Le Mans Métropole : « Vers une nouvelle économie des eaux usées »

Le Mans Métropole et Veolia ont organisé le 5 octobre dernier le colloque international « Vers une nouvelle économie des eaux usées » sur le thème de l’économie circulaire et de la transition énergétique.

L’événement a réuni près de 200 personnes au Palais des congrès du Mans. Parmi les intervenants, étaient présents : la Ville de Braunschweig (Allemagne), le groupe industriel agroalimentaire LDC, la communauté d’agglomération Var Esterel Méditerranée et la communauté urbaine d’Arras.

Les start-ups finalistes du challenge Water Resourcer Challenge y ont présenté leurs projets en présence de Stéphane Le Foll, maire du Mans et président de Le Mans Métropole, et de Frédéric Van Heems, directeur général de l’activité Eau de Veolia en France.

Enjeu majeur de l’économie des ressources, Veolia et Le Mans Métropole ont organisé un challenge innovation rassemblant des start—ups inventives et un colloque réunissant des acteurs et experts de niveau mondial.

Ce partenariat privé/public a pour objectif d’avancer ensemble et d’unir nos forces pour créer des villes plus résilientes, qui privilégient les énergies renouvelables et l’économie circulaire, en améliorant leur compétitivité et le bien-être de leurs habitants.

Le Mans Métropole s’est ainsi doté d’une station d’épuration comprenant une unité de méthanisation qui produira du biogaz à partir des boues d’épuration de la station de La Chauvinière. Cette unité fournira une quantité de biogaz équivalente à celle consommée par les bus de la métropole.

Cette production d’énergie verte est aussi un projet social avec une équipe de proximité, une valorisation du territoire et une contribution à l’éducation éco—citoyenne sur le site.

Pour Stéphane Le Foll, maire du Mans et président de Le Mans Métropole : « Avec le changement climatique, l’enjeu de la ressource est un défi colossal. Nous avons une collaboration solide avec Veolia et poursuivons les mêmes objectifs d’économie de valorisation. La méthanisation à partir des eaux usées ajoute à la dépollution – l’écologie d’hier— les dimensions économique, écologique et sociale de l’écologie d’aujourd’hui à laquelle nous sommes attachés à Le Mans Métropole… Et le Water Resourcer Challenge nous montre que des jeunes s’engagent, qu’ils ont envie de trouver des solutions et de participer à ce débat. »

« Chaque année à partir du mois d’août, l’humanité vit à crédit car elle a consommé toutes les ressources naturelles que la planète peut produire en une année…on est en train de détruire le potentiel des générations futures : nous devons réagir à tout ça et trouver de nouvelles solutions. Les eaux usées ne le sont que si on ne s’en sert pas : la réutilisation des eaux usées traitées de Le Mans Métropole s’inscrit dans une nouvelle économie circulaire et une meilleure valorisation des déchets de la station d’épuration de la Chauvinière », a expliqué Frédéric Van Heems, directeur général de l’activité Eau de Veolia en France.

« Fin 2014, il y avait 6 unités biométhane en France, aujourd’hui 55 injectent du biométhane dans le réseau. En effet, Ie biométhane permet d’agir en faveur de la transition énergétique avec une énergie renouvelable, une réduction des volumes de déchets, une création d’emplois locaux, et une baisse du coût du traitement des boues. », a précisé Magalie Seron, directrice territoire de GRDF sur la Sarthe, la Mayenne et le Maine-et-Loire, en charge de promouvoir les nouveaux usages du gaz et le biométhane.

DES RETOURS D’EXPÉRIENCE INSPIRANTS

BIOGAZ

Saint Raphaël a choisi de valoriser les boues de ses stations d’épuration. Chaque année la station d‘épuration du Reyran traite 10 millions de m3 d’eaux usées. Après les phases de décantation et de déshydratation, 10 000 tonnes de boues sont générées et acheminées en centre de compostage. Le traitement sur place d’une partie de ces boues permettra de réaliser des économies sur le transport et réduire le bilan carbone de la station tout en produisant une source d’énergie valorisable : le biogaz.

Une partie de ce gaz sera vendu à GRDF, l’autre partie sera utilisée par la station pour couvrir 50 % de sa consommation. Ce dispositif permettra de réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre de la station.

TRANSFORMER LES EAUX USÉES EN ÉNERGIE

A Arras, pour chauffer les bassins du complexe Aquarena (construit en 2012), un procédé ingénieux a été développé : il consiste à récupérer les calories présentes dans les eaux usées de la communauté urbaine.

Développée par Veolia, la solution utilisée s’appelle Energido. Son fonctionnement est plutôt simple. Une partie des eaux usées de la communauté urbaine d’Arras sont dérivées vers un échangeur thermique. Ce système permet de transférer la chaleur d’un fluide vers un autre sans le mélanger. Ce second fluide, appelé caloporteur, transporte les calories qu’il a récupérées vers une pompe à chaleur, qui chauffe l’eau des bassins d’Aquarena.
Au total, 75 % des besoins annuels en énergie d’Aquarena sont couverts, ce qui évite de recourir à une énergie fossile telle que le gaz. La mise en place du système Energido permet une réduction annuelle des émissions de gaz à effet de serre de 60 %, ou l’équivalent de 280 tonnes de C02.

PRODUIRE DE L’ÉLECTRICITÉ À PARTIR DES DÉCHETS

Le Groupe industriel agroalimentaire LDC était également présent pour parler de son investissement depuis de nombreuses années sur les sujets d’économie circulaire au travers de la mise en oeuvre de nouvelles technologies tout au long de ses processus industriels.

Par exemple, le groupe s’est équipé d’une unité de cogénération sur son site de Sablé—sur—Sarthe (72) afin de produire de l‘électricité à partir de ses déchets. Cette installation permet de valoriser le biogaz généré dans un digesteur préexistant avec une production d‘électricité évaluée a 2 millions de kWh par an, soit la consommation de 400 foyers.

L’EXEMPLE DE L’ALLEMAGNE

La transition énergétique est très ancrée dans la culture et dans la société allemande. Depuis plus d’une dizaine d’années déjà c’est une préoccupation nationale. Le prix de l’électricité est l’un des plus élevés d’Europe avec le Danemark. Les 80 millions d’habitants participent à l’effort pour le développement durable à travers une taxe qui est présente sur la facture d’électricité. En effet, économiser l’énergie et la produire de manière renouvelable sont des priorités.

Ainsi, l’usine de Braunschweig est 100 % autonome en énergie grâce aux boues d’épuration. Traitement biologique des eaux usées, digestion thermophile des boues et codigestion avec des déchets organiques, cogénération et récupération du biogaz ont permis l’autonomie énergétique du site : un vrai modèle de « STEP du futur ».

Le WATER RESOURCER CHALLENGEA DISTINGUÉ 5 STARTUPS

Plus de 40 startups ont participé au challenge d’open innovation écologique sur le thème de la nouvelle économie des eaux usées. Elles étaient attendues sur 4 problématiques : l’engagement du consommateur à travers de nouveaux services innovants, la transformation des eaux usées en ressources, les réseaux, et la station d’épuration du futur.

Parmi elles, des startups venues du Brésil, de Côte d’Ivoire, de Russie et d’Inde. Le Mans Métropole et Veolia ont distingué 5 dossiers finalistes sur trois critères : la pertinence, la faisabilité et l’offre différenciante.

F-REG (1er prix) régule les eaux pluviales avec des vannes autonomes, contre les inondations en zone urbaine, et par stockage dans des conduites surdimensionnées.

HYDROXITY (2ème prix et Prix du Public) installe des hydroliennes hydroélectriques qui convertissent en électricité les eaux usées et pluviales pour le réseau ou pour alimenter l’éclairage public.

PIIPEE (3ème prix) : cette startup brésilienne supprime l’usage de la chasse d’eau après avoir uriné avec un composé d’extraits naturels et de produits chimiques renouvelables. Un litre de produit correspond à 1000 chasses d’eau.

TERGYS
propose des solutions de traitement des eaux usées à partir d’énergie renouvelable. Il s’agit de systèmes conteneurisés modulables, type Plug & Play, utilisant les technologies UF (ultra filtration), osmose inverse, photovoltaïque, éolien, houlomoteur, micro méthanisation, stockage sur batteries Li—lon NIVIC.

ETHIC ENVIRONNEMENT
propose un prototype de biotechnologie, 100% écologique, qui permet d’extraire des éléments des eaux usées avec des micro-organismes non OGM, non pathogènes et sans risque pour l’environnement et les organismes vivants.

Parmi ces 5 start—up, la gagnante F—Reg a remporté 7000 euros, un mentorat personnalisé par les équipes techniques de Veolia, une mise à disposition des locaux de Veolia et un accès à la STEP du Mans pour tester leur solution.

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