Le CEA Grenoble a achevé le démantèlement des installations nucléaires

Au début du mois de février 2013, les murs du réacteur nucléaire de recherches Siloé ont été démolis, ces travaux de démolition « conventionnelle » marquent ainsi la fin du projet de démantèlement des installations nucléaires du centre CEA de Grenoble.

Lancé en 2001, le projet d’assainissement et démantèlement des installations nucléaires du CEA de Grenoble, baptisé « Passage », est directement lié à la fin de ses programmes expérimentaux dans le domaine nucléaire et à la stratégie générale du CEA, qui consiste alors à regrouper l’essentiel des activités de l’organisme sur le nucléaire civil dans les centres de Cadarache (Bouches-du-Rhône), Marcoule (Gard) et Saclay (Essonne).

Le projet vise aussi à libérer de l’espace pour les autres activités du centre CEA de Grenoble, désormais entièrement tourné vers la R&D pour la micro – nanoélectronique, les technologies pour la santé et les nouvelles technologies de l’énergie. Le projet « Passage » permet au centre de se concentrer sur ces activités désormais stratégiques, tout en démontrant la réversibilité des installations nucléaires.

Les opérations d’assainissement-démantèlement nucléaire ont concerné 6 « installations nucléaires de base » (3 réacteurs de recherche, 1 laboratoire, 2 stations de traitement de déchets et d’effluents radioactifs) dont la plus ancienne datait de 1958, et dont la dernière a fonctionné jusqu’en 2003.

Les travaux à proprement parler de démantèlement nucléaire sont terminés depuis fin 2012, conformément au jalon inscrit dans le contrat de performance Etat-CEA.

Les opérations complémentaires, en cours début 2013, consistent en :

– la démolition « conventionnelle » des bâtiments ayant abrité les réacteurs Mélusine et Siloé,
– l’assainissement final du radier du réacteur Siloé,
– l’assainissement final au Lama (Laboratoire d’analyse des matériaux actifs) et à la Sted (Station de traitement des effluents et déchets).

Ces actions seront terminées mi-2013. Les dernières demandes administratives de déclassement seront adressées à l’Autorité de sûreté nucléaire cette année également. Le centre disposera alors de bâtiments industriels ou de terrains qu’il pourra affecter à ses autres activités de recherche.

Focus sur le réacteur expérimental SILOE

SILOE était un réacteur expérimental de type piscine, d’une puissance nominale de 35 Mégawatts, mis en service en 1963 et arrêté en 1997. Son enceinte de confinement était constituée par un hall cylindrique en béton de 27 m de hauteur et de 27 m de diamètre. Le bâtiment désigné P2 regroupait le hall réacteur, le bâtiment bureaux et le bâtiment technique.

Le hall contenait le réacteur proprement dit, le bloc piscine, l’installation d’extraction de puissance, les zones expérimentales et la zone des canaux, la cellule chaude et l’installation d’épuration.

Le réacteur était utilisé dans les domaines suivants :

• la recherche fondamentale sur les structures cristallines, à l’aide de faisceaux de neutrons,
• le soutien scientifique au parc nucléaire français,
• les études de comportement des structures et des combustibles nucléaires du futur,
• la production de radioéléments pour la médecine,
• la production de silicium dopé pour les industries de la microélectronique.

La décision d’arrêter Siloé a été prise dans une logique de réorganisation des activités du CEA par centre. L’arrêt définitif de Siloé est intervenu le23 décembre 1997. Lors des opérations de vidange de la piscine du réacteur Siloé en 2004, une activation du cuvelage et de la cuve de la piscine principale a été mise en évidence.

Le CEA Grenoble a achevé le démantèlement des installations nucléaires

Le CEA Grenoble a achevé le démantèlement des installations nucléaires

Le CEA Grenoble a achevé le démantèlement des installations nucléaires

 

Le réacteur SILOE est entré en phase de démantèlement en janvier 2005 suite à la parution du décret de démantèlement.

La présence d’une activité supérieure à celle estimée initialement, l’évolution de la réglementation (méthodologie de déclassement) et le « retour d’expérience » des travaux sur Mélusine ont conduit aux adaptations suivantes :

• Décuvelage de la piscine principale par téléopération,
• Découpe de la piscine principale,
• Assainissement final, réévaluation des profondeurs de traitement par catégorie de surfaces.

Les travaux se sont terminés à la fin de l’année 2010.

En 2012, l’Autorité de Sureté Nucléaire a prononcé le déclassement du zonage déchets de toute l’INB à l’exception du radier.

Mi-2012, le CEA a pris la décision de démolir le bâtiment pour permettre l’enlèvement du radier. Les travaux de démolition et le traitement du radier s’achèvent au premier semestre 2013.

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7 Commentaires sur "Le CEA Grenoble a achevé le démantèlement des installations nucléaires"

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nrjlibre
Invité
Bonjour Ravi de savoir qu’un démantèlement rapide est possible ! Mais du coup j’aimerais des détails sur ce chantier: Le coût global, la destination des déchets d’une “activité supérieure à celle estimée” comme ils disent, enfin 2 ou 3 petits détails comme ça ! Et comme je suis un peu parano avec le nucléaire, c’est pas envisageable qu’on est voulu faire disparaitre rapidement des traces de problèmes inenvisageables et non dits ? Il me souvient d’un article qui parlait d’un de ces réacteurs suralimenté au mox et qui tournait fort sans que ça se sache ! Non mais ça en… Lire plus »
Loranger2
Invité

Cette première partie d’article est très intéressante. J’attends avec impatience la suite : où sont stockés les déchets, en quelle quantité … pour combien de temps. Et le coût 😉 ! Bref, tout ce qu’il n’y a pas dans un communiquer de presse du CEA

Nicias
Invité

On ne peut pas planter une éoliènne dans le radier plutôt que de le démanteler ?

orsaluna
Invité
Le cout 300 million € les dechets : La production cumulée de déchets de 1998 à la fin du projet se décompose comme suit : Type Conditionnement Quantité Destination Déchets HA (Hautement Actifs) 160 containers 8 tonnes CEA Cadarache – INB 37 CEA Saclay – INB 72 Déchets MA (Moyennement Actifs) 2 220 coques ou caissons 30 tonnes ANDRA /CSA 2 Déchets FA (Faiblement Actifs) 2 250 caissons 2300 fûts compactables 500 tonnes 320 tonnes ANDRA / CSA 3 3700 fûts de déchets incinérables 130 tonnes SOCODEI (Centraco) 3 Déchets TFA (Très Faiblement Actifs) 2 15000 colis environ 25000 tonnes… Lire plus »
Truffe
Invité

C’est bien d’apprendre sur un simulateur, ou de faire des expériences en laboratoire, mais il va bien falloir un jour se confronter à la réalité industrielle, économique, … et même aux aspects encore non maitrisés de la physique. Maintenant, soit on “teste” dans le monde réel (à Fessenheim ?) soit on laisse les problèmes aux générations futures. J’ai bien peur que l’on ne retrouve jamais notre AAA…

Truffe
Invité

La preuve par l’erreur C’est bien d’apprendre sur un simulateur, ou de faire des expériences en laboratoire, mais il va bien falloir un jour se confronter à la réalité industrielle, économique, … et même aux aspects encore non maitrisés de la physique. Maintenant soit on “teste” dans le monde réel (à Fessenheim ?) soit on laisse les problèmes aux générations futures. J’ai bien peur que l’on ne retrouve jamais le AAA.

Catalan
Invité

300 millions pour 35 MW et 12 ans de travaux… pourtant le radier est encore là ! es ce que la note est proportionnelle à la puissance des réacteurs ? @ orsaluna, pourriez vous vous présenter, vosu semblez bien informé, etes vous un responsable du CEA ? ou juste un pékin de passage ? que veut dire INB ? es ce que cadarache ou saclay sont les dépotoirs pour tous les déchets futurs ? etc.. le sujet nous intéresse beaucoup ! merci

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