Les télécoms s’engagent à devenir moins énergivores

Le gouvernement français a signé le 22 juillet dernier avec la Fédération Française des Télécoms, “la charte d’engagement volontaire du secteur des télécoms pour le développement durable”.

Cette charte s’articule autour de 5 volets principaux :

  • la maîtrise de la consommation énergétique des réseaux dans un contexte de fort développement des usages, avec des engagements concrets des opérateurs sur la consommation d’énergie des réseaux, des centres de données, des boxes ADSL et des décodeurs TV (set top boxes) ;
  • la diffusion des usages innovants des TIC en faveur du développement durable, notamment les réseaux de transport, les réseaux d’énergie intelligents, les bâtiments économes, le travail à distance ou la dématérialisation ;
  • l’essor de la consommation durable avec la généralisation d’offres de reprise des téléphones usagés et le déploiement de l’affichage environnemental ;
  • la responsabilisation de la chaîne complète de production, avec la diffusion des critères de responsabilité sociale et environnementale (RSE) pour la sélection et l’évaluation des principaux fournisseurs ;
  • l’inscription dans une démarche de progrès continu et d’éco-responsabilité des entreprises du secteur.

L’objectif global formalisé par cette charte est d’accompagner la croissance soutenue des usages tout en maîtrisant la consommation électrique des télécoms, qui plafonnerait à 8,5 TWh en 2012 et serait réduite à 7,6 TWh en 2020, grâce notamment aux actions engagées sur les réseaux, les centres de données, les boxes ADSL et les décodeurs TV (set top boxes).

D’après une étude IDATE/BCG datant de 2009, la consommation électrique du secteur des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) qui a représenté 7,3% de la consommation totale en France (soit 35,3 TWh/an) en 2008, devrait décroître d’ici 2012 à 6,7% (34,3 TWh/an) avant d’atteindre 33,9 TWh/an à horizon 2020.

S’agissant du secteur des télécoms au sens strict, la croissance très rapide des usages a entrainé une croissance significative de la consommation électrique de la filière, qui est passée de 4,6 TWh en 2005 à 6,7 TWh en 2008. L’essentiel de cette augmentation provient du développement du haut débit fixe qui passe de 1,7 TWH en 2005 à 3,5 TWh en 2008, soit seulement un doublement alors que les usages ont triplé pendant cette période :

• Le nombre d’abonnés haut débit a quasiment doublé en trois ans à 17 millions fin 2008, soit 8 millions de connexions supplémentaires depuis 2005 ;
• Le nombre d’équipements utilisateurs actifs pour l’accès aux TIC a augmenté de 40% sur la même période ;
• Au-delà des bases installées, les usages haut-débit ont globalement triplé en France sur la période si l’on ajoute le développement de la voix sur IP et de la télévision sur
IP ;
• La France est devenue une référence mondiale en termes d’accès de masse au numérique : haut débit DSL (#2 mondial), voix sur IP (#1 mondial), télévision sur IP (#1 mondial).

Dans le même temps, les consommations électriques du secteur ont augmenté globalement moins vite que les usages.

• Les consommations électriques de la filière TIC sont passées de 29.6 TWh en 2005 à 35.3 TWh en 2008 soit une augmentation de 19%, deux fois moins importante que celle des équipements utilisateurs sur la même période ;
• Cette consommation a crû de 5.9% par an sur la période récente, soit moins vite que le développement des usages associés.

Ces premiers résultats sont le fruit d’efforts engagés par les acteurs de la filière TIC pour améliorer l’efficacité énergétique des équipements en coordination avec les instances nationale et européenne.

• Les pratiques d’éco-conception engagées dans les années 90 et mesurées dans cette étude depuis 2003, se sont généralisées dans la filière des TICs, introduisant des gains significatifs de performance énergétique de l’ordre de 20 à 30% sur les nouvelles générations de plusieurs catégories d’équipements : ordinateurs, écrans équipements de réseau d’accès mobile…
• Ces pratiques ont été renforcées par une coopération avec les instances nationale et européenne telles que la labellisation Energy Star pour ordinateurs, écrans et serveurs, les Codes de Conduite européens pour les équipements haut débit et décodeurs qui permettent d’esquisser des réductions de consommation électrique à iso-fonctionnalités de 15% à 25% par cycle de 3 ans.

D’ici 2012, la consommation électrique des TIC va décroître sous l’effet conjugué des actions engagées par l’industrie et les pouvoirs publics et des migrations de parc tandis que les usages continueront de croître.

• Selon la projection de l’étude IDATE, la consommation électrique des TIC sera ramenée à 34.3 Twh/an d’ici 2012, puis 33.9 Twh/an à l’horizon 2020 (soit 6.7% et 6.3% respectivement de la consommation électrique totale en France) ;
• Plusieurs effets de migration de parcs d’équipements (ordinateurs fixes vers ordinateurs portables puis netbooks, écrans cathodiques vers écrans plats, téléphones fixes vers mobiles) vont se conjuguer pour partiellement amortir l’impact sur la consommation électrique de la poursuite du développement des usages (+10 millions d’abonnés haut débit, + 6 millions d’ordinateurs, +6 millions de téléviseurs d’ici 2012) ;
• La diffusion et le prolongement des efforts de l’industrie (Energy Star, codes de conduite, et directive Eco-Conception/EuP) permettront une baisse de la consommation électrique consolidée tout en préservant le rythme d’enrichissement des fonctionnalités attendues par le marché.

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