Le projet HIPER, en route vers la fusion

Le 6 octobre dernier a été lancée l’étude de faisabilité du projet HIPER, qui vise à créer la fusion nucléaire en utilisant un laser de la taille d’un stade de football.

Le projet HIPER, (High power laser for energy research), est mené par 26 institutions de 10 pays. Il s’agit d’un projet de fusion alternatif, ou plutôt présenté comme complémentaire au projet ITER actuellement mené à Cadarache, en France. Si les deux projets visent le même objectif, à savoir reproduire sur Terre la réaction de fusion que l’on observe dans le soleil, ils suivent deux méthodes différentes.

La fusion se produit lorsque Deutérium et Tritium, deux formes d’hydrogène, fusionnent pour créer un atome d’hélium tout en dégageant un importante quantité d’énergie.

Alors qu’ITER tente d’enfermer le combustible dans un espace restreint, par le biais d’un champ magnétique ou électrique, HIPER cherche à provoquer la réaction par un laser à impulsion. Celui-ci compresserait le deutérium ou le tritium jusqu’à une densité de 30 fois supérieure à celle du plomb. Une seconde impulsion devrait augmenter la température de la pastille compressée à plus de 100 millions de degrés celsius. Dans ces conditions, les noyaux d’hydrogène fusionnent pour former de l’hélium. Selon la théorie, une petite quantité de masse serait alors perdue, et une colossale quantité d’énergie libérée.

HIPER tentera de provoquer le phénomène de fusion en utilisant un laser colossal, de la taille d’un stade de football. Deux grands lasers sont actuellement en cours d’achèvement en Californie et en France (Bordeaux).

La phase de recherche lancée la semaine dernière entend parvenir à la "preuve de principe" de la fusion par laser. HIPER devra aussi et surtout prouver que le processus pourra générer davantage d’énergie qu’il n’en nécessite pour le déclencher.

Si tout se passe bien, l’étude de faisabilité sera suivie d’une période de prototypage, avant que soit menée la construction d’une unité de démonstration d’ici la fin de la décennie prochaine. Les délais sont similaires à ceux de la centrale de Cadarache, en France.

"Il offre la sécurité énergétique parce que son carburant provient de l’eau de mer, c’est propre et sûr", explique à la BBC le professeur Mike Dunne, chef du projet. "Aussi l’enjeu est-il énorme et nous pensons que nous avons besoin d’autant d’approches différentes que possible pour faire de cet objectif une réalité"

[Voir en ligne : site du projet HIPER]

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3 Commentaires sur "Le projet HIPER, en route vers la fusion"

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Matthieu.
Invité

j’ai pas saisi la phrase de fin.. Ils vont chercher le deutérium et tritium à la pêche au grand large ? Ou bien il faut faire bouillir à feu doux un peu d’eau de mer ?!Sur le site dans “key facts” ils répètent la même chose, mais je trouve que c’est une simplification qui cache grossièrement la difficulté de produire ce combustible.

trimtab
Invité
Pourquoi ne pas faire simple ‘aujourd’hui’ au lieu de faire ‘compliqué’ dans 30 ou 40 ans ?Pour répondre : une citation (en anglais) du site http://www.desertec.org: “Solar Thermal Power Plants are a simple, mature and practical technology that can be brought into play immediately. By contrast, fusion reactors like ITER are still in the process of development and are unlikely to produce any electricity on a commercial scale for at least 40 years. Until then, research and construction will consume many billions of Euros, more than needed for commercialization of the alreay operating CSP technogy. In addition, these reactors will continue producing… Lire plus »
naratai
Invité

Je suis pour ce genre de projet, mais sur le papier on parle jamais des dunes qui bougent ( je suis d’accord pas des masses dans l’atlas)  des salafistes qui adorent faire des cartons sur les 4*4, alors une centrale solaire ….. enfin brefJuste pour dire que si elles se rejoignent de temps en temps pour notre plus grand plaisir, l’indépendance énergétique et les Enr sont 2 choses très distinctes.

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