Les technologies françaises du démantèlement sélectionnées pour Fukushima

Au terme d’un appel d’offres international, les opérateurs japonais ont sélectionné une offre française d’étude pour la découpe des débris de combustible fondus dans les réacteurs accidentés de Fukushima.

Pour les acteurs français du nucléaire, cette sélection par le MRI (Mitsubishi Research Institute) aux côtés de deux offres japonaises, constitue l’aboutissement d’un an de travail.

Menée par la Direction de l’énergie nucléaire du CEA en interface avec la structure japonaise IRID (International Research Institute for Nuclear Decommissioning) en charge de la R&D sur les réacteurs accidentés de Fukushima, la démarche visait à sensibiliser les industriels français de la filière assainissement/démantèlement aux enjeux de ce site et aux défis qu’il doit relever. Cette attribution intervient alors que l’expertise et le savoir-faire d’Onet Technologies dans le domaine des techniques de démantèlement par téléopération ont déjà été retenus deux fois depuis 2013 au Japon.

Le retrait des débris de combustible des cœurs des réacteurs constituera une étape primordiale dans le programme de démantèlement des réacteurs accidentés de la centrale de Fukushima-Daiichi, dont la durée est estimée entre trente et quarante ans.

L’étude de faisabilité pour la découpe par laser de ces débris de combustible fondus de Fukushima sera remise à MRI d’ici à mars prochain par la direction de l’énergie nucléaire du CEA et Onet Technologies.

Les atouts des technologies françaises du démantèlement

Le procédé de découpe développé par le CEA est particulièrement bien adapté à la situation de la centrale de Fukushima-Daiichi. En effet, il est facilement pilotable à distance, il possède une grande tolérance de positionnement pour la découpe de couches hétérogènes de matériaux et génère moins d’aérosols que la plupart des autres techniques disponibles.

L’étude de faisabilité portera sur l’adaptation de ce procédé aux contraintes spécifiques du site. Les premiers essais devront conforter la réalisation technique de la découpe de ce matériau extrêmement complexe et peu connu.

De la recherche à l’industrie

L’association fructueuse du CEA et d’Onet Technologies sur cette étude pour Fukushima fait suite à la collaboration des deux partenaires sur la réalisation de projets à forte valeur ajoutée tels que le démantèlement de dissolveurs, dans le cadre du projet de démantèlement de l’usine de traitement de combustibles usés UP1 du site CEA de Marcoule. Ce projet intègre pour la première fois à l’échelle industrielle une combinaison de technologies développées depuis des années par le CEA dans le domaine du démantèlement en milieu fortement irradiant: la simulation d’un scénario de démantèlement en salle immersive de réalité virtuelle, un bras robot six axes à retour d’efforts équipé d’une série d’outils d’intervention, et le procédé de découpe laser de forte puissance avec refroidissement à l’air.

Au-delà de la démonstration de la maturité du procédé de découpe laser en téléopération, c’est la synergie des compétences et des savoir- faire « de la recherche à l’industrie » qui a été mise en avant dans la réponse à l’appel d’offres japonais : maîtrise de la technologie de découpe en air et sous eau, connaissance des matériaux et des systèmes de filtration des aérosols, possibilité de fourniture de simulants et d’essais en actif, capacité forte en ingénierie et gestion de projet.

Chronologie ayant permis d’aboutir à cette sélection

– Décembre 2013 : lancement d’un concours d’idées par l’IRID pour alimenter les spécifications d’un appel à projets sur des pistes innovantes dans les scénarios de reprise des débris de combustible étudiés par Hitachi, Mitsubishi Heavy Industries et Toshiba.
– Janvier 2014 : consultation internationale menée par MRI (Mitsubishi Research Institute).
– Aout 2014 : le CEA et Onet Technologies s’associent pour préparer une offre d’étude de faisabilité.
– Mars : remise de l’étude de faisabilité CEA-Onet Technologies à MRI.
Perspectives 2015
– Mars : remise de l’étude de faisabilité CEA-Onet Technologies à MRI

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12 Commentaires sur "Les technologies françaises du démantèlement sélectionnées pour Fukushima"

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Raymond
Invité

On est rassuré au moins on sait qu’ en cas d’accident en France (très probable) nous sommes prêts!

plouc73
Invité

@ M. Raymond La fusion du coeur des réacteurs de Fukushima est due non à une défaillance technique mais à un tsunami. Donc la probabilité d’un tsunami avec des vagues de 15 m en France … D’autre part comme vous aimez mélanger les genres, je vous précise qu’en 2011, des batteries Sodium Soufre (Na/S) célébrées et encensées par les promoteurs des énergies aléatoires (photovoltaïque et éolien) ont brulé pendant 7 heures dans l’enceinte du centrale nucléaire japonaise. Et là pas de tsunami mais des défaillances techniques grossières. Mais si on doit tenir compte des réalités …..

Raymond
Invité

Oui c’est à cause d’une batterie sodium souffre que le nucléaire est aussi dangereux.

Bachoubouzouc
Invité

C’est à cause d’une technologie de batterie non présente dans les centrales françaises que celles-ci sont dangereuses ? Vraiment n’importe quoi.

Gofast
Invité
Bonjour Super ! On a la machine à trancher ! Reste plus qu’à trouver le combustible fondu et un endroit où ranger les tranches ! Prévoyez une rallonge pour votre trancheuse car si ça se trouve le combustible fondu a pas attendu sagement au fond de la centrale ! Quant aux énergies renouvelables jusqu’ici traitées de fatales, les voilà qualifiées d’aléatoires ! Vous les aimez pas, hein ? Quand on pense que le nuke représente moins de 10% de l’énergie électrique produite dans le monde, on se demande pourquoi la France s’obstine dans cette filière déjà catastrophique ! Je ne… Lire plus »
Raymond
Invité

@bachoubouzouc Savez vous ce que c’est l’humour?

Raymond
Invité

@bachoubouzouc Savez vous ce que c’est l’humour?

Bachoubouzouc
Invité

Ah c’était censé être drôle ? Autant pour moi.

meminick
Invité

enfin une application de notre savoir faire utilisée à bon escient comme quoi l’avenir du Nucléaire consistera dans l’avenir à notre capacité à démanteler les centrales nucléaires avec le maximum de sécurité.

Bachoubouzouc
Invité

Moi qui pensait qu’on devait absolument fermer Fessenheim pour obtenir des technologies de démantèlement à exporter. On nous aurait menti ?

plouc73
Invité

Les énergies éoliennes et photovoltaïques sont qualifiées aussi bien par le textes réglementaires (décrets et arrêtés) du Ministère de l’énergie et du développement durable que par les délibérations de la CRE comme des énergies fatales aléatoires. Donc il ne s’agit pas de savoir si on aime ou non ces modes de production d’énergie, mais de savoir comment ils peuvent être compatibles avec des exigences de sécurité d’alimentation électrique et de qualité du courant distribué. Ce sont des réalités techniques.

lr83
Invité

Les EnR sont fatales et aléatoires. Le nucléaire est dangereux et polluant. Comme ça, tout le monde est d’accord :))

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