Les véhicules électriques en perspective en France

Le secteur des transports, responsable du tiers des émissions de CO2 d’origine énergétique en France, représente un secteur clé dans le cadre d’une stratégie de réduction des émissions.

La pénétration de véhicules tout électrique ou hybrides rechargeables, qui puisent leur énergie de propulsion d’une électricité peu émettrice de carbone, est l’une des solutions avancées pour « décarboner » les déplacements assurés par les véhicules particuliers.

Un plan national pour le développement de ces véhicules a été lancé en octobre 2009, avec un objectif de 2 millions mis en circulation à l’horizon 2020. Un tel développement nécessitera le déploiement d’infrastructures de charge des batteries ; le plan prévoit la mise en place de 4 millions de prises dans le secteur privé, à domicile ou en entreprises, et 400 000 prises mises à disposition en voirie ou en parkings publics.

Le Service de l’Économie, de l’Évaluation et de l’Intégration du Développement Durable (SEEIDD) du Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) vient de publier une évaluation qui met en regard, en 2010 et à l’horizon 2020, l’ensemble des coûts et des avantages estimés du remplacement des véhicules « classiques » à motorisation thermique par des véhicules électriques.

A l’horizon 2020, le bilan est proche de l’équilibre. Le coût de la batterie reste un enjeu majeur à court moyen terme pour la compétitivité du véhicule électrique. Le développement d’une dynamique de marché à moyen terme devrait permettre une réduction significative de ce coût. Un soutien public à l’achat de véhicules électriques paraît donc justifié jusqu’au décollage de la filière.

L’étude fournit également des éléments d’évaluation de la demande potentielle de véhicules électriques, par une analyse des résultats récents de l’Enquête Nationale Transports Déplacements (ENTD 2008), relative aux déplacements des français. L’analyse montre que la grande majorité des déplacements quotidiens en véhicules particuliers pourraient être couverts par des véhicules tout électrique d’une centaine de kilomètres d’autonomie.


EXTRAIT :

« La nouvelle génération de véhicules électriques devrait apparaître sur le marché automobile dès 2011. Elle inclut le véhicule tout électrique qui fonctionne uniquement à partir d’une batterie rechargeable sur le secteur, de 100 à 150 kilomètres d’autonomie ; Ainsi que le véhicule hybride rechargeable qui dispose de deux énergies de propulsion : une batterie rechargeable sur le secteur et un moteur thermique traditionnel.

Les coûts évalués prennent en compte le coût total de possession d’un véhicule pour un particulier (achat, entretien, carburant ou électricité, batterie) et le coût de développement des infrastructures de recharge, qu’elles soient installées à titre privé ou public.

Les avantages pris en compte pour la collectivité sont la réduction des émissions de CO2, de polluants locaux et de bruit. L’étude intègre à la fois les émissions produites lors de la circulation des véhicules, et lors de la phase de production des batteries et de l’énergie (carburant ou électricité). Le passage d’un véhicule classique à un véhicule électrique permet une réduction des émissions de CO2 pour autant que le mode de production électrique soit faiblement émetteur de gaz à effet de serre. Le mix énergétique français, peu carboné hors période de pointe, présente un avantage significatif comparativement au mix moyen européen.

A l’horizon 2020, le véhicule hybride rechargeable présente un bilan positif et celui du véhicule tout électrique se rapproche de l’équilibre. Le coût de la batterie reste un enjeu majeur à court moyen terme pour la compétitivité du véhicule électrique. Le développement d’une dynamique de marché à moyen terme devrait permettre une réduction significative de ce coût. Un soutien public à l’achat de véhicules électriques paraît justifié pour la collectivité pour assurer le décollage de la filière. »

Lire la suite dans le rapport :

Les véhicules électriques en perspective Analyse coûts-avantages et demande potentielle (.pdf)

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5 Commentaires sur "Les véhicules électriques en perspective en France"

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jl06
Invité
Difficile de détecter des changements de tendance avec des hypothèses déterminantes qui s’inscrivent dans la continuité. Que ce soit dans les paramètres “classiques” (coût des carburants par exemple) ou plus spécifiques (performance des véhicules électriques ou habitudes de déplacement), on ne peut pas s’étonner de devoir attendre 2020 pour arriver à une forme de parité thermique – électrique. Si ces hypothèses permettent de faire des comparaisons tout à fait valables, elles ne présagent en aucun cas des perspectives d’évolution futures, même à l’horizon relativement proche de 2020. On peut toutefois imaginer que nombreux sont ceux qui risquent de se résoudre… Lire plus »
Fred 13
Invité

Ce qui peut être déja fait,demain, en milieu urbain c’est de limiter la taille et les cylindrés des véhicules.Un 4X4,avec une seul personne et qui consomme entre 12 et 14 l/100 dans un embouteillage de 1h30 c’est aberrant.Il faut arrêter de palabrer pendant des heures et prendre des décisions (courageuses).Londres en prend le chemin, et de toute manière il n’y aura pas d’autres alternatives.

Eolecentre
Invité

Mouai, moi je dit que si la sécheresse continue de persister, on va avoir de très gros souci d’approvisionnement d’électricité !L’été va être compliqué! Le grand public va enfin découvrir la vulnérabilité de notre production d’électricité nucléaire sensé  luter contre l’effet de serre, entrainant avec les espoirs de la voiture électrique!!!

Dan1
Invité
Le document cité en référence mérite d’être lu, je redonne le lien direct : En résumé, on peut estimer que 2 millions de véhicules électriques (et hybrides) consommeront au maximum 6 TWh en 2020. Il me semble que ce n’est pas la mère à boire pour la France. S’agissant d’une alimentation nucléaire, cela représente la production d’un seul réacteur nucléaire de 900 MW. Or on devrait récupérer au moins deux fois cela sans rien construire avec la mise en service de l’usine Georges Besse à Tricastin : Bon et puis il n’y a pas que le nucléaire, il y a… Lire plus »
Zig2235
Invité

Les poids lourds sont de gros émetteurs de CO2 (mais aussi : particules diesel, etc.) Rien que le trafic nord-sud sur la façade atlantique : 10 000 poids lourds par jour. consommation : 50 l / 100 km 1 l de gazole produit 2,6 kg de CO2 50 x 10 000 x 2.6 = 1 300 tonnes de CO2 / jour pour 100 km ! A quand les poids lourds zéro émission ?

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