctionnement à l’horizon 2010-2011 (Breteuil-60, Creil-60…) ; parallèlement, 17 projets sont à l’étude. Les projets ont été rendus possibles grâce aux apports financiers des fonds européens, de l’Etat, de l’ADEME et du Conseil régional, par ailleurs pilote du dispositif sur l’ensemble du territoire.

Pour la Picardie, le potentiel de développement est important : la création des réseaux de chaleur et des chaufferies bois devrait permettre de générer 800 à 1 000 emplois dans les entreprises de la construction, alors que l’exploitation nécessitera entre 150 et 200 emplois par an. A titre indicatif, à terme, sur ces premiers projets, ce sont 80 à 100 millions d’euros d’investissement, 18 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel pour l’exploitation des réseaux de chaleur.

Cependant, les réseaux de chaleur nécessitent un approvisionnement en bio combustible au prix stable sur le long terme. La mobilisation de la ressource, le transport, la transformation et la distribution doivent être organisés. Ce n’était jusqu’à présent pas le cas en Picardie.

Le Conseil régional a donc mené un important travail de structuration et de sécurisation de la filière d’approvisionnement, avec les trois Départements de l’Aisne, l’Oise et la Somme, l’ADEME et tous les professionnels de la filière.

Ainsi le projet de SCIC Picardie énergie bois est-il né : cette Société coopérative d’intérêt collectif est particulièrement intéressante pour des projets répondant aux besoins collectifs d’un territoire et d’une filière d’activité donnée. Ainsi réunit-elle, au sein de son actionnariat, des collectivités, qui organisent la demande sur leur territoire, et les professionnels du bois, qui peuvent y répondre de façon organisée. Plus de 50 professionnels du bois sont ainsi représentés au sein de la SCIC.

L’Assemblée générale constitutive de Picardie énergie bois s’est déroulé mardi 16 juin.

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3 Commentaires sur "La Picardie organise sa filière bois"

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Lopez
Invité

Intéressant,mais attention de ne pas dévorer toutes les forêts Picardes .Je suppose qu’ils(les responsables)ont pensé à un mécanisme d’équilibrage ,où plutot je l’espère.

Denlaf
Invité
Dévorer les forêts n’est pas un problème, à la seule et expresse condition qu’un arbre coupé amène forcément un arbre planté (condition essentielle). Si cette condition est respectée, aucun problème ne se pose. Agir autrement serait asasurément une façon d’augmenter la concentration des gaz à effet de serre. Celà signifie donc qu’on augmenterait , par le fait même, le réchauffement climatique. C’est le genre d’opinion que je présente régulièrtement sur Enerzine, tout à fait gratuitement. Je fais de même sur mon blog  .over-blog.com  précédé de  denis-laforme . Cependant, Enerzine qui accepte mes commentaires et opinions, depuis 2 ans, refuse de laisser l’adresse… Lire plus »
bmd
Invité

Denlaf, il faut 30 ans au moins avant qu’un arbre ait atteint sa maturité. Par conséquent, si l’on coupe un arbre pour le brûler, il faut planter 10 jeunes arbres et non un seul si l’on veut équilibrer suffisamment rapidement production et captage de CO2. La sagesse est de ne consommer que la productivité annuelle de la végétation, qui n’est pas énorme. en équivalent énergétique, cela doit représente au maximum environ 30 Mtep par an pour la France, déduction faite de l’énergie nécessaire au fonctionnement de la filière

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