Le transport électrique moins énergivore avec du cuivre ultra-conducteur

Piloté par l’Université de Cambridge, le projet scientifique "Ultrawire" vise à développer le cuivre ultra-conducteur, un matériau dont la conductivité est deux fois supérieure à celle du cuivre pur.

Pour mener à bien ce projet, un consortium composé de 14 sociétés industrielles et universités vient de signer un contrat de financement d’une valeur de 3,3 millions d’euros dans le cadre du programme FP7 de la Commission européenne. L’objectif est de voir démarrer d’ici trois ans une production industrielle « pilote » du cuivre ultra-conducteur. Ce nouveau matériau permettrait d’améliorer le rendement de nombreuses applications industrielles dans l’énergie, les TIC ou encore l’automobile, et ainsi de réduire leur consommation énergétique.

Le cuivre ultra-conducteur est un composite contenant moins de 1 % de nano carbone intégré dans plus de 99 % de cuivre. Sa conductivité électrique à température ambiante est deux fois supérieure à celle du cuivre pur.

La Commission européenne a décidé de soutenir cette innovation dans le cadre du programme FP7 : "elle fiancera à hauteur 3,3 millions d’euros le projet Ultrawire, qui développe le cuivre ultra-conducteur, depuis l’université de Cambridge."

Avec le projet « Ultrawire », une synergie se crée entre milieu universitaire et milieu industriel : "Le financement du programme FP7 par la CE donne la preuve de l’importance du transfert des technologies des principaux établissements de recherche européens vers les entreprises chargées de la production et de l’utilisation de tonnes de cuivre chaque année" explique le Dr Koziol, coordonnateur du projet et l’interlocuteur référent de la CE pour le projet « Ultrawire ».

L’objectif de ce projet scientifique est de transférer à grande échelle le processus de production de ce nouveau matériau qui pourrait bien révolutionner notre économie, à l’image du changement induit au XIXe siècle lorsqu’on mélangea pour la première fois du charbon et du fer pour créer de l’acier. A terme, le poids et la taille des moteurs électriques, des transformateurs, des éoliennes et des câbles électriques pourraient être réduits de moitié.

Un matériau d’avenir où l’Europe peut jouer les précurseurs

Très attendu dans des secteurs comme l’automobile (Peugeot Citroën Automobile est membre du consortium), le cuivre ultra-conducteur pourrait aussi répondre aux problématiques industrielles dans les NTIC ou encore les énergies renouvelables, gourmandes en électricité. Ce nouveau matériau permettrait d’améliorer considérablement l’efficacité énergétique des différentes applications électriques, en limitant les pertes d’énergie liées au transport.

"L’EU se donne des objectifs de réduction des émissions de CO2 extrêmement ambitieuses d’ici 2050 et la transition nécessaire vers l’électricité en tant que principale source d’énergie exigera des quantités importantes de matériaux conducteurs à haut rendement. Cette technologie n’est qu’au stade précoce de développement et il reste beaucoup d’obstacles à surmonter, mais le cuivre ultra-conducteur pourrait entraîner un changement radical dans le rendement potentiel d’une tonne de cuivre" indique John Schonenberger, directeur général de l’Institut européen du cuivre.

Les innovations induites seraient de précieux vecteurs de croissance en Europe comme l’explique Jan Janssen, directeur technique du projet et directeur de production senior chez Aurubis (principal producteur de cuivre en Europe) : "Via la production de cuivre ultra-conducteur, il s’agit d’une occasion pour l’Europe de saisir une part de marché à un stade précoce et de créer de nouveaux emplois au service de nouvelles technologies prometteuses".

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6 Commentaires sur "Le transport électrique moins énergivore avec du cuivre ultra-conducteur"

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Tech
Invité

cette annonce est considérable, son implication sur les rendements et les économies de poids, sont gigantesques. rien que sur la perte par effet joule cela ferait d’énormes économies.

Bob1
Invité

3,3 millions c’est vraiment tres peu pour un projet de cette envergure, tout juste la masse salariale d’une dizaine d’ingenieur pour 2/3 ans, derriere il reste tres peu pour le materiel

zelectron
Invité

Aucune idée du surcoût ? (fourchette)

Tapastort
Invité

autre solution: confier l’entretien aux roumains, les pertes électriques par effet joule dans le réseau, tombera à zéro

Zolis
Invité

Tapastort, les pertes electriques ne tomberont pas à zero car il s’agit d’un ultraconducteur et non pas d’un supraconducteur. Donc le cuivre dopé au carbone n’a pas de resistance nulle.

Zolis
Invité

Tapastort, les pertes electriques ne tomberont pas à zero car il s’agit d’un ultraconducteur et non pas d’un supraconducteur. Donc le cuivre dopé au carbone n’a pas de resistance nulle.

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