Le magnésium raffiné, un vecteur d’énergie inexploité

Le magnésium est le troisième métal derrière l’aluminium et le fer. C’est aussi le troisième composant des sels dissous dans l’eau de mer. Les océans en contiennent environ 1800 milliards de tonnes, qui, une fois raffinés pourraient satisfaire les besoins énergétiques mondiaux pour les 300.000 prochaines années.

Mais cet élément alcalino-terreux n’a jamais été considéré comme un vecteur d’énergie viable, car le raffiner réclame des températures élevées pouvant atteindre les 4000 ° C et nécessite en conséquence beaucoup de ressources.

Mais cela pourrait bientôt changer avec la méthode de raffinage inventée par Takashi Yabe et son équipe du Tokyo Institute of Technology (TIT).

Le processus commence par l’extraction du chlorure de magnésium à partir d’eau de mer en utilisant une technique d’évaporation spécialement dédiée. Après que le chlorure de magnésium ait été transformé en oxyde de magnésium, les chercheurs utilisent un système de lentilles de Fresnel  (4 m2) de manière à concentrer la lumière du soleil sur un laser compact dont les faisceaux seront dirigés sur des fibres microscopiques. Ces fibres vont aider la lumière – et la chaleur – à se focaliser sur les particules d’oxyde de magnésium à l’intérieur d’une chambre à vide. Le résultat constitue un magnésium raffiné.

Dans la seconde partie du processus, les chercheurs ont développé un moteur à combustion de magnésium qui s’occupe de mélanger les granules de magnésium obtenus précédemment avec de l’eau, afin de créer à la fois de l’énergie thermique (chaleur) et de l’hydrogène. Les seuls sous-produits générés sont l’eau et l’oxyde de magnésium, qui peuvent être décomposés à nouveau par le laser solaire de Yabe.

Les batteries de magnésium seraient sept fois plus puissantes que les batteries lithium-ion utilisées actuellement par les véhicules électriques. "Si nous pouvons remplacer la combustion d’énergie avec notre cycle, il n’y aura pas d’émission de CO2», explique pour finir Yabe.

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10 Commentaires sur "Le magnésium raffiné, un vecteur d’énergie inexploité"

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marcob12
Invité

Le plus intéressant est le procédé d’obtention du magnésium. En effet, si le coût d’obtention du Mg est faible alors on a un producteur de H2 très intéressant (il libère H2 en s’oxydant en présence d’eau). Par contre pour les batteries, une batterie Mg-air avec son potentiel théorique de stockage de 6,8 kwh/kg est bien plus enthousiasmante (si Mg est à coût faible). A surveiller pour voir si le procédé peut être industrialisé (l’histoire de la chambre à vide est peu engageante) et surtout le coût réel du Mg ainsi obtenu. A aucun moment on ne parle de rendements…

Nature
Invité

Ce sujet est  abordé  page  72 du N° de TIME daté du  5 oct. faut-il y voir l’indice de son actualité et de son importance?

Lord predator
Invité

Alors je constate la ressource en magnésium, j’en déduit les potentialités (n’oublions pas également les milliards de tonne d’uranium, de fer, de lithium et autre contenu dans les océans, l’or bleu 😉 ) mais je voit pas comment on l’utilise ?? on parle de dégagement de chaleur, donc moteur a explosion ?? on parle d’hydrogéne produit donc Pile a Combustible ?? ou on parle encore de batterie, donc véhicule hybride et éléctrique ?? J’ai du mal a discerner l’utilisation de l’exploitation du magnésium, si quelqu’un pouvait éclaircir ce zeste d’obcurité 🙂 Amicalement,

Lord predator
Invité

J’oubliais, on parle de vecteur ou de source d’énergie ?? Attention a ne pas confondre les 2, si on parle batterie, on parle vecteur, mais selon l’article, “le magnésium pourrait satisfaire les besoins mondiaux pour les 300 000 prochaines années” on parle de source d’énergie … de plus, les hydrates de méthane sont une source d’énergie bien plus “facilement” exploitable qu’extraire le magnésium de l’eau de mer.

marcarmand
Invité
Si j’ai bien compris, le Mg peut être utilisé de 2 façons: 1. comme réservoir à hydrogène. Il suffit de le mettre dans l’eau, il s’oxyde en libérant de l’hydrogène. Une fois le Mg oxydé, il n’y a plus qu’à le réduire, au prix d’un apport d’énergie, solaire par exemple. 2. Comme électrode de batterie, à la place du lithium. La densité de stockage est moins bonne qu’avec le lithium, mais ça coûte moins cher, et c’est inépuisable. Dans ce cas, le Mg se régénère en rechargeant la batterie. Ca semble une piste très intéressante. C’est étonnant qu’on ne l’ait… Lire plus »
abkhe
Invité
Au fait tout est une question de rendements. Si l´extraction , la production et le transport du magnesium necessite plus d´energie  qu´il n´en contient il est don considere comme VECTEUR D´ENERGIE . Par contre si il s´avere qu´une methode permette de diminuer l´energie necessaire a une eventuel filiere du magnesium a un tel point que le magnesium “donne” plus d´energie qu´il n´en a fallu a sa production il devien comme SOURCE D´ENERGIE le meme raisonnement se fait deja pour le petrole . Les puit de petrole ne sont exploite qu´a 40 maximum 50% au debut la pression naturelle est si… Lire plus »
marcarmand
Invité

Le Mg ne peut évidemment pas être une source d’énergie, puisque dans la nature, il est toujours à l’état oxydé. Pour être un vecteur d’énergie, il faudrait qu’on puisse le réduire facilement à l’état métal. Je doute qu’un procédé utilisant un laser soit rentable, car le rendement (conversion énergie –> lumière) d’un laser est très faible. Dans une batterie utilisant le Mg comme électrode, le problème est surtout la densité d’énergie stockable par rapport au maximum théorique de 6.7 kWh/kg

Lord predator
Invité
Salut, Heu j’ignore si t’es définition de vecteur énergétique et source d’énergie sont bien pertinente, une source d’énergie est une ressource que l’on trouve dans la nature et qui peut être utilisé tel qu’elle (avec le matériel adapté) un vecteur énergétique doit être transformer a partir de ressource non utilisable de prime abord comme source d’énergie, cet transformation demandant de l’énergie, c’est pourquoi le vecteur est plus ce qui permet de stocker ou transporter des sources d’énergie. A partir du moment ou un vecteur requierent plus d’énergie pour le produire qu’il en restitue il est hors compétition (pure perte énergétique)… Lire plus »
Fredjke
Invité

Euh … Il faut quand même nuancer : un vecteur d’énergie peut avoir un rendement négatif juste pour avoir le “plaisir” de disposer d’une énergie différente à un autre endroit. Si le laser alimenté a soleil permet aux voitures de circuler la nuit en brûlant du magnésium recyclable, on peut dire que la voiture roule à l’énergie solaire la nuit. Avec un rendement faible peut-être mais sans énergies fossiles. Reste à voir le problème du recyclage complet, les sous-produits de fabrication du système, … Une piste intéressante en tous cas.    

Cq-n-fd
Invité
Ce Qu’il Ne Faut Dire La production mondiale de Mg est environ de 600.000 t /an. On n’a pas attendu d’avoir des lentilles de Fresnel, des lasers au soleil (?)… pour atteindre 4000°C… et casser l’oxyde MgO. Tout simplement pour obtenir du Mg au prix de 2 € le kilo (voisin du côut de l”aluminium), les chinois utilisent le charbon (11.5 t de charbon) et à relativement basse température il réduise les minéraux oxydes, pour obtenir 1 t de Mg. Aïe Aïe le nuages de CO2. Les “occidentaux” utilisaient un procédé beaucoup plus efficace et plus propre d’extraction par électrolyses… Lire plus »
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