Le Canada s’intéresse aux algocarburants

Les sources usuelles de carburants comme le pétrole sont à l’origine de problèmes environnementaux (marées noires, pollution de l’air, réchauffement de la planète).

Pour les canadiens, les carburants produits à partir de ressources végétales renouvelables se révèlent être des éléments clés de la durabilité énergétique – assainissement de l’air, énergie propre et source de travail.

Ainsi, les biocarburants venant des algues intéressent l’industrie mondiale de l’aviation, car ils devraient aider à atténuer son empreinte carbone avant l’imposition des taxes sur les émissions carboniques. Les algues intéressent aussi d’autres industries, car elles utilisent les émissions de dioxyde de carbone pour croître. C’est pourquoi, le Conseil National de recherches du Canada (CNRC) et Carbon2Algae Solutions cherchent à capter les émissions de carbone de diverses installations comme les centrales thermiques alimentées au charbon et s’en serviront pour cultiver des algues.

Il apparaît que les algues se prêtent parfaitement à la fabrication de biocarburants, n’étant pas une culture alimentaire et n’accaparant pas de terres agricoles. En outre, elles donnent jusqu’à vingt fois plus d’huile que les cultures classiques qui produisent des biocarburants, comme le maïs.

Le projet de fabrication de biocarburants à partir d’algues inclut aussi la recherche de méthodes novatrices permettant d’exploiter les sous-produits de la production de carburants (les nutraceutiques ou pour les animaux, des aliments avec une haute teneur en protéinés, par exemple).

Le Canada s’intéresse aux algocarburants

« Les algues se nourrissent de dioxyde de carbone. Rien de plus sensé, donc, que de bâtir un système qui associera l’usine de biocarburant à des installations libérant ce gaz. Les algues captent le dioxyde de carbone et l’utilisent pour croître. » a indiqué Danial Wayner, Vice-président, sciences physiques du CNRC. Et d’ajouter « On peut aussi se servir des algues qui produiront des biocarburants pour traiter les eaux usées venant des municipalités, des exploitations agricoles ou des égouts. En effet, ces eaux contiennent beaucoup de composés qui favorisent la multiplication des algues. »

La production de biocarburants à partir d’algues au Canada

Le CNRC engagera environ 5 millions de dollars dans ce projet, par le biais du Programme national sur les bioproduits et de son Institut des biosciences marines. Des ressources supplémentaires en nature et en argent de 1,2 million de dollars seront dispensées par des partenaires industriels et diverses organisations.

Ressource renouvelable, les algues n’ont guère plus besoin que de soleil pour croître. Puisqu’on ne les fait pas pousser sur des terres arables, elles ne concurrencent pas les cultures alimentaires. La recherche prouve que certaines algues microscopiques produisent 20 fois plus d’huile que des cultures courantes tels le maïs ou le blé. Les algues nécessitent cependant une énorme quantité de dioxyde de carbone pour se multiplier. C’est pourquoi les scientifiques cherchent comment les amener à utiliser ce gaz à effet de serre libéré par l’industrie.

Avec le temps, il se pourrait qu’on jumelle une usine de biocarburant à une centrale thermique alimentée par des combustibles fossiles, mais, pour les chercheurs attachés au projet, l’enjeu immédiat consiste à identifier les espèces qui produiront le mieux des biocarburants, puis à créer de petites installations pilotes qui leur permettront d’effectuer des essais qui dépassent ceux effectués en laboratoire. Parallèlement, les scientifiques s’efforcent de mettre au point une technologie pour extraire efficacement l’huile.

Soixante-quatre espèces d’algues ont été recueillies et étudiées jusqu’à présent dans le cadre du projet. Vingt-quatre ont été mises en culture et six, caractérisées par un rendement exceptionnel en huile, font l’objet d’une analyse approfondie.

Grâce à une nouvelle collaboration internationale, cette collection passera bientôt à des centaines d’espèces. On insistera sur les souches convenant à la production de biocarburants prélevées à certains endroits en Amérique du Nord. Les espèces indigènes s’étant déjà acclimatées à leur milieu, elles seront donc plus faciles à cultiver et on évitera le risque d’importer une espèce exotique, toujours susceptible d’être libérée accidentellement dans l’environnement.

Des plans ont été tracés et les travaux préliminaires ont été effectués en vue de bâtir une usine pilote de 50 000 L à la station de recherche marine du CNRC à Ketch Harbour.

« Les algues présentent un énorme potentiel commercial. On a vendu 22 milliards de gallons de biocarburant en 2009. Certains estiment que cette industrie verra son chiffre d’affaires grimper jusqu’à cent milliards de dollars. » a préciséD. Wayner.

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