La production mondiale de pétrole pourrait croître de 20% d’ici 2020

"La capacité de production de pétrole est en pleine progression aux États-Unis et dans plusieurs autres pays à un rythme tel que la capacité mondiale de production de pétrole est susceptible de croître de près de 20%  d’ici 2020, ce qui pourrait engendrer un plongeon ou même un effondrement des prix du pétrole", a révélé une nouvelle étude réalisée par un chercheur de la Harvard Kennedy School.

Les résultats trouvés par Leonardo Maugeri, un ancien dirigeant de l’industrie pétrolière qui est maintenant conférencier en géopolitique dans les projets de l’énergie au centre de la Kennedy School Belfer, sont basés sur une analyse originale des plus importants gisements d’hydrocarbures dans le monde et des projets d’exploration, ‘champ par champ’.

Contrairement à certaines prédictions montrant que la production mondiale de pétrole a atteint un sommet ou le fera bientôt (NDLR : PEAK OIL), L. Maugeri prévoit que la production devrait croître de 93 millions de barils par jour actuellement à 110 millions de barils par jour d’ici 2020, soit le plus grand bond décennal, depuis les années 1980.

Qui plus est, cette augmentation représenterait moins de 40% de la ‘nouvelle’ production de pétrole en développement dans le monde : plus de 60% serait commercialisé après 2020.

L’analyse de L. Maugeri (.pdf) estime que la production de pétrole brut supplémentaire par rapport à l’exploration actuelle et des projets de développement dans le monde pourrait générer environ 49 millions de barils supplémentaires par jour d’ici 2020, soit une augmentation équivalente à plus de la moitié de la production actuelle.

La production mondiale de pétrole pourrait croître de 20% d'ici 2020

Après un ajustement de l’augmentation de la production de pétrole brut des facteurs de risque politique et technique ainsi que des taux d’épuisement des champs actuels, l’analyse prévoit une augmentation nette en 2020 d’environ 17,5 mbj.

Son étude attribue la croissance attendue de la production pétrolière en grande partie à une combinaison des prix élevés du pétrole et des nouvelles technologies comme la fracturation hydraulique, ouvrant de vastes possibilités et permettant l’extraction du pétrole "non conventionnel" comme les huiles lourdes, les schistes bitumineux et les sables bitumineux. Ces augmentations devraient être significatifs aux États-Unis, au Canada, au Venezuela et au Brésil.

L. Maugeri prédit aussi une augmentation importante de la production pétrolière en Irak, grâce à une certaine stabilité politique, ajoutant une nouvelle production dans la région du golfe Persique – causant une déstabilisation potentielle des capacités de l’OPEP à gérer à la fois, la production et donc les prix.

La combinaison de la production – nouvelle – de l’hémisphère occidental et celle croissante dans d’autres parties du monde pourrait conduire à une forte baisse des prix du pétrole, a expliqué L. Maugeri. Cette baisse, si elle est suffisamment profonde pourrait conduire les compagnies pétrolières à réduire leurs investissements et, finalement, ralentir l’approvisionnement en pétrole.

La production mondiale de pétrole pourrait croître de 20% d'ici 2020

[ Cliquez sur l’image pour zoomer ]

Toutefois, si les prix du pétrole restent au-dessus de 70 dollars le baril environ, les investissements seront suffisants pour soutenir une croissance ‘continue’ de la production, conduisant éventuellement à un phénomène de surproduction de pétrole après 2015.

"Les conclusions de Leonardo ne sont pas seulement surprenantes, mais son document fournit une explication transparente de la façon dont il les a atteint – quelque chose qui manque dans de nombreuses études", a déclaré Meghan O’Sullivan, Professeur de la pratique des affaires internationales à la Kennedy School. "Ses conclusions ont des implications majeures pour la géopolitique, ce qui suggère d’importants changements dans la façon dont les pays interagissent et exercent une influence."

** L. Maugeri a été vice-président exécutif de la compagnie pétrolière italienne ENI, et a écrit des livres et des articles suggérant que le pétrole restera plus abondant que ce que prédisent de nombreux observateurs.

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26 Commentaires sur "La production mondiale de pétrole pourrait croître de 20% d’ici 2020"

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Samivel51
Invité

Ce qui est suspect dans cette etude, c’est que la quasi totalite des principaux producteurs de petrole auraient la capacite d’augmenter leur production d’ici 2020 (sans pour autant fermer les tuyaux entre aujourd’hui et 2019, je suppose). Pourtant je ne crois pas que tous ces pays disposent de reserves de petrole non conventionnels, par exemple, qui pourraient permettre de prendre le relais. L’Arabie Saoudite a 13 mbj en 2020, les USA a 11 mbj, j’ai du mal a y croire.

Lionel_fr
Invité
L’étude est très crédible et annonce sans doute un cycle baissier sur les prix du pétrole, ce qui va mécaniquement acculer les productions alternatives à la faillite sauf si les états et les populations trouvent la discipline nécessaire pour notamment réduire les émissions et stabiliser la situation geopolitique. Les USA auraient 40md bl conventionnels offshore rien qu’en Alaska et les techniques d’exploitation des bitumes présents en quantités littéralement astronomiques sur le continent américain, s’améliorent d’année en année, profitant notamment des recherches faites sur le site canadien de l’Alberta. Il reste donc pas mal de ressources disponibles à des volumes gigantesques.… Lire plus »
bolton
Invité

Je crois que je vais passer une mauvaise journée…………… C’est une nouvelle désolante.

fredo
Invité
voilà une étude qui range au placard rien moins que celles de l’AIE (OCDE), de l’EIA (USA), même celles des majors du pétrôle ne vont pas si loin, qui communiquent sur le taux de “remplacement” de la “production” de l’année… la méthodologie paraît suspecte: tout d’abord, l’analyse “originale” (en quoi?) champs par champs suppose que les données soient à la fois disponibles et fiables. Ensuite, “original” veut-il dire assimiler réserves potentielles à réserves prouvées? Enfin elle est basée surtout sur le non conventionnel, cher à extraire, donc s’il y a abondance et baisse des prix, il ne sera pas extrait,… Lire plus »
Tassin
Invité

Apparement selon cette étude (financée par qui??) les pays ayant dépassé leur pic vont voir leur production augmenter! Intéressant…

Steph
Invité

Et quid de la duree de vie des gisements de petrole de roche ? Celle des gisements de gaz de roche semble etre de 3-4 ans a ma connaissance.

Bachoubouzouc
Invité
Les pays européens étaient déjà à la base à peu près les seuls à faire des efforts pour réduire leurs émissions de CO2. Par ailleurs les efforts consentis ont été franchement anecdotiques face à l’augmentation des émissions de par exemple la Chine et ces efforts sont maintenant quelque peu oubliés par certains pays européens (un plus particulièrement), qui préfèrent sortir du nucléaire d’abord. Enfin les dernières études montrent que l’objectif de limiter l’augmentation de la température globale à 2°c est dors et déjà inatteignable et que l’augmentation du niveau de la mer devrait être plus importante que prévue (). Comme… Lire plus »
Lionel_fr
Invité
La méthodologie est difficile à mettre en cause au regard de la signature : , ça fait classe ! et ça sait faire des requetes d’agrégation sur des tables de milliards de lignes ! Or plus le nombre de lignes est grand , plus faible est la marge d’erreur. La marge d’erreur croît logaritmiquement avec l’usage des quotas (correction de représentativité des sous groupes), or il semble impensable que les quotas aient été employés ici … Les chiffres sont donc exacts et on doit s’attendre à une forte consolidation sur le marché des “nouvelles energies” Rappelons que le peak oil… Lire plus »
gaga42
Invité

Bizarre, comme l’on dit d’autres réactants. Voici une étude qui en contredit beaucoup d’autres,et, même si on ne doit pas la jeter à la corbeille, on peut supposer (juste supposer, pas affirmer…) que certains souhaiteraient calmer la panique “peak oil” et freiner la “dépétrolisation”. Va-t-on parler des “peako-sceptiques”? financés par les mêmes lobys que les climato-sceptiques? Wait and see. C’est en tous cas une nouvelle catastrophique pour l’environnement.

loranger
Invité
je vais pouvoir aller voir ma belle-famille en Colombie en prenant l’avion le cœur léger ! Et comme on me dit que la bourse est “basse”, et que c’est le moment d’investir, je passe à la banque pour mettre mes économies en actions Total. J’en profiterai pour me faire blanchir les dents puisque c’est pas dangereux, et je prendrai la route des vacances tranquille avec mes 2 alcootests dans la boite à gants. Et j’arrête de réfléchir, je brûle la dernière BD que je viens de lire sur le réchauffement climatique, “saison brune”, et je prends des places pour le… Lire plus »
Consume
Invité

Super on vas pouvoir continuer à consommer et se goinfrer comme des porcs ! Ouvrez les vannes ! c’est partis pour l’orgie !!!

Claude b.
Invité

En 1978-79-80, le prix du baril (et l’Or) avait fait un bond fulgurant ce qui avait réveillé plusieurs projets pour une énergie secondaire (comme des panneaux solaire), les marchés financier pour ceette nouvelle tendance ont fortement réagi positivement. Mais, dès que le prix du baril a descendu tout ces nouveau projets en energie secondaire se sont éteint pour plusieurs années. Est-ce-que la même chose risque de se produire? C’est possible si le prix du baril descent trop. C’est a surveiller!

Didoul
Invité

Est-ce que je suis le seul à l’avoir remarqué? Mais si l’on regarde les pays qui devraient voir la plus “belle” progression de leur production de pétrole, 2 sortent juste d’une guerre qui a été dirigé par le bloc occidental, l’Irak et la Lybie…

climax1891
Invité
Il a y 3 conditions pour avoir 110 millions de barils par jour d’ici 2020. – Le prix du pétrole doit rester au dessus de $70 pour financer les investissements. – Une production d’au moins 8 millions de barils par jour de pétrole non conventionnel en Amérique du nord soit 3 fois plus qu’aujourd’hui. – Une production record de 44 millions de barils par jour dans le monde musulman contre 34 millions de barils par jour en 2011. Plus le moyen Orient produit de pétrole, plus les prix du pétrole seront élevés en cas de crise au Moyen Orient (c’est… Lire plus »
fredo
Invité

merci pour cette réaction. Au-delà de la très respectable Kennedy School d’Harvard, je ne prends pas pour argent comptant les affirmations d’un ancien dirigeant d’ENI déjà auteur d’articles et ouvrages sur le pétrole qui restera abondant, fut-il conférencier dudit institut. Autrement dit, l’étude est peut-être à charge. D’autres études devront confirmer ou infirmer ce résultat décapant. ça reste un joli coup médiatique.

Lionel_fr
Invité
Cette étude garde une certaine incertitude, cela dit je lui accorde plus de crédit que celles de l’AIE essentiellement parce que l’AIE avait été incapable d’anticiper la hausse des prix de 2004 due à la Chine. Je veux bien que l’on ait du mal à chiffrer un changement aussi radical mais quand même , c’était leur boulot et ils sont payés pour le faire à plein temps. Oublier la Chine prouve que leurs méthodes d’investigation sont grossièrement défaillantes. Aujourd’hui les systèmes d’information sont omniprésents et un universitaire d’Harvard est supposé assez rigoureux dans ses bases de données , en particulier… Lire plus »
Barnabe
Invité

L’auteur de cette étude a longtemps travaillé pour l’industrie du pétrole. Il est toujours en contact étroit avec ce milieu. L’industrie du pétrole a-t-elle intérêt à ce que l’on croit que les prix élevés du pétrole ne sont pas durable ? Bien sûr ! Si cette phase ne doit pas durer, il est inutile d’investir dans des alternatives. Des projets symboliques seront naturellement lancés par les opérateurs énergétiques, pour faire bonne mesure, mais rien de majeur.

Sicetaitsimple
Invité

Mais une simple étude d’un gus certes pas totalement étranger au sujet si on en croit son CV devrait déclencher des prises de décisions immédiates sur un certain nombre de secteurs…Il y en combien des gus comme ça, qui ont un avis totalement différent? On croit réver!

Lionel_fr
Invité
Pas d’accord. L’étude est complète et les résultats sont ventilés par pays. Les pays européens ne sont pas concernés ce que je peux confirmer (pas de pétrole non conventionnel en europe) Un document aussi complet signé ne peut pas être comparée à un “gus” Que ça plaise ou non, Harvard est dans le top 10 des universités mondiales et contrairement aux universités française , l’usage de SQL Berkeley y était systématique dés les années 80. J’ose dire que celui qui le traite de la sorte est un gus anonyme sur un forum où il excelle plus en dénigrements qu’en culture… Lire plus »
Sicetaisimple
Invité

Wait and see, sur quelques années si vous voulez bien. PS; “gus” l’a rien de péjoratif, c’est juste une façon de dire que c’est une personne parmi d’autres.

Sicetaitsimple
Invité

Nul doute que les arbitrages des fonds de pension soient une donnée importante à court terme dans beaucoup de domaines, y compris de l’energie. Mais une fois les pensionnés d’aujourd’hui et de demain morts et enterrés, pensez vous que ça aura le moindre impact sur les besoins d’énergie du monde de nos enfants?

Maddog_2000
Invité

Et en avant pour la catatastrophe climatique promise! Ca ne sera que quand on s’en sera pris plein la tete, que contraints et forcés, on se decidera a changer de societe, j’ai bien peur qu’il sera alors trop tard. Homo sapiens n’est vraiment pas fait pour la société qu’il a inventé…

Man
Invité

J’ai sans doute loupé un truc mais dans l’article il est question d’augmentation de production et de peak oil. Or je ne vois pas en quoi l’augmentation de la prod prouve qu’on a pas déjà atteint le peak. çà prouve juste qu’on va épuiser ce qui reste plus vite non ? A mois que augmentation de production induise augmentation des réserves ? Mais ce n’est pas le sujet, ni de l’article ni de l’étude … Ou alors je n’ai rien compris. Mauvaise nouvelle en tous cas, on va vite s’empresser de bruler ce qui reste plus vite.

De passage
Invité
Les faits: En 2005 une agence officielle US mandatée par le gouvernement français lui remettait un rapport “sérieux” sur le pétrole couvrant les 30 années suivantes. Il se résumait ainsi: Pas de pénurie et un prix du baril partant de 20$ (2005 réel) vers 28$ en 2030, sans a-coups. TOUT le mode sait que la réalité 2006-2012 a été totalement différente, Aussi, s’il y avait tant de pétrole disponible, pourquoi les compagnies s’éreineraient à aller le chercher dans les glaces polaires ou à 10km sous terre ou plutôt sous-mers? Pourquoi la Marine US dépense-t-elle tant de finance à trouver des… Lire plus »
gp
Invité
Cet article ne fait que confirmer ce que l’on savait déjà : l’Homme moderne est définitivement l’espèce vivante la plus stupide qui soit, en refusant l’idée même que la croissance ne peut pas être infinie. C désolant d’imaginer les conséquences à long terme de telles décisions prises par une bande de débiles mentaux dont la seule et unique motivation dans la vie est “le profit à tout prix” et le “toujours plus de”. Dommage que notre ami Jésus n’existe que dans les livres. Sans quoi ca fait bien longtemps qu’il aurait fait en sorte de nous libérer de tous les… Lire plus »
Phurias
Invité

Je ne sais si le pic de production pétrolière est pour aujourd’hui. En tous les cas s’il n’a pas déjà eu lieu c’est qu’il aura lieu dans le futur. Ugh ! (La Palice) Il est possible que l’on découvre de nouveaux gisements mais j’ai l’impression que les plus faciles et les plus gros ont été trouvés en premier et que ce qu’il reste (s’il en reste) sera de moins en moins facile à trouver et de moins en moins importants en volume. Il faut s’y faire plus le temps passe et moins il en reste.

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