Les atouts de l’industrie française dans l’éolien

Avec près de 10 000 MW de nouvelles capacités installées, l’éolien est devenu en 2009 la première forme de production d’électricité développée en Europe.

La France se place au 4ème rang européen, avec plus de 1000 MW implantés en 2009. Pour répondre aux objectifs du Grenelle Environnement, qui prévoit 25 000 MW à l’horizon 2020, il faut poursuivre et accélérer le rythme des implantations et mettre en place une véritable dynamique industrielle éolienne française.

C’est dans ce contexte que la branche éolienne du Syndicat des énergies renouvelables, SER-FEE, et l’ADEME, ont initié une étude visant à identifier et sensibiliser les industriels français susceptibles de se positionner sur ce marché en pleine expansion dans le monde. Le projet, auquel ont été associés le ministère du Développement durable et le ministère de l’Economie, des finances et de l’emploi, a été confié à Capgemini Consulting. Les conclusions du rapport ont été présentées le 31 mars 2010.

L’industrie française possède tous les atouts pour développer l’éolien

Dans le cadre de la mission « L’INDUSTRIE FRANÇAISE SE TOURNE VERS L’EOLIEN » confiée par le SER-FEE et l’ADEME à Capgemini Consulting, 150 entreprises ont fait part de leur intérêt pour la fabrication de l’un des onze grands composants d’une éolienne. Ces entreprises, TPE comme grands groupes, sont issues de secteurs industriels très variés, avec une grande diversité de savoir-faire potentiellement transposables à l’éolien. Le rapport souligne également l’avantage de l’ancrage industriel particulièrement riche et des compétences historiques des entreprises françaises dans la métallurgie, l’aéronautique, les chantiers navals. Ces éléments sont d’indéniables atouts pour permettre à la France de se positionner comme un acteur de premier rang sur toute la chaîne de valeur de l’éolien.

L’étude précise que l’ensemble du spectre des composants pourrait être couvert par les entreprises françaises dans un délai de 12 à 36 mois.

L’énergie éolienne, génératrice d’emplois

Le développement de l’énergie éolienne en France représente un potentiel de 20 à 30 milliards d’euros d’investissements privés cumulés sur 2010-2020. La mise en place d’une dynamique industrielle éolienne française permettrait, non seulement d’accompagner le développement du parc éolien, mais aussi de préserver des savoir-faire et des emplois dans un contexte de désindustrialisation sur le territoire national.

Contrairement à une idée souvent répandue, avec 10 000 emplois recensés , la France a su profiter du dynamisme de la filière éolienne. SER-FEE a recensé, dans l’Annuaire 2009 des fabricants et fournisseurs de l’industrie éolienne, plus de 140 entreprises industrielles françaises œuvrant d’ores et déjà dans la fonderie, la métallurgie, l’électronique ou le génie électrique qui se sont diversifiées dans l’éolien. Ces différents acteurs mettent clairement en évidence la diversité d’activités dans cette filière.

Les atouts de l'industrie française dans l'éolien

Les atouts de l'industrie française dans l'éolien

L’atteinte des objectifs du Grenelle Environnement se traduira, si une dynamique industrielle collective se met en place avec le soutien des pouvoirs publics, par une multiplication par 6 du nombre d’emplois dans la filière, qui représentera alors un total de 60 000 emplois en 2020. L’éolien constitue donc un relais de croissance pour l’emploi industriel en France.

Un accompagnement des industriels français indispensable et urgent

Les filières françaises naissantes de la fabrication de grands composants éoliens doivent capitaliser sur leurs expertises pour s’imposer sur le marché. A cette fin, il sera nécessaire de lever plusieurs obstacles identifiés par cette étude : la méconnaissance des marchés éoliens internationaux, la présence des fournisseurs historiques qu’il faut concurrencer et la nécessaire prise de risque associée à tout projet de diversification.

Les conclusions de l’étude montrent que, pour réussir, le lancement de la filière doit s’appuyer sur une « intelligence collective » reposant sur la collaboration, l’échange d’information et l’émulation entre acteurs. C’est à cette condition qu’une industrie éolienne française forte pourra se développer avant qu’il ne soit trop tard pour pénétrer ce marché.

Le rapport précise également que l’accompagnement de la filière nécessite un projet sur 18 à 24 mois, piloté par les pouvoirs publics et les professionnels représentés par SER-FEE, et faisant fonctionner en réseau les 300 industriels identifiés.

Ce projet permettra aux entreprises d’exploiter toutes les opportunités potentielles du marché éolien et d’innover beaucoup plus rapidement dans un secteur où la rapidité est un facteur clé. Seules une mise en réseau organisée et la création d’une vision de filière permettront d’atteindre ces deux résultats.

Une plate-forme collaborative a été mise en place : www.windustry.fr, afin de permettre aux acteurs de poursuivre la démarche amorcée.

[ Credit images : Cap Gemini ]

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8 Commentaires sur "Les atouts de l’industrie française dans l’éolien"

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michel123
Invité

Ils veulent tout et son contraire. De l’éolien mais surtout aucune contrainte , que ça se passe chez le voisin ce serait parfait . Que ça ne gache pas ma vue. Mais par contre je veux une énergie abondante et pas chère , gratuite ce serait encore mieux .

renewable
Invité
Voici une initiative que le lobby anti-éolien est en train de tuer en sautant sur l’éolien à pieds joints. L’éolien devrait : ne pas rapporter d’argent et être invisible pour nos amis De Villiers, VGE, Butré, ollier… Tout le monde veut de l’électricité mais pas des contraintes qui vont avec. L’éolien, son seul vrai impact, c’est sur le paysage et c’est subjectif. A titre personnel, je trouve qu’assumer l’éolien dans le paysage, c’est assumer une petite part de l’impact de notre mode de vie. Vouloir le cacher (les gazs à effet de serre et les déchets nucléaires ça ne se… Lire plus »
[ylt]
Invité

Malgré les contraditions et aberrations malheureusement exactes relevées par michel123 et renewable, on ne peut que saluer cette initiative…Reste à savoir si cela est purement industriel (ça rapporte mais comme c’est trop compliqué de les installer chez nous, on le fait chez les autres), ou s’il y a une réelle intention écologique derrière… Malheureusement, cela ne semble une fois encore concerner que le grand éolien, alors qu’il y a tant à faire du côté du petit éolien aussi… A+

andre
Invité

Si SEE-FEE ne croyait pas à l’éolien se serait un comble! Mais n’est-ce pas un peu rêver en constatant que depuis plusieurs années les vrais industriels français capables de percer le marché éolien étaient aux abonnés absents. Même les Chinois se sont lancés avant nous. Donc au rythme actuel la France arrivera sur le marché quand tout le monde sera équipé. Continuons à rêver !

irisyak
Invité

Un peu de courage; les majorités se font et se défont … Le pic de pétrole arrive et nous aurons peu de choix … Devant les nécessités il faudra se jeter à l’eau!

Papoumontchat
Invité

Pour abonder dans le sens d’André, on se croirait à Waterloo: la bataille de l’industrie française de l’éolien est perdue depuis 10 ans, au moins sur le plan de l’ensemblier intégrateur, et on appelle à la rescousse bien évidemment l’Etat et ses sbires (“Grouchy”)qui n’ont rien fait et au contraire ont tout fait, poussé en sous-main par le lobby nucléaire, pour torpiller la filière, alors que tous les autres grands pays se sont équipés en fabricants de turbines qui déferlent sur la France pour rafler les commandes(“Blücher”); c’est désolant!!

serge23
Invité

Le site windindustry.fr aurait au moins pu être écrit en français et accessible à tout le monde… Serait ce que la filière éolienne à un gros problème avec la population indigène?

1000 mille
Invité

filières ,par exemple celle de la mono-solution électro-française qui l’avait accompagnée à ses débuts pour pouvoir mieux la contrôler et l’étouffer au moment qui lui convenaient le mieux ? débat difficile que celui de l’énergie , tous et leurs contraires feraient mieux d’apprendre les règles de l’addition et d’oublier celle de la soustraction.

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