Le nucléaire divise la coalition allemande

La ministre allemande de la Recherche souhaite que son pays revienne sur sa décision de sortir du nucléaire. Une position qui ne fait pas l’unanimité au sein de la coalition gouvernementale.

Dimanche dans le journal Bild am Sonntag, la ministre allemande de la Recherche, Annette Schavan, a appelé à ce que l’Allemagne renonce à sortir du nucléaire. "Nous devons sortir de la décision de sortir" du nucléaire, a-t-elle déclaré. En effet, pour la ministre, le nucléaire permettrait à l’Allemagne de mieux "contribuer à l’effort mondial de protection du climat et à la fourniture d’énergie durable".(…)

Mais le chef du groupe socio-démocrate (SPD) au Bundestag, Peter Struck, ne partage pas l’avis de sa ministre. Pour lui, la question des déchets radioactifs reste trop préoccupante pour que l’énergie nucléaire soit considérée comme une solution aux problèmes environnementaux. Il juge que reprendre la construction de centrales serait "irresponsable tant que la question de l’élimination des déchets hautement radioactive ne serait pas réglée".

L’ancien gouvernement, dirigé par Gerhard Schröder (centre-gauche), s’était engagé à fermer les 17 centrales nucléaires allemandes d’ici 2021. Une décision que de plus en plus d’allemands contestent aujourd’hui, au vu de la question du réchauffement climatique. La Chancelière Angela Merkel, semble elle même favorable à un retour en grâce de l’énergie nucléaire, mais son gouvernement ne peut pas prendre de décision en ce sens. En effet, la question est sensible au sein de la très large coalition au pouvoir.

Si la CDU, parti chrétien démocrate de la chancelière et de la ministre de la Recherche est plutôt pro-nucléaire, la gauche demeure majoritairement favorable à l’abandon de l’énergie atomique. Les déclarations de madame Schavan risquent donc d’être dangereuses pour la stabilité de la coalition.

L’année prochaine lors des prochaines élections, la question du recours à l’énergie atomique pourrait sonner le glas de l’alliance qui a porté Angela Merkel au pouvoir. D’ailleurs, M. Struck met au défi la chancelière de poser la question aux électeurs. Si elle veut faire du nucléaire une question électorale, je lui dis: ‘Allez-y !’ Les gens sont conscients de leur responsabilité envers leurs enfants et petits-enfants", déclare le socio-démocrate.

Aujourd’hui encore, une majorité d’allemands reste opposée au nucléaire, mais cette proportion diminue année après année.

T.D.

[Brève publiée sur le Site Fenêtre sur l’Europe, sous licence Creative Commons]

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24 Commentaires sur "Le nucléaire divise la coalition allemande"

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Dan1
Invité
Les Allemands avaient l’immense avantage d’avoir du charbon (lignite) en quantité sur leur territoire, cela les a bien servi au 20ième siècle pour assurer leur prospérité. Ils pouvaient même se payer le luxe de sortir du nucléaire en continuant à produire de l’électricité san trop faire appel au pétrole.L’ennui, c’est le réchauffement climatique.Ils se sont lancé, la fleur au fusil, dans la sortie du nucléaire sans avoir validé les solutions de rechange :Bilan, ils ont toujours des centrales nucléaires pour 25 % de la production, mais n’en tirent pas le meilleur bénéfice et s’ils ne font rien pour “décarboné” leur… Lire plus »
Guydegif(91)
Invité
La ministre de la Recherche A.Schavan, la Dirigeante suprême A.Merkel , ainsi que bien d’autres au gouvernement ainsi que dans la population sont conscients que la ”Relève Plus Propre en Quantité requise” du Nucléiare n’est pas dispo à ce jour et ne le sera sans doute pas avant 2020… Donc à choisir le moindre mal, contrôlé,… OUi aux économies d’énergie partout et par tous les moyens: remplacement rationnel des lampes à incandescence et autres remplacements judicieux identifiés, Oui ! Oui ! OUi ! Oui au ”Bouquet de Solutions EnR et DD !” à explorer résolument ! Oui ! Oui !, mais…faut qd même… Lire plus »
Andre
Invité

Pour qui veut bien se donner la peine de consulter les documents concernant les déchets radioactifs (voir par exemple le site “laradioactivité.com” ) s’apercevra que le problème n’est pas technique mais relève simplement de l’acceptabilité par la Société. Pendant trop longtemps, les antinucléaires ont été la référence médiatique. Il est peut-être temps effectivement de passer au…. réalisme.

Dan1
Invité
D’accord avec Guy et André sur l’urgence du réalisme. Ceci dit, il ne faudrait non plus retomber dans les travers de l’écologie extrémiste et médiatique.Le nucléaire n’est relativement “propre” qu’en fonctionnement, mais il y a évidemment l’amont et l’aval comme pour toutes les flilières énergétiques. Il faut donc comparer soigneusement les avantages et les inconvénients de chaque moyen de production sans a priori. Le nucléaire ne manque pas d’atouts, mais le problème des déchets, même s’il est effectivement largement maîtrisable et maîtrisé doit être examiné de près. De même, le démantèlement, objet d’une consultation de l’ASN, doit être maîtrisé et… Lire plus »
stef
Invité
A vous entendre le nucléaire est la solution au dérèglement climatique. Il faudrait peut être regarder les scénarios énergétiques mondiaux, le dérèglement climatique étant un problème mondial. Aujourd’hui le nucléaire représente 3% de la consommation d’énergie finale. Autant dire rien du tout par rapport au défi climatique.Si vous voulez que le nucléaire soit véritablement une option, il faudrait multiplier le nombre de centrales par au moins 10 ! Irréalisable à court terme…. Trop de pays sont beaucoup trop instables pour cette technologie, sans parler de la pénurie de production d’uranium.André, j’ai jamais lu ou entendu un pronucléaire d’aussi mauvaise foi….… Lire plus »
Dan1
Invité
Si le nucléaire participe si peu (tout de même 17 % de l”énergie électrique mondiale) effectivement n’en parlons plus et rouvrons les mines de charbon, c’est pas quelques centaines de millions de tonnes de CO2 de plus par an qui vont changer grand chose, et au moins on aura la paix avec Greenpeace !Les polonais et les australiens n’ont strictement  rien à changer, en revanche les allemands ont encore des efforts à faire, il reste 25 % de nucléaire (150 TWh) à convertir au charbon ce qui ne ferait que 150 millions de tonnes de CO2 par an. Pour les français,… Lire plus »
stef
Invité
Je n’ai jamais prétendu qu’il fallait remplacer la consommation nucléaire actuelle par du fossile… Loin de moi cette idée. La priorité est de réduire nos consommations d’énergie (et pas seulement d’électricité). Donc si il faut continuer à “seriner” les gens avec les lampes basse consommation, d’une part, mais bien d’autres choses encore…Et plutôt que d’investir 3 milliars d’euros dans un EPR on ferait mieux de les investir dans les ENR : autant d’énergie mais bien plus d’emplois (non délocalisables, utile par les temps qui courent) à la clé (voir par exemple l’étude menée par les 7 vents du cotentin sur… Lire plus »
Dan1
Invité
On revient aux nombreux débat animés où l’on oppose nucléaire et EnR. Voir de nombreux articles Enerzine.Le problème est qu’actuellement, le nucléaire est un moyen de production de masse en base qui ne peut, dans les grands pays comme l’Allemagne, la France et autres, se voir opposer quasiment que des centrales thermiques à flamme (charbon, gaz, fuel). Le hic est là, on peut tourner le problème dans tous les sens, les EnR sont toujours minoritaires et de loin. Même les pays pionniers comme le Danemark, n’ont pas trouvé “LA SOLUTION”.Conclusion : nous sommes d’accord sur le développement des EnR et sur les… Lire plus »
Prudent
Invité

L’étude des 7 vents du Cotentin se trouve ici : ;(résumé) et ici : ;(étude complète) et s’intitule “Un courant alternatif pour le Grand Ouest. Quelles alternatives au réacteur EPR ? Une réponse intelligente, une étude sérieuse qui développe l’économie et l’emploi de la région.

stef
Invité
Je n’ai jamais dis que seulement en investissant 3 milliards d’euros dans les EnR on avait LA solution. Par contre, en arrêtant d’investir dans le nucléaire (y compris dans la recherche nucléaire, qui bouffe quand même 450 millions d’euros par an, à comparer avec les 50 à 80 millions dans la recherche dans les EnR…), en investissement massivement dans la maitrise de l’énergie et les EnR, et en mettant en place des politiques ambitieuses, on peut ptetre avoir la solution… Mais pour l’instant on en est loin.Effectivement il faut des scénarios énergétiques chiffrés, à l’instar de Negawatt. C’est bien comme… Lire plus »
Dan1
Invité
Si vous arrêtez les investissements dans le nucléaire, vous commettez la même erreur que les allemands, car vous ne possédez pas la solution de remplacement “décarbonée”.Investir dans les EnR doit être fait, mais ne prenons pas nos désirs pour des réalités, à terme de 2030, les EnR ne ferons pas la majorité de l’énergie consommée dans les grands pays industrialisés et pas souvent dans les petit pays (même le Danemark est essentiellement fossile… est-ce faute de volonté et d’investissement). Reste la solution d’aller vivre en Islande ou en Norvège, où là, je vous l’accorde produire de l’électricité avec des centrales… Lire plus »
stef
Invité
Pour répondre à votre question des moyens de production, comme je vous l’ai déjà dit, je me base sur le scénario Negawatt (qui à mon sens est le plus abouti des scénarios énergétiques). Dans ce scénario ils indiquent bien pour chaque type d’énergie le nombre de TWh produits (cela ne me semble pas forcément utile de les recopier tous ici, il suffit de lire le scénario, téléchargeable sur le site http://www.negawatt.org).Avec ce scénario on arrive bien à un facteur 4 d’ici 2050, tous type d’énergie confondus. Ce qui reste l’objectif pour combattre le dérèglement climatique.Bien sur, ce scénario n’est pas… Lire plus »
stef
Invité

J’ajoute également qu’investir massivement dans les EnR plutôt que dans le nucléaire permet par la suite, par la baisse des coûts, d’apporter des solutions en pays en voie de développement, qui eux ne risquent pas d’investir dans le nucléaire, et donc ont le choix entre le pétrôle et pas grand chose…

Dan1
Invité
Pour le scénario Négawatt, j’ai déjà répondu dans l’article “Consultation publique pour un parc éolien en Aveyron” publié le 22 avril 2008. N’oubliez pas qu’avant 2050 dans Negawatt, il y a 2030.  Pour les pays en voie de développement, il y a un fossé énorme entre les bonnes intentions et les actes.Si c’était simple, nous n’installerions pas massivement les panneaux photovoltaïque en Allemagne !Pas d’argent, pas de garantie de stabilité pour les investisseurs = pas d’EnR !En Afrique, ce ne sont pas les besoins qui manquent et les lignes haute tension qui bloquent l’électrification décentralisée. N’oublions pas l’effondrement des subventions françaises et… Lire plus »
Solar pv philip
Invité

en créant un marché comme l’a fait l’allemagne à travers des subventions, elle a ouvert la voie de l’industrialisation et de l’installation et donc permi des économies d’échelles et , ne l’oublions pas, toutes les entreprises à long terme investissent massivement dans la recherche (q-cells et compagnie…)  donc finalement la baisse des coûts se fait sur les deux fronts et réponds aux objectifs souhaités par tous : une énergie solaire propre et compétitive !

stef
Invité
Dan, tu penses que le scénario Negawatt “est beaucoup trop orienté vers un seul but : réduire la consommation d’électricité pour justifier la sortie du nucléaire.” C’est mal connaître les membres de Negawatt. Ce sont avant tout des professionnels des EnR et de la MDE (des références nationales d’ailleurs, il n’y a qu’à voir le nombre de fois où en retrouve dans des congrès, colloques, conférences, formations, …). Et leur but premier n’est pas du tout de sortir du nucléaire mais bien de proposer un scénario facteur 4. Que tu trouves dommage qu’on n’investisse plus dans le nucléaire, parce que… Lire plus »
Dan1
Invité
Je constate simplement que Negawatt est un scénario excluant d’emblée le nucléaire (énergie non carbonée) et mise tout sur les EnR sauf le gaz (plus de 160 TWh en 2030). Je dis simplement qu’il existe un vrai risque que les économies promises ne soient pas au rendez vous et que l’on se retrouve avec une très forte dépendance au gaz, que justement l’Europe voudrait limiter. A ce sujet lire le rapport de Claude Mandil : article “Sécurité énergétique européenne:Mandil rend son rapport” du 23 avril 2008.Personnellement, je n’ai aucun intérêt dans le nucléaire, pas plus d’ailleurs que dans d’autres filières énergétique, je ne vends… Lire plus »
stef
Invité
Etes-vous sur d’avoir bien lu le scénario Negawatt ? Il ne se focalise pas uniquement sur la production d’électricité, mais sur l’ensemble des consommations d’énergie des français, pour arriver à un facteur 4 toutes énergie confondues….Et, toute consommation d’énergie confondue, le scénario Negawatt n’entraine pas une hausse des consommations de gaz (si on regarde uniquement l’électricité, c’est le cas effectivement).Et je suis toujours preneur d’autres scénarios qui aboutissent à un facteur 4….Personnellement je sougaite également continuer à bénéficier d’un système de production d’électricté performant. Mais je souhaite également que l’on diminue nos pollutions dans la mesure de ce que l’on… Lire plus »
Dan1
Invité
Oui j’ai lu et même imprimé Negawatt puis rentré certaines données sur un tableur. Je vous accorde qu’il ne traite pas que de l’électricité, mais elle est en bonne place (3 pages, de 4 à 6) tandis que la mobilité est traitée en un tout petit peu plus d’une page (7 et début de 8).Son intérêt, comme je l’ai déjà écrit, est d’être chiffré. Si nous reprenons l’électricité, nous voyons effectivement que les 164 TWh au gaz en 2030 conduirait tout de même à des émissions de CO2 d’environ 65 millions de tonnes de CO2 soit beaucoup plus que la production actuelle d’électricité pour… Lire plus »
stef
Invité
Je crains que nous ne puissons tomber d’accord ! Pour moi on peut à la fois se passer du nucléaire ET arriver à un facteur 4 en 2050, le scénario Negawatt le montre bel et bien. Oui cela nécessite d’importants changements dans notre société, mais pour moi il s’agit d’un devoir que nous avons envers les générations futures. De quel droit s’autorise-t-on à leur laisser des sols contaminés, des sites entièrement pollués ? Il ne faut pas choisir entre la peste et le choléra, il faut sortir de cette société de consommation à outrance où l’homme consomme sans réflécir aux… Lire plus »
Francois
Invité
Avec le développement de la Chine et de l’Inde ( entre autres), on sait qu’il va falloir que chacun est une part plus petite du  gateau énérgétique. Les économies d’énergie sont un levier essentiel pour avoir une part encore suffisante. C’est pour cela qu’une hausse des tarifs en France serait vraiment nécessaires, car on voit bien que les comportements changent vraiment quand ca touche au portefeuille : cf les prix à la pompe en essence. Jusque là, on en voyait toujours qui prenaient toujours leur bagnole pour aller à 500 mètres acheter leur baguette. Ils commencent à redécouvrir l’usage de leur… Lire plus »
Mohawk
Invité

Ce n’est que lorsqu’il aura fait tomber le dernier arbre, contaminé le dernier ruisseas’apercevra que l’argent n’est pas comestible.                                         u, pêché le dernier poisson, que l’homme     Indien MOHAWK 

Mohawk
Invité

Ce n’est que lorsqu’il aura fait tomber le dernier arbre, contaminé le dernier ruisseau, pêché le dernier poisson, que l’homme s’apercevra que l’argent n’est pas comestible, Indien MOHAWK 

Dan1
Invité

Pour les générations futures, les déchets ne sont pas que nucléaires !Que voulons nous : rejetter moins de GES pour éviter d’exploser le thermostat ou bien seulement éradiquer le nucléaire ?Nous ne pouvons seulement agir sur les économies, il faut aussi produire moins carboné. En Europe, le nucléaire y participe immédiatement de façon significative.Je rappelle qu’en France quand on a décarboné complètement la production électrique, on a traité 6 % du problème d’émission de GES.              

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