La première production d’isobutène à partir de déchets végétaux

Global Bioenergies a annoncé hier avoir produit de l’isobutène de « seconde génération », afin de diversifier les matières premières utilisables dans son procédé Isobutène et pour se tourner vers les ressources les moins coûteuses.

Dans la phase de développement de son procédé de production d’isobutène bio-sourcé, Global Bioenergies a d’abord utilisé des matières premières de première génération, telles que le glucose dérivé du blé.

Cependant, le procédé a été conçu pour être polyvalent : sous réserve d’ajustements techniques, il était considéré qu’il serait adapté à l’utilisation de ressources non-alimentaires, – définies au sens large comme des ressources de « seconde génération » -, telles que la paille de blé, les tiges de maïs, la bagasse de canne à sucre ou encore les copeaux de bois.

De nombreuses sociétés travaillent à développer des technologies d’extraction des sucres fermentescibles emprisonnés dans les déchets végétaux. Certaines de ces technologies ont aujourd’hui atteint la maturité industrielle : "cinq usines ont débuté leur production au cours des 24 derniers mois. Cette activité a, in fine, le potentiel d’alimenter les procédés de fermentation en sucres à bas coûts dérivés de ressources abondantes."

Global Bioenergies a récemment mis en place des collaborations avec neuf sociétés de trois continents différents, développant les technologies les plus prometteuses de conversion de
ressources diverses (paille, bagasse, bois…) en sucres fermentescibles. Des tests préliminaires ont permis de produire avec succès de l’isobutène de seconde génération à l’échelle du laboratoire.

Ainsi, le procédé a fonctionné avec des performances comparables à celles observées en utilisant du glucose dérivé du blé.

"Nous avons désormais démontré expérimentalement que notre procédé de production d’isobutène est compatible avec plusieurs ressources de seconde génération. L’utilisation de solutions de sucre brut est en général difficile, dans les procédés de fermentation classiques menant à un composé liquide, car l’accumulation des impuretés dans le milieu de culture complexifie les opérations de purification du produit. Notre procédé, basé sur la production d’un produit en phase gazeuse, répond à cette problématique et nous permettra d’utiliser les matières premières les moins chères" a commenté Frédéric Pâques, Directeur des Opérations chez Global Bioenergies.

"L’accès aux matières premières de seconde génération renforce la perspective que notre procédé Isobutène soit massivement utilisé pour la fabrication de carburants, tels que l’essence et le kérosène." a conclu Thomas Buhl, Directeur du Business Development chez Global Bioenergies.

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8 Commentaires sur "La première production d’isobutène à partir de déchets végétaux"

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Pastilleverte
Invité

Chiche ! J’attends ça avec impatience… en espérant être encore là quand le procédé sera industrialisé de façon robuste et “économique” (par rapport au kéro de pétrole).

Luis
Invité
¤ L’isobutène entre pour 53% et l’éthanol pour 47% dans l’agrocarburant pour moteurs à essence. Pour incorporer 7% d’agrocarburant dans l’essence française, il faut consacrer 290.000 hectares à la production d’éthanol. Pour le même taux de 7% dans le gazole, c’est 1.900.000 hectares. Au total, 2,2 millions d’hectares sur 18,8 millions d’hectares de terres cultivées en France. Si l’isobutène provient des productions agricoles, il faudra utiliser plus d’engrais pour remplacer l’engrais naturel que constituent les divers déchets agricoles laissés sur le terrain. Ou plus de granulés importés pour nourrir le bétail en période de disette alors que la paille était… Lire plus »
Stephane
Invité
En année pleine, entre janvier 2014 et décembre 2014, la consommation française de carburants a atteint 50,09 millions de mètres cubes. Sachant qu’un litre de carburant c’est 10 kWh environ, que le rendement d’un moteur c’est 20 % et qu’un 1 kWc de panneau solaire (au moins 7 m²) produit environ 1000 kWh/an, je laisse faire le calcul de la surface de panneaux nécessaires pour permettre d’alimenter en électricité l’ensemble des véhicules. Et je ne parle même pas du problème d’intermittence. Avec 7 m² de panneaux (1 kWc) on produit 1000 à 1200 kWh/an, de quoi faire 5000 à 6000… Lire plus »
Luis
Invité
¤ La circulation routière consomme environ 50 millions de m3 de carburant en France, ce qui correspond à environ 500 TWh d’énergie. Mais des véhicules électriques consomment moins, ce qui nous fait à peu près 160 TWh à la sortie de la batterie. Comme le rendement de la batterie, en charge et décharge, et celui du chargeur doivent être pris en compte, il nous faut environ 200 TWh à la sortie de la prise de courant. Ajoutons 6% de pertes réseau entre RTE et ERDF, cela nous donne dans les 210 TWh. A raison de 1.100 kWh par an pour… Lire plus »
Bruno lalouette
Invité

… C’est d’ailleurs hautement improbable tant vos voiturettes électriques coûteraient cher! Juste 378 millions de tonnes de déchets verts annuels, et demain des champs d’algues dans les océans, vive Global énergies ! Franchement, vous devriez arrêtez la pratique du dieu unique, par Odin !

Luis
Invité
¤ Un panneau solaire coûte environ 250 € pour 250 Wc, soit 1.000 euros le kWc produisant 1.100 MWh en moyenne nationale. C’est le prix pour l’utilisateur final. Car au niveau importation, les modules sont à 540 €/kWc en provenance de Chine ou 600 €/kWc en provenance d’Allemagne ou du Japon. En prélevant un milliard d’euros sur les 50 milliards d’euros de pétrole importés chaque année, on peut importer 1.700.000 kWc (1,7 GWc) de cellules photovoltaïques permettant de produire 1,9 TWh d’électricité par an, soit environ un pour cent des véhicules de toutes tailles qui remplaceraient les véhicules thermiques. Ou… Lire plus »
Dan1
Invité

A Luis Et pour commencer à moindre coût à alimenter le parc de futures voitures électriques, je propose même de ne rien importer du tout et de faire fonctionner ce qui existe déjà : FESSENHEIM, c’est l’équivalent carburant de 8 millions de petites voitures citadines !

pierreerne
Invité
Au prix actuel du pétrole, il est totalement stupide d’essayer de fabriquer de l’isobutène à partir d’autre chose que du pétrole. Celui qui prend aujourd’hui un brevet sur le sujet a simplement oublié que les brevets tombent dans le domaine public au bout de 20 ans au maximum. Croire que l’isobutène peut être utilisé pour être mélangé aux carburants, c’est faire deux erreurs : 1) ce n’est pas l’isobutène qui fut un temps ajouté aux carburants pour améliorer l’indice d’octane, mais un dérivé appelé le MTBE (methyl tertiobutyl éther). 2) Le MTBE est écotoxique et il est de plus en… Lire plus »
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