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Le facteur carbone des électriciens à son plus bas niveau

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Selon l’étude « Facteur Carbone 2011 » menée par PwC et Enerpresse auprès des 18 principaux producteurs d’électricité européens, la production d’électricité en Europe a progressé de près de 5%, alors que la hausse des émissions de CO2 s’est limitée à + 2%, entraînant une baisse du facteur carbone*.

Ainsi, la moyenne européenne du facteur carbone du panel des électriciens européens s’établit pour 2010 à 337,3 kgCO2/MWh, contre 346,3 kgCO2/MWh en 2009 (-3%). Cette tendance baissière, entamée en 2008, fait chuter le facteur carbone à son plus bas niveau depuis 2001.

Croissance et baisse du facteur carbone ne sont plus incompatibles

La hausse de la croissance de 1,7% dans l’Union européenne en 2010, couplée aux conditions météorologiques exigeant une plus forte production d’électricité, a permis aux électriciens de retrouver un niveau de production plus élevé que celui de 2009. La production des 18 sociétés étudiées dans l’étude a ainsi augmenté de près de 5%, soit une hausse de 93 TWh par rapport à 2009.

Dans le même temps, la pression réglementaire est restée forte avec la nouvelle directive 2009/29/CE qui précise les modalités d’applications de la phase III du système EU-ETS et confirme qu’aucun électricien ne bénéficiera de quota gratuit. Cela a incité les acteurs à continuer à développer les énergies renouvelables.

C’est l’une des raisons qui explique la hausse des émissions de CO2 limitée à 2% en 2010 : 717 Mt CO2 ont été émises en 2010, soit 11,5 Mt CO2 de plus qu’en 2009.

D’autant que certains électriciens ont augmenté leur production tout en diminuant leurs émissions de CO2 (EDP, Enel ou Dong par exemple).

Selon Olivier Muller, Directeur Energie et Climat au sein de PwC, « Le fait de cumuler croissance de la production et évolution plus faible des émissions de CO2 s’avère une évolution prometteuse, qui pourrait devenir pérenne dans des environnements économiques stables. »

Electriciens ayant le plus réduit leurs émissions entre 2009 et 2010 :

– Groupe Enel : réduction de 8,9 MtCO2, soit -12%, en relation avec une augmentation de 4% de la part de l’hydraulique (+7,5 TWh), de 3% de la part du nucléaire (+5,4TWh) et une baisse de 4% de la part du charbon (-5,4 TWh) et de 2% de la part du gaz (-3 TWh) par rapport à 2009.

– Groupe EDP : réduction de 5,3 MtCO2, soit -27%. Cette baisse s’explique par la hausse de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique.

– Iberdrola : réduction de 3,2 MtCO2, soit -13%, liée à la hausse de la part de production renouvelable (dont hydraulique) et à la baisse de la production d’origine thermique sur le périmètre Espagne.

Un facteur carbone en baisse constante depuis 2008

Certaines entreprises enregistrent un facteur carbone inférieur au facteur carbone européen en grande partie du fait de leur mix énergétique, qui se compose principalement d’hydraulique et/ou de nucléaire. Ces entreprises sont essentiellement identiques à l’année précédente : Statkraft, Fortum, Verbund, PVO, EDF, Iberdola, Union Fenosa et GDF Suez Europe.

Le facteur carbone des électriciens à son plus bas niveau

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Les 18 sociétés étudiées représentent plus de 50% des émissions du secteur Electricité-Chaleur en Europe (27 pays).

Le facteur carbone des électriciens à son plus bas niveau


La part des énergies renouvelables dans le mix énergétique stagne

En 2010, la production d’électricité en Europe comporte 16,9% d’énergie renouvelable, une proportion quasi stable par rapport à 2009 (16,2%).

La production nette annuelle à partir d’énergies renouvelables a ainsi augmenté de 28 TWh. Sur la même période, la production d’énergies non renouvelables a progressé de 64 TWh.

Malgré la baisse des prix du gaz et le plus faible recours aux capacités hydrauliques pour les pays du nord de l’Europe, le contexte d’incitation européen à travers le marché du carbone semble avoir eu un effet sur les décisions stratégiques des groupes producteurs d’électricité pour mettre en avant les sources renouvelables.

Le Groupe EDF est le principal producteur d’énergie d’origine renouvelable en volume, avec 63,7 TWh produits en 2010.

Le facteur carbone des électriciens à son plus bas niveau
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Thierry Raes, Associé PwC Stratégie et Développement durable, ajoute « Cette année encore, la cause principale de la réduction du facteur carbone reste l’amélioration du facteur carbone des filières non renouvelables. Le recours croissant aux énergies renouvelables ne joue, pour l’instant du moins, que de façon minoritaire. Même si ce n’est pas systématique, le fait d’augmenter la part du nucléaire, de substituer le gaz au charbon ou d’améliorer l’efficacité énergétique permet de diminuer le facteur carbone. »

*Le facteur carbone (exprimé en kg CO2/MWh) peut être défini comme le rapport entre les émissions de CO2 générées et la production d’électricité correspondante.


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    6 Commentaires sur "Le facteur carbone des électriciens à son plus bas niveau"

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    xpair
    Invité

    On se félicite d’une hause de 2% des rejets de CO2…tout est dit.

    Teredral
    Invité

    Que ceux qui prennent toujours en exemple le modèle allemand comparent les émissions des deux opérateurs cités dans le tableau : 715 kgCO2/MWh pour RWE contre 133 pour EDF. Même si le premier affiche 10% de réduction, il faudra quelques années pour rattraper le second, à moins évidemment que la France imite l’Allemagne en remplaçant le nucléaire par du fossile. Autre vérité rétablie dans cette brève : le groupe EDF est le principal producteur d’énergie renouvelable en volume.

    En colere
    Invité

    le PV, l’eolien a une emprunte de moins de 50gr, POurquoi s’obstiner avec le nucleaire, le gaz et le charbon. Le CO2 ne devrait pas augmenter. Il faut que cela baisse

    En colere
    Invité
    EDF produit peut etre des ENR en France, mais ils s’obstinent à tuer le PV en France et maintenant en Angleterre.. alors allez comprendre, c’est pour noyer le poisson, gagner de l’argent de NOS factures electriques, et surtout s’assurer que des foyers ne puissent pas a terme devenir independants Et il faudrait bien faire payer à EDF le risque qu’ils nous font prendre avec le nucleaire, ce qui est une subvention ENORME… En tout cas, ce qui est sur est que nous allons payer pour les demantellements des centrales. TEPCO pense 30 ans… C’est une sousestimation. Et 133gr, c’est encore… Lire plus »
    Dan1
    Invité

    330 g de CO2 c’est trop… pourquoi s’obstiner avec le nucléaire ? Ben parce que en Europe sans le nucléaire ce serait nettement pire… aujourd’hui et demain. Le nucléaire c’est 30% de l’électricité de l’Europe à 27 (environ 900 TWh). Pour EDF, il ne faut pas faire d’amalgame, ce n’est pas le nucléaire qui fait les 133 grammes du groupe EDF (et non EDF France qui est à moitié… grace au nucléaire). Vous êtes en colère probablement parce qu’on a pas fait assez de nucléaire en Europe pour contrer le fossile.

    Max76
    Invité
    J’aime bien tes propos pro PV. Pour toi le PV et l’éolien va tout résoudre et si il y a plus de CO2 c’est à cause du Nucléaire. Mais arrêtez vous les pro ENR de désinformer comme ça le publique. Vous êtes même pas crédible et les gens vont finir par ouvrire les yeux et par rejeter vos propos. C’est justement en faisant 100% de ENR que les rejets de CO2 vont augumenter. Comment produire du courant la nuit, un jour où il y a pas de vent ? C’est simple 100% thermique et des tonnes de CO2. La sollution… Lire plus »
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