Le facteur carbone des électriciens européens diminue

A quelques jours de l’ouverture de la conférence internationale de Cancun sur le climat (29 novembre-10 décembre), PwC et Enerpresse révèlent les résultats de l’étude Facteur Carbone 2010 qui dresse depuis neuf ans un benchmark des émissions de CO2 des principaux électriciens européens.

L’année 2009 a été l’année de la crise de la demande. Sous l’effet de la crise économique, perceptible notamment dans l’industrie, la production électrique des 18 sociétés considérées a diminué de près de 6% soit une baisse de 126 TWh par rapport à leur production en 2008.

Suivant la même tendance, mais accentuée, les émissions associées chutent de plus de 8 points : 705 Mt CO2 ont été émises en 2009, soit 64 Mt CO2 de moins qu’en 2008. Cette baisse plus significative enregistrée pour les émissions de CO2 se traduit ainsi par une diminution du facteur carbone européen : il atteint 346 kg CO2/MWh en 2009, soit une diminution de près de 10 kg CO2/MWh par rapport à l’année 2008 (-2,7%). L’évolution du mix énergétique des électriciens vers une représentation plus forte des énergies renouvelables constitue l’un des facteurs notables de cette baisse.

La baisse du facteur carbone européen en 2009 continue sur sa lancée, initiée en 2008. Une tendance se dessine puisque pour la première fois depuis le lancement de l’étude en 2001, deux années consécutives présentent la même évolution. Le facteur carbone tombe à son niveau le plus bas depuis 2001. Ceci s’explique principalement par l’évolution simultanée du mix électrique de plusieurs électriciens européens, qui ont diminué cette année le recours au charbon au profit du gaz naturel et des énergies renouvelables, nettement moins émettrices en CO2.

Doit-on deviner en cette baisse du facteur carbone une tendance de fond ? Le développement des énergies renouvelables anticipé par les experts suffirait-il à infléchir durablement le facteur carbone européen ? La réponse apparaitra dans le suivi régulier de l’évolution du facteur carbone à court et moyen termes.


Les 18 sociétés étudiées représentent plus de 50 % des émissions du secteur Electricité-Chaleur en Europe (27 pays).

Le facteur carbone des électriciens européens diminue
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La plus forte progression d’émissions de 2008 à 2009 :


Union Fenosa
: progression de 2,2 MtCO2, soit +31%, due à une augmentation de la production d’électricité de 57% (10 TWh supplémentaire)

Les fortes réductions d’émissions de 2008 à 2009 :


Groupe EDF
: réduction de 15,7 MtCO2, soit -15% Cette baisse s’explique par la baisse de la production d’électricité (-7%) couplée à une amélioration du facteur carbone (–8%).

Groupe E.ON
: réduction de 15,3 MtCO2, soit -15% directement liée à la baisse de la production.

Groupe RWE : réduction de 10,7 MtCO2, soit -7%, en relation avec la baisse prononcée de la production (-12%) et un recours à une énergie plus carbonée (+5% du facteur carbone).

Pour Olivier Muller, directeur chez PwC, expert du changement climatique « Le facteur carbone de notre panel diminue pour la deuxième année consécutive. Cette baisse est liée aux arbitrages charbon-gaz, déjà enregistrés les années précédentes, mais aussi par une augmentation de la production d’électricité d’origine renouvelable ».

Quelle place pour l’électricité d’origine renouvelable dans l’Europe de demain ?

De 2008 à 2009, la part des énergies renouvelables dans le mix électrique du panel des 18 sociétés a progressé de 15,7 à 17,8%. La production nette annuelle à partir d’énergies renouvelables a ainsi augmenté de 23 TWh, principalement grâce aux mises en service de nouvelles installations éoliennes. Sur la même période, la production d’énergies non renouvelables a diminué de 148 TWh.

L’analyse de PwC du mix électrique des grands électriciens européens révèle que les énergies renouvelables ont contribué à la diminution du facteur carbone en 2009. Les énergies renouvelables sont en train de s’imposer comme un relais de décroissance du facteur carbone de l’électricité européenne. L’éolien et le photovoltaïque ont représenté en 2009 deux des principales sources d’énergie utilisées pour l’installation de nouvelles capacités de production électrique en Europe. En l’espace de deux ans, la France a vu son parc éolien progresser de 85 % et le recours à l’énergie photovoltaïque multiplié par sept.

Pour Thierry Raes, associé de PwC, responsable de l’activité développement durable : “La part des energies renouvelable dans le mix des électriciens de notre panel a augmenté de deux points entre 2008 et 2009. Les premières informations pour 2010 semblent confirmer cette tendance. C’est heureux pour l’Europe à l’heure où des pays comme la Chine font des efforts considérables pour prendre place sur ce marché".

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7 Commentaires sur "Le facteur carbone des électriciens européens diminue"

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lion
Invité

Souvent critiqué, EDf affiche tout de même un résulat supérieur à celui des grands électriciens de l’UE alors qu’elle a une marge de manoeuvre carbone beaucoup plus faible compte tenu du bouquet de son appareil productif

Xinou
Invité

C’est normal lion, la part d’énérgie d’origine fossile est plus faible, si EDF concentre la réduction sur ce type de production, ca n’en aura qu’un effet plus important. ( d’autant plus que les centrales nucleaires sont beaucoup moins flexibles ) A voir si ses réductions continuent toujours malgrès la sortie de crises, ce qui serait à saluer.

christian
Invité

Cher Lion et Xinou, Vous raisonnez comme si EDF était strictement français, or 51% de son chiffre d’affaire est désormais réalisé à l’étranger ! Il a donc comme pour tout autre groupe des marges de progression (ceci dit sans vouloir minimiser les mérites d’EDF)

Dan1
Invité

“Groupe EDF : réduction de 15,7 MtCO2, soit -15% Cette baisse s’explique par la baisse de la production d’électricité (-7%) couplée à une amélioration du facteur carbone (–8%).” En effet, EDF France ne peut pas baisser ses émissions de CO2 de 15,7 millions de tonnes… puisqu’elle ne les émets pas ! En 2009, EDF-France a émis seulement 14,9 MT de CO2.

Dan1
Invité

A force de baisser, le facteur carbone européen va mettre en difficulté les “faiseurs de slogan”. Avec 346 kg CO2/MWh en 2009, il va devenir de plus en plus difficile de dire que les EnR font épargner XX millions de tonnes de CO2. Il va falloir être vigilant sur les “économies de CO2” que l’on nous vend.

Sicetaitsimple
Invité

Ce qui est sûr, c’est que pour ce qui concerne la France, l’effet “moins de CO2” du développement des renovelables ( dans le secteur electrique) est quand même très limté.

Sicetaitsimple
Invité

Ce qui est sûr, c’est que pour ce qui concerne la France, l’effet “moins de CO2” du développement des renovelables ( dans le secteur electrique) est quand même très limté.

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