Les métiers bleus : une source de croissance [1]

Les secteurs impactés par la croissance verte touchent près de 12 millions d’actifs, soit 1 actif sur 2 en France et pour les filières qui ont pu évaluer le maintien/création d’emplois dans leur secteur, 600 000 emplois est une fourchette basse à l’horizon 2020.

La filière verte des énergies marines (énergie hydrolienne, marémotrice, houlomotrice, éoliennes en mer, énergie thermique des mers, de la biomasse marine et des gradients de salinité) est une filière en émergence.

Le Grenelle de l’environnement prévoit l’installation d’un parc éolien de 25 000 MW en 2020, dont 6 000 MW en mer. Cela suppose un rythme annuel d’installation en mer de 600 MW d’ici 2020 (soit 100 à 120 éoliennes), représentant plus de 1,5 milliard d’euros d’investissement chaque année. La réalisation de cet objectif implique la mise en place des infrastructures électriques et des fondations associées.

Ce matériel devra en outre être assemblé, transporté, stocké puis installé sur les sites. La France dispose de nombreuses compétences dans le secteur maritime : construction navale,
infrastructures maritimes, exploitation des gisements sous-marins, etc… qui peuvent être mises au service de cette nouvelle industrie énergétique. L’éolien offshore offre l’opportunité de développer une filière industrielle de production de machines aux côtés des nombreux équipementiers français déjà actifs dans ce secteur.

Aucun parc n’a encore été construit en France. Le projet le plus avancé se situe au large de Veulettes-sur-mer en Seine-Maritime et avait été retenu lors de l’appel d’offres lancé par l’Etat en 2004. Les premières éoliennes pourraient être installées dès 2010 et le parc complet mis en exploitation en 2011. Ce projet de parc est composé de 21 éoliennes. En dehors des emplois liés à la production des aérogénérateurs, le chantier pourrait générer plus de 120 emplois pendant un an et mobiliser ensuite une vingtaine de personnes pour la maintenance et l’exploitation. L’évaluation du besoin en personnels « marin professionnel » n’est pas définie à ce stade.

D’autres projets, moins avancés, sont également en cours d’étude. Le projet de parc éolien des Deux-Côtes se compose de 141 éoliennes. Le chantier, d’une durée de 3 ans, emploierait directement 700 à 900 personnes. Ensuite, 50 personnes pourraient travailler en permanence à l’exploitation et la maintenance du site. Le projet de parc de la baie de Saint-Brieuc comporte 40 éoliennes. Un projet est également porté au large de l’Ile d’Yeu, composé de 120 éoliennes. Il créerait environ 80 emplois permanents. Par ailleurs, plus d’une vingtaine d’autres projets sont répertoriés, sur les quatre façades maritimes françaises.

L’éolien marin représente donc un potentiel d’emplois industriels très important. Selon un rapport de l’Association européenne de l’énergie éolienne (EWEA) de janvier 2009, l’éolien représente actuellement 150 000 emplois au sein de l’Union Européenne. D’ici 2025, 360 000 emplois devraient être créés, dont environ 40 % dans le secteur offshore. Le développement d’un parc éolien en mer représente un investissement conséquent, de 500 millions à plus de 1 milliard d’euros. Les retombées locales en termes d’emplois seront nombreuses, aussi bien pour la fabrication de composants que pour l’installation et la maintenance qui nécessitent de faire appel à des entreprises locales et au secteur de la flotte de services. En associant les PME locales (industries électriques ou électroniques, construction, mécanique) au développement des projets, une partie de ces investissements pourra mobiliser le tissu économique régional. La filière éolienne offshore représente un secteur à fort potentiel pour relancer l’activité économique et la création d’emplois dans des secteurs actuellement touchés par la crise : métallurgie, chaudronnerie, mécanique, BTP, secteur aéronautique, ..

Le secteur maritime est directement concerné avec la construction navale, le secteur du service offshore pour lequel la France est très dynamique (offshore pétrolier), les marins professionnels et personnels à bord des navires (équipage à bord, ingénieurs, techniciens, ouvriers avec spécialités marines, spécialistes comme les plongeurs,…), les métiers liés aux installations portuaires,….

Enfin, il faut aussi compter avec l’ensemble des services associés : finances, logistique, sécurité, expertises, assurances, etc… Le secteur est porteur car on assiste déjà à des tensions pour la maintenance des éoliennes à terre (2 emplois pour 10-12 MW, peut être un peu plus en mer).

En Allemagne,
où cette activité est déjà bien développée, on note que l’activité des ports de Bremerhaven et Cuxhaven, en phase de ralentissement économique, a été redynamisée grâce à l’implantation d’entreprises spécialisées dans l’éolien offshore ou qui ont opéré une reconversion prometteuse sur un marché dynamique. En 2010, ce sont près de 3 000 emplois qui seront totalisés sur ces deux sites alors qu’aucune éolienne n’est encore en mer, avec une grosse part de reconversion.

En soutenant la filière éolienne offshore, la France investira, à travers des acteurs de premier plan, dans des technologies innovantes et productives. Avec un objectif à l’horizon 2020 fixé à plus de 1 000 éoliennes en mer, plusieurs unités de construction de mâts, pales et autres composants d’éolienne, ainsi que des unités d’assemblage, pourraient s’implanter en France d’ici 2020. Ces nouveaux investissements pourraient être source de milliers d’emplois. L’activité peut être pérenne quand on vise l’exportation d’une telle production et du fait que les éoliennes durent une vingtaine d’années.

Il y a déjà des industriels et des compétences pour l’éolien terrestre et cette expertise et ce savoir faire peuvent être mis au service du maritime et être un relais de croissance pour le maritime et le portuaire. Il n’y a pas encore d’emplois à taille industrielle. Les besoins sont difficiles à estimer car il y a peu de retour d’expériences à ce stade. L’exemple allemand montre que le dispositif est créateur d’emplois. Un travail quantitatif et qualitatif d’évaluation des besoins et d’adaptation des besoins au secteur maritime est nécessaire à court terme afin de ne pas manquer le rendez vous.

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2 Commentaires sur "Les métiers bleus : une source de croissance [1]"

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Mimelo
Invité

Que d’ambitions affichées pour un pays qui ne fait rien (sauf ce genre de discours) sur les sujets “énergies marines”. 600 MW/an pendant les 10 prochaines années? Techniquement, c’est sans doute faisable, pratiquement ça ne se fera pas tant qu’il n’y aura pas de contexte juridique et administratif pour que ça se fasse. L’Etat fait du vent (si j’ose dire) sur ces sujets et ne fait rien d’autre que du vent. 

michel123
Invité

En france les possibilités de recours sont tellement importantes que une seule riveraine qui craignait d’aperçevoir un champ  d’éoliennes à 10 km  avec des machines grandes comme des confettis à réussi à bloquer un projet au prétexe que ça allait lui gacher la vue !!! En gros j’ai besoin ( j’exige) l’électricité et le confort mais ne me gachez surtout pas la vue !!!

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