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Le premier Écolabel européen décerné en France

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Un hôtel de la Vienne a reçu le premier Écolabel européen décerné en France. Le couronnement d’un ensemble de pratiques exemplaires en matière environnementale. Bienvenue aux Orangeries, où la conscience écologique est à bonne enseigne.

L’hôtel est à cinq minutes à pied de la petite gare de Lussac. Pour transporter les bagages des hôtes qui arrivent par le train, Olivia Gautier a pensé à utiliser un chariot au lieu d’une voiture. « Nous accueillons les clients avec une boisson fraîche et les invitons ensuite à rejoindre l’hôtel à pied», explique la directrice des Orangeries, à Lussac-les-Châteaux (Vienne). Dans cet établissement de dix chambres, le premier doté de l’Écolabel européen en France, chaque détail compte. «J’ai pris conscience, lors de l’Université de la Terre avec Nicolas Hulot, en 2005, que le moindre de nos gestes avait un impact sur l’environnement, et que l’enjeu était grave», se rappelle Olivia Gautier.

HQE et électricité verte :  Cette ex-publicitaire parisienne avait déjà le souci du développement durable lorsqu’elle a ouvert l’hôtel, en 1999, dans une maison de famille du xviiie siècle. Son mari, architecte, s’était chargé de la rénovation selon une démarche Haute qualité environnementale (HQE). Aussi, quand elle entend parler de l’Écolabel au cours d’une réunion organisée par l’ADEME, à Bordeaux, en 2005, elle réalise que tous les efforts déjà réalisés aux Orangeries (isolation au chanvre, peinture à la chaux, économiseur de chasse d’eau, interrupteurs automatiques…) la mettent sur la bonne voie. «Il y avait un obstacle majeur: notre électricité n’était pas à 22 % d’origine renouvelable.» Pour y remédier, un contrat Équilibre est conclu avec EDF, qui garantit une fourniture à 100 % d’électricité verte.

En février 2006, un premier audit révèle que l’hôtel atteint tous les critères obligatoires de l’Écolabel. «Nous nous sommes alors donné trois mois pour aller plus loin, dit Olivia Gautier. Nos principales difficultés résidaient dans la cohérence de la démarche avec notre image d’hôtel de charme, la mise en place d’outils de sensibilisation de la clientèle et la formation du personnel. Nous avons recruté trois stagiaires en développement durable, formalisé les procédures, équipé tout l’hôtel à basse tension (consommation réduite de 50 %), noué des partenariats avec des fournisseurs locaux pour les repas, mis des distributeurs de gel douche bio dans les chambres pour éviter le gaspillage…»

L’hôtel décroche officiellement l’Écolabel en mai 2006, cofinancé par la délégation régionale Poitou-Charentes de l’ADEME. Olivia Gautier ne s’en tient pas là. Grâce au soutien de l’ADEME, elle lance un Bilan Carbone®.

«Pour évaluer l’efficacité de nos actions et surtout progresser, il faut pouvoir mesurer précisément notre impact sur l’environnement. C’est important pour l’équipe comme pour nos clients, et cela détermine désormais tous nos achats, insiste-t-elle. L’été, par exemple, nous suggérons un jus de pomme-poire, issu d’un verger conservatoire à 15 km, en alternative à une orange pressée qui aura été transportée sur des milliers de kilomètres et conservée dans des frigos industriels. Nous mettons aussi des vélos électriques à disposition des clients, qui peuvent les emmener dans le TER pour aller visiter Poitiers. Ces initiatives, lorsqu’on les additionne, ont une influence sur le bilan économique et écologique de l’hôtel.» Olivia Gautier envisage même une comptabilité carbone: la valeur de chaque dépense ne serait plus seulement mesurée en euros, mais également en CO2 évité.

 
(src : Europa / Ademe)

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