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Le Refuge du Goûter : un défi architectural (HQE) et humain

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Ségolène Royal a inauguré samedi dernier le refuge du Goûter, un bâtiment écologique, technologique avec une autonomie optimale perché à 3.835 mètres d’altitude sur l’une des voies d’ascension du Mont Blanc.

Le déplacement de la Ministre de l’écologie, de l’énergie et du développement durable dans le massif alpin avait surtout pour objectif de mobiliser sur le thème du réchauffement climatique à la veille de la conférence de Paris 2015.

D’une capacité quotidienne de 120 places, le bâtiment à la structure ovoïde est conçu pour résister à toutes les contraintes climatiques d"un environnement où les vents avoisinent les 240 km/h.

Ce refuge d’avant-garde appartient à une nouvelle génération de bâtiments intégrant des technologies énergétiques de pointe (capteurs solaires, photovoltaïques et thermiques, groupe de cogénération, fondoir à neige, traitement des eaux usées…) et de haute qualité environnementales (HQE) pour assurer une quasi autonomie énergétique.

Il a constitué un défi architectural et technique puisqu’il s’agissait de construire un bâtiment avec une structure bois, légère autant que résistante, sur 4 étages, avec un revêtement extérieur inox et d’utiliser efficacement les technologies innovantes, sans oublier la première fonction de la construction.

Le Refuge du Goûter : un défi architectural (HQE) et humain

Ce chantier hors norme –  à 3.835m d’altitude – était par ailleurs situé au bord de la falaise de l’Aiguille du Gouter, avec des contraintes climatiques n’autorisant l’ouverture du chantier que 5 à 6 mois par an.

Le Refuge du Goûter : un défi architectural (HQE) et humain

Un projet bas carbone, «pilote» sur le plan environnemental

– Une structure en bois local des Alpes françaises (épicéa, sapin blanc et mélèze), majoritairement issu des forêts de Saint Gervais.

– Des modules bois préfabriqués dans la vallée, pour diminuer l’héliportage

– La mise en place d’actions pédagogiques avec les scolaires autour de ce chantier bas carbone.

– Le fondoir à neige : En inox, d’une surface horizontale de 50 m2, il reçoit son énergie des capteurs solaires thermiques situés en toiture. Il est basé derrière le refuge, dans la zone où la congère de neige se forme spontanément.

– Le stock d’eau froide : Ce stock de 18 m3 situé sous le fondoir contribue à l’inertie thermique du bâtiment. La récupération de la chaleur en excès dégagée par les occupants en salle à manger permet de réchauffer l’eau froide.

– Le stockage de gaz : La seule énergie non renouvelable du refuge ne sert que pour la cuisson des aliments

– La centrale double flux : Elle récupére la chaleur sur l’air extrait pour chauffer le nouvel air par échangeur rotatif. Elle possède un rendement supérieur à 75% et son débit varie en fonction du nombre d’occupants.

– Le groupe de cogénération : Il vient en appoint de la production d’électricité photovoltaïque et éolienne si nécessaire. Il joue également un rôle de secours et fait appel à des énergies renouvelables comme la biomasse. Son énergie thermique est ici intégralement utilisée.

– Le stockage de l’énergie thermique : L’énergie thermique provient des capteurs solaires thermiques en toiture et en appoint de la cogénération.

– Le module de traitement : Basée sur des technologies employées dans la marine, il traite la totalité des eaux vannes et des eaux usées. L’aspiration des WC sous vide, traitement biologique, oxygénation, filtration membranaire finale permettant le recyclage de l’eau pour les WC et un rejet au milieu naturel exempt de bactéries.

– La production d’électricité : Elle est assurée par les capteurs photovoltaïques en façade et par éolienne avec, en appoint, la cogénération

Le Refuge du Goûter : un défi architectural (HQE) et humain


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    10 Commentaires sur "Le Refuge du Goûter : un défi architectural (HQE) et humain"

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    hach
    Invité

    Pour info, l’éolienne était en projet mais n’a pas été retenue (vent trop violents et très irréguliers). Le PV est sur les facades et le toit, comme on peut voir

    Bachoubouzouc
    Invité
    Sans vouloir critiquer, quel est le bilan carbone en gCO2/kWh d’une telle biomasse « renouvelable » ? Parce que si le bois en lui même est renouvelable, le pétrole qui a permis de le tronçonner, de le transporter par tracteurs et camions, de le sécher puis de le monter par hélicoptère jusqu’au refuge ne l’est certainement pas ! Alors certes ça doit sans doute être un progrès par rapport aux gites existants, mais déplacer jusque là haut des ministres et des écoliers pour l’inauguration a probablement déjà annulé tout le bénéfice écologique du truc. L' »écologie » semble devenir de plus en plus une… Lire plus »
    Jean
    Invité

    Rassurez-vous, le déplacement de Mme Royal s’est limité au refuge du nid d’aigle, par l’intermédiaire du tramway à crémaillère du Mont-Blanc, qui utilise l’énergie électrique…en moyenne 73,3 % de l’énergie dépensée provient donc de vos centrales favorites.

    Bachoubouzouc
    Invité

    Je ne critique pas « pour le principe » ce gite, qui doit comme je l’ai dit être certainement être un progrès par rapport à ce qui se faisait avant. En revanche, je critique l’emballage politicien hypocrite qui va autour.

    Bachoubouzouc
    Invité
    Une manière honnête et rationnelle de présenter ce projet intéressant aurait été d’énumérer l’impact de ses détails techniques, afin que nous puissions comparer et mesurer la progression : « Le nouveau refuge consomme tant d’énergie de moins que le précédent » « Le nouveau refuge consomme tant d’énergie par m2″ Parce que là, qualifier brutalement d' »écologique » ce batiment nécessaire à priori qu’à la pratique d’un sport, l’alpi, et dont la construction a nécessité x rotations d’hélicoptère jusqu’à 3800 m d’altitude est à peu près aussi ridicule que de qualifier d’écologiques les nouvelles centrales au charbon supercritiques ! (ce dont les industriels ne se… Lire plus »
    Antiescrolos
    Invité

    Le bilan complet de ce machin, on l’aura quand?

    Samivel51
    Invité

    N’oubliez pas que ce refuge est sur la voie normale du Mont Blanc, parcourue par des milliers d’alpinistes/touristes du monde entier. Ce nouveau refuge propose donc une amelioration ecologique tres substancielle par rapport au precedent, et une « vitrine » pour la France.

    edc10
    Invité
    Et oui, concernant le terme « écologie », la lobotomisation continue de plus belle !! Ca n’est pas parce qu’un batiment construit ne consomme plus beaucoup pendant sa durée de vie qu’il n’a pas fallu consommé beaucoup pour le construire … et le déconstruire … Bref, ç’aurait été bien qu’ils publient une Analyse du Cycle de Vie … on aurait eu au moins de quoi discuter. Cependant, en oubliant la tromperie, chapeau bas pour cette prouesse technologique … et l’accès à l’autonomie énergétique. Et en espérant aussi que le Mont Blanc ne va pas devenir la même poubelle que d’autres massifs surfréquentés… Lire plus »
    edc10
    Invité

    Comment ? Des boas en montagne ? probablement le réchauffement climatique

    Nicias
    Invité

    chapeau bas pour cette prouesse technologique … et l’accès à l’autonomie énergétique Quelle autonomie énergétique ? Quelques panneaux de pv (a fortiori sur un batiment sur le flanc d’une montagne, donc à l’ombre une partie de la journée) ne peuvent pas conférer une autonomie énergétique. Les sources principales (alias « de secours » ou « d’appoint »en novlangue écolo) d’énergie du chalet sont « clairement » indiquées dans l’article : du gaz et du bois.

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