L’automobile est-elle un produit périmé ?

A qui la faute ?

C’est une des premières questions qui vient à l’esprit : comment se fait-il qu’en 2013, l’automobile à pétrole continue de régner en maître absolu dans le monde automobile ? Qui sont les coupables de cet archaïsme technologique ?

Cette question, beaucoup se la posent depuis des années. Souvent montrés du doigt, les constructeurs automobiles ont indiscutablement leur part de responsabilité. Mais pas autant que certains se plaisent à le répéter. Car n’oublions pas qu’avant de vendre un produit quel qu’il soit, il faut en face des acheteurs potentiels. Dans une économie de marché comme la notre, les consommateurs ont donc leur part de responsabilité. En France par exemple, l’offre en SUV diesel est aujourd’hui très supérieure à celle des véhicules hybrides, toutes catégories confondues.

L’état a évidemment sa part de responsabilité dans cette affaire. Malgré la mise en place de mesures fiscales visant à encourager les véhicules sobres en carburant (TVTS, bonus-malus écologique, éco-taxe CO2, etc…), il a oublié l’essentiel : l’ajustement de la fiscalité sur les carburants. Celle qui fait que depuis quelques années déjà, la France est tombée dans une situation d’extrême dépendance au gazole qui n’annonce rien bon pour l’avenir…

Réconcilier l’automobile avec l’environnement

Renault veut en faire son principal cheval de bataille pour convaincre le plus grand nombre à passer à l’électrique : silencieuse, zéro émission, propre. La voiture électrique, c’est le futur. Reste qu’en attendant, son prix et surtout son autonomie limite sa diffusion à une clientèle qui en a les moyens, en tant que deuxième voiture notamment. Avec une contrainte non des moindres : l’obligation de posséder un garage fermé privatif pour recharger la voiture via une « wallbox ».

En attendant de pouvoir passer au tout électrique, probable que beaucoup optent à la place pour l’hybride : l’obligation de passer à la pompe demeure mais pas celle de gaspiller inutilement du carburant pour circuler en ville à la vitesse d’un cycliste. Une solution transitoire donc, qui permet déjà d’économiser quotidiennement des milliers de litre de pétrole aux abords des grandes agglomérations pour rouler à faible allure. Un moyen efficace d’améliorer la qualité de l’air en ville. Plusieurs constructeurs ont beau faire valoir d’autres innovations telles que le stop & start, mesures à l’appui, les économies réelles engendrées par ce dispositif sont loin de pouvoir rivaliser avec les meilleurs systèmes hybrides du marché.

La fiscalité écologique : le chantier prioritaire des prochaines années

A l’heure où s’ouvre le débat national sur la transition énergétique, comment ne pas s’indigner devant le manque criant de cohérence entre d’un coté, les beaux discours pleins de bonne volonté, et de l’autre, des choix politiques archaïques – fiscalité en tête – qui continuent d’influencer le quotidien de millions de français ?

En ces temps de rigueur budgetaire forcée, ça n’est certainement pas en offrant un énorme bonus écologique en faveur de la voiture électrique que l’Etat pourra offrir au plus grand nombre la possibilité de consommer mieux pour consommer moins. Plutôt que de persévérer dans la démagogie et les vieux remèdes qui se révèlent très souvent pires que les maux qu’ils contribuent à faire naître, nos décideurs finiront-ils un jour par accepter de changer d’époque en faisant preuve d’audace et de courage ?

Deux ingrédients qui font cruellement défaut aujourd’hui pour inciter les constructeurs automobiles à imaginer des produits et/ou des services qui soient vraiment en phase avec les contraintes énergétiques de notre époque.

Vivons au futur, pas au passé.

[ Archive ] – Cet article a été écrit par Guillaume Porcher

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