Les couches usagées produiront bientôt de l’énergie !

Selon l’étude Modecom 2008 de l’ADEME, un bébé aurait besoin de 6 000 couches sur ses 2 premières années en moyenne, soit chaque année en France, 1 million de tonnes de couches culottes jetées, or ces déchets ne sont pas absolument recyclés !

Avec les lingettes et autres mouchoirs en papier, les couches font partie de la catégorie de déchets appelée «textiles sanitaires» dont la part ne cesse d’augmenter dans les poubelles.

Aujourd’hui, ces textiles sanitaires représentent 34 kilos jetés par habitant chaque année, soit 9% des déchets ménagers.
Faisant suite aux engagements du Grenelle de l’Environnement concernant l’émergence d’un marché de recyclage des couches usagées, Suez Environnement en association avec la Direction des Grands Projets de sa filiale SITA, a engagé un programme de recherche visant à évaluer le potentiel de valorisation des couches. Ce programme de 340 000 euros a ainsi reçu le financement de l’ADEME à hauteur de 40% dans le cadre de l’appel à projets éco-industries organisé en 2009.

A travers ce programme de recherche baptisé « Happy Nappy », le Groupe a développé un pilote capable de recycler les couches.

C’est au CIRSEE, Centre de Recherche et Développement de Suez Environnement, qu’est menée la phase de recherche à l’échelle laboratoire permettant de confirmer les hypothèses sur la faisabilité industrielle du procédé, ses bénéfices sur l’environnement et sa validité technique et économique.

Le programme de recherche consiste dans un premier temps, à tester un pilote qui sépare et isole les différents composants de la couche et dans un second temps, d’évaluer le potentiel de valorisation énergétique et matière des éléments qui composent les couches.

La première phase du pilote est basée sur le broyage des couches usagées afin d’isoler les différentes matières qui la composent : les plastiques 10 à 20%, les polymères Super Absorbants (SAP) 5 à 10%, les fibres 10 à 20% et les déchets organiques (matières fécales et urines) 50 à 70%. Ce n’est qu’une fois séparées et isolées que ces différentes matières pourront être recyclées

L’hypothèse de recyclage des couches repose sur une triple valorisation :

– Production d’énergie, grâce au biogaz issu des déchets organiques
– Production de matières recyclées à travers le recyclage des plastiques
– Production de compost à partir des restes des déchets organiques

Le principe de valorisation des couches est basé sur la co-digestion, c’est à dire le mélange et la fermentation accélérée des déchets organiques des couches usagées avec les boues issues des eaux usées des stations d’épuration de Lyonnaise des Eaux. C’est la co-digestion qui fournira le biogaz.

Les équipes du CIRSEE et ses partenaires – INRA Narbonne, APESA2 – experts en méthanisation ont validé le process de séparation des couches, la qualité des matières produites et celle du biogaz. Aujourd’hui, l’ENSAT3 spécialisé dans la valorisation biologique, travaille à la conformité réglementaire du compost.

« La création et les résultats positifs de ce pilote illustrent parfaitement les synergies qu’offrent les métiers des déchets et de l’eau. Et c’est la mise en commun de nos technologies et de nos installations qui permet d’envisager la création d’une nouvelle filière de valorisation ! » se réjouit Jean-Louis Chaussade, Directeur Général de Suez Environnement.

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8 Commentaires sur "Les couches usagées produiront bientôt de l’énergie !"

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gaga42
Invité

Un vrai recyclage consisterait à produire de nouvelles couches-culottes. Et ce vrai recyclage existe déjà: les couches lavables. Beaucoup de recyclages, sont des “faux” car il y a dégradation de l’usage (ex: les plastiques ne sont pas utilisés à l’identique), c’est mieux que pas de recyclage du tout, mais il serait bien d’utiliser un autre terme.

Andy
Invité

C’est du down cycling! Et en plus l’énergie produite à la fin sera (j’imagine) moins importante que l’énergie destiné à separer les matières. Il feraient mieux de dévelepper des filières de location et de lavage des couches lavables. Mais cela ne rapporte rien à ces grosses entreprises, par contre ça cree de l’emploi localement! Dommage que l’ADEME finance des recherches aussi stupides.

Alesia
Invité

Andy a tout à fait raison. Location et lavage des couches lavables serait la MEILLEURE solution pour tout le monde. Mais hélas ! C’est dommage que l’Ademe soit encore à côté de la plaque.

Bobby
Invité

Quand est-ce qu’ils vont se mettre à faire les comptes à l’ADEME ? Encore de l’argent public bien mal investi.

Almin
Invité
Au contraire je trouve cette idée formidable. Les résultats sur le bilan énergétique ne sont pas encore révélés. Moi je parie qu’ils seront positives. Et même si sa valeur reste faible, il reste encore la valorisation des composts qui est beaucoup mieux que l’utilisation des engrais chimiques. Une étude affirme que les composts en provenance des fécès humain est supérieur aux engrais chimiques extrèmement polluant pour l’environnement et très mauvais pour la santé. Qu’est ce qu’un vrai ou un faux recyclage ? Le recyclage consiste aussi a valoriser des déchets qui autrement ne nous servent à rien. Actuellement vous avez… Lire plus »
Mric
Invité
Malheureusement, ca sent (plus fort qu’une couche) la fausse bonne idée. En effet le tri, le traitement des matieres recyclables, l’hygienisation de la biomasse de cet amalgame putride (les couches) consomme de l’energie, et meme pas mal, et donc de l’argent. Si la valorisation de la biomasse + l’energie produite par le biogaz + recyclage des plastiques – le cout des traitements précédants est rentable (ecologiquement et/ou finacierement), et si on admet que recycler des couches neuves n’est pas rentable ni ecologiquement ni finacierement (si c’est le cas, on a trouvé le mouvement perpétuel!!!); alors c’est que de l’or sort… Lire plus »
Mric
Invité

j’ai quand meme du mal a comprendre, ils sont completement cons, ou ils cherchent juste a lever des subventions a tout prix!!! PS : pincez moi, je reve… enfin corrigez-moi si je me trompe. PSbis : c’est vrai que (je me met dans la peau de nos chers dirigeants) ca genere sans doute plus de “croissance” et de “PIB” que les couches lavables… enfin sans doute!

Pastilleverte
Invité

évidemment, tant que c’est pas Jules qui va porter les couches à laver sécher (recycler, mais avec quelle quantité d’eau et de produits plus ou moins polluants et cancérigènes ?) et que c’est bobonne, c’est une très mauvaise idée… Ah le bon vieux temps où les couches du petit dernier séchaient dans toute la maison… heureusement, maintenant il y a des séchoirs électriques (marchant au nucléaire). Et oui, SITA est la filiale d’un grand groupe et pas une oeuvre de bienfaisance philantropique ! Et puis arrêtez de faire des bébés, c’est à cause d’eux que Déesse Gaïa va mourir !

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