L’énergie “intelligente” pour alimenter les camps de réfugiés

Le développement de solutions énergétiques renouvelables et "intelligentes" dans les camps de réfugiés pourrait améliorer considérablement le bien être de millions de personnes dans le monde.

En collaboration avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), un étudiant en master de l’EPFL travaille sur ce projet.

Imaginez un réseau de réverbères solaires intelligents, capables de stocker l’énergie nécessaire à l’éclairage de camps de réfugiés à la nuit tombée et d’alimenter jusqu’à 25 foyers. Aujourd’hui, des appareils de petite taille, comme les lanternes solaires, sont de plus en plus utilisés dans les camps. Mais le potentiel d’intégration des énergies renouvelables à grande échelle demeure pratiquement inexploité. Durant son projet de Master, Hamed Ziade a élaboré un modèle de consommation de l’énergie adapté aux camps de réfugiés du monde entier. Un premier pas dans cette bataille contre l’obscurité. Parallèlement, il a dessiné les plans d’un réverbère solaire.

Dans notre monde développé, l’électricité est une chose banale. Mais dans les camps, elle est à même d’apporter d’immenses avantages en termes de sécurité, d’éducation et de bien-être. Actuellement, la plupart des camps sont approvisionnés par des groupes électrogènes à moteur diesel. Mais du fait de la demande importante pour ce combustible fossile, l’alimentation en électricité est souvent sporadique. Les sources d’énergies renouvelables, comme les panneaux photovoltaïques, pourraient offrir une solution.

L'énergie "intelligente" pour alimenter les camps de réfugiés


Un budget électricité à l’heure près

Dans les camps de réfugiés, l’électricité contribue à diminuer la violence et permet de prolonger le temps de travail, donnant ainsi aux jeunes la possibilité d’étudier le soir et d’organiser la recherche de modes de subsistance, a expliqué Hamed Ziade, un des premiers étudiants diplômés du nouveau programme de Master en Gestion de l’énergie et construction durable.” L’objectif de ce projet était de faire un premier pas vers l’approvisionnement des camps de réfugiés en énergie propre et sûre.

Le principal objectif de Ziade était d’évaluer la consommation d’énergie des camps de réfugiés. Durant son travail, effectué sous l’égide du UNHCR à Genève, il a eu accès à toutes les données dont il avait besoin pour déterminer la quantité d’énergie utilisée pour l’éclairage, les services médicaux et administratifs, les écoles et les bornes de recharges électriques mobiles, ainsi que de nombreuses autres applications. À l’aide de ces données, il a créé CAMPOW©, un outil de gestion pour les camps de réfugiés, à partir duquel il peut prévoir quelle sera la demande en électricité à chaque heure de la journée.

De l’énergie au bon moment

Son second défi était de trouver des moyens de répondre à la demande en électricité et de fournir suffisamment d’électricité au bon moment. La production d’électricité des panneaux solaires est optimale au moment où le soleil brille le plus, mais les réfugiés en ont principalement besoin aux heures les plus sombres de la journée. Accorder la demande en électricité avec sa production fait appel à une nouvelle génération de camps de réfugiés. Inspirés de la notion de villes intelligentes, “les camps de réfugiés intelligents” pourraient être conçus sur la base de technologies innovantes qui donnent la possibilité de s’autogérer en termes d’énergie, en combinant la production d’énergie renouvelable, le contrôle de la consommation et le stockage d’énergie.

Ziade vient du Liban, un pays touché par un important problème de réfugiés. Il y a cofondé une organisation humanitaire. Il a obtenu un bachelor en génie civil et environnement à l’université américaine de Beyrouth, et il a bénéficié d’un enseignement varié dans le cadre du programme de Master en Gestion de l’énergie et construction durable à l’EPFL. «C’est l’enseignement pluridisciplinaire que j’ai suivi durant mon programme de Master qui a contribué à part entière à la réalisation de ce projet», explique-t-il. Il ajoute que le passage du génie civil à la gestion de l’énergie aurait été impossible sans celui-ci.

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1 Commentaire sur "L’énergie “intelligente” pour alimenter les camps de réfugiés"

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Momo1
Invité

Sans parler des applications quasi illimitees de l’energie solaire au conditionnement de l’air et au maintien au frais des fruits , legumes et medicaments …tout un confort et une salubrite supplementaire bien venue ds ces camps deja trop inconfortables et insalubres Le materiel existe , est modulaire , transportable , facile a installer sans competences techniques extraordinaires , et pratiquement sans aucun cout de maintenance …. Reste juste qu’a changer lentement les habitudes et lourdeurs administratives …. Bravo a ce jeune ingenieur ingenieux et volontaire , son avenir est sans limites

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