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Le réacteur nucléaire Phénix tire sa révérence

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Phénix, le réacteur de la filière dite à neutrons rapides basé sur le site de Marcoule (Gard) a été officiellement stoppé samedi par Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA).

Malgré tout, le réacteur de démonstration devrait rester jusqu’en 2012 un outil de recherche avant d’être démantelé sur une période de 15 ans.

Construit en 1968, mis en service en 1973 et raccordé au réseau électrique en 1974, le réacteur de 250 MW posséde une puissance nominale de 563 MWth. Suite à des travaux de rénovation, le réacteur Phénix a reçu en 2003, l’autorisation de poursuivre son fonctionnement pour les six cycles d’irradiation restant à effectuer. Depuis, le fonctionnement du réacteur est resté limité aux 2/3 de la puissance nominale.

La vocation du Phénix était à la fois de fournir de l’électricité et de procéder à l’étude de la transmutation des déchets radioactifs à vie longue. Le principe du surgénérateur permet par la fission du combustible de dégager de l’énergie en même temps qu’un certain nombre de neutrons, dont une partie induira à nouveau des fissions, entretenant ainsi la réaction en chaîne. D’autre part, certains neutrons participent à la transmutation de l’uranium-238 en plutonium-239, lequel est également fissile.

La chaleur produite dans le réacteur était évacuée avec du sodium liquide (550°C). En effet, il fallait à la fois que le matériau soit un caloporteur efficace (comme l’eau) et qu’il ne ralentisse pas les neutrons (contrairement à l’eau). Ce premier circuit (primaire) de sodium échangeait la chaleur avec un circuit secondaire de sodium, puis avec un circuit à eau, laquelle entrainait les turbines de l’alternateur après vaporisation.

Cependant, le sodium liquide a l’inconvénient majeur de s’enflammer spontanément au contact de l’air, et d’exploser au contact de l’eau en produisant de l’hydrogène, lui-même extrêmement réactif.

Aussi, selon les industriels du nucléaire, la surgénération représente toujours une solution au problème de la pénurie d’uranium. La filière des réacteurs à neutrons rapides à caloporteur sodium figure parmi les six types de réacteurs retenus par le Forum International Génération IV.

Avec l’expérience accumulée dans cette technologie depuis plus de 50 ans (Rapsodie, Phénix, SuperPhénix), la France serait prêt à disposer d’un prototype d’un tel réacteur de quatrième génération à l’horizon 2020.


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    2 Commentaires sur "Le réacteur nucléaire Phénix tire sa révérence"

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    Neutron
    Invité

    Voila, Il y a 30 ans que cette centrale fait partie du paysage gardois. Il y a 30 ans que je sais que cet outil industriel fonctionne et assure son rôle. Il y a 30 ans que c’est une réussite, et une fierté pour ceux et celles qui on servit à bord. Du bel ouvrage, en espérant que l’industrie saura en tirer la quintessence et ne pas oublier les leçons. Bonne retraite..  

    Cleantuesday
    Invité

    Bonjour de façon assez etrange, la France a eu un « generation IV » des 1980 avec Superphenix le fils de Phenix Pour autant il ne faut pas masquer les difficultes de la filieres, au dela des problemes technologies (fuites diverses) je ne sais pas si les fameuses « excursiosn de reactivite » de Phenix ont aujourd’hui reçues une explication complete (si quelqu’un est au courant je susi interesse ) Salutations

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