« Les décisions politiques n’ont pas fini de peser sur la facture de gaz des français »

A l’occasion de GAZELEC Paris qui ouvre ses portes jusqu’au 18 octobre, plusieurs tables rondes se dérouleront concernant les grandes problématiques du secteur de l’énergie. L’un de ces grands rendez-vous se tient dès le premier jour du salon (16 octobre à 11h30) et permettra de décrypter les évolutions réglementaires.

L’occasion pour Naïma IDIR, Directrice des Affaires réglementaires Eni Gas & Power France et Vice-Présidente de l’ANODE, de souligner les impacts des mesures politiques sur la facture de gaz des Français.

Sept mois après la première mise en place de la réforme du stockage, quels sont les enseignements majeurs à retenir ?

« La réforme était attendue car le système de régime précédent était à bout de souffle. Ce nouveau système de vente des capacités de stockage à leur valeur de marché, grâce au système d’enchères, a permis la souscription de la quasi-totalité des capacités offertes, et donc le renforcement de la sécurité d’approvisionnement. »

« Mais cette réforme conduit à un renchérissement important du coût de stockage, en raison principalement de l’augmentation importante et surprenante des capacités. En effet, et alors même que la consommation de gaz en France diminue de façon constante, le niveau des capacités de stockage jugé nécessaire pour la sécurité d’approvisionnement de la France a été augmenté de près de 60% – 138 TWh de capacités payées en 2018 contre 87 TWh d’obligation en 2017. »

« Une augmentation répercutée sur la facture de gaz et donc payée par le consommateur final. »

Evolution des taxes, notamment de la Taxe Intérieure de Consommation de Gaz Naturel (TICGN). Quel horizon sur les années à venir ?

« La trajectoire de la taxe carbone inscrite dans la Loi de Finances 2018 va se traduire par une augmentation constante de la TICGN sur les prochaines années. Cette taxe dont les fournisseurs de gaz assure la collecte pour la reverser à l’Etat, est passée de 5,88 €/MWh en 2017 à 8,45 €/MWh en 2018. »

« Elle devrait atteindre 16,02€/MWh en 2022, soit une augmentation de 272% en 5 ans. »

« Avec la hausse de la fiscalité et des coûts d’infrastructures, les consommateurs de gaz devront pleinement utiliser les seuls leviers disponibles pour contenir l’augmentation de leurs factures : faire jouer la concurrence sur la fourniture et entreprendre des actions d’efficacité énergétique pour maîtriser leur consommation. »

Création d’une zone de marché unique du gaz en France au 1er novembre. A quoi s’attendre en termes d’impacts pour les fournisseurs d’énergie et les citoyens ?

« La fusion des zones Nord et Sud constitue la dernière brique de la construction du marché de gros du gaz en France. Elle permettra d’avoir un signal prix du gaz unique en France et donc une véritable équité entre les consommateurs du sud de la France et ceux du Nord. Ainsi les consommateurs du sud de la France, notamment industriels, bénéficieront du même niveau de compétitivité du prix du gaz que ceux situés dans le nord du pays. Par ailleurs, après cette fusion, le marché français ne devrait plus nécessiter d’investissements additionnels importants dans les réseaux de gaz, en particulier si les outils contractuels définis s’avèrent suffisants pour gérer les congestions résiduelles potentielles. »


Naïma IDIR,
Directrice des Affaires réglementaires Eni Gas & Power France
Vice-Présidente de l’Association nationale des opérateurs détaillants en énergie (ANODE).

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[ Communiqué ]

         

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