Les véhicules hybrides coupent la route de l’hydrogène

Le développement des voitures électriques hybrides, qui fonctionnent à la fois à l’essence et à l’électricité, n’est pas une solution à long terme, et peut représenter un frein pour le développement de technologies plus propres.

C’est en tout cas ce que pensent deux chercheurs français, Jean-Jacques Chanaron, directeur de recherche au CNRS de Grenoble et Julius Teske, ingénieur.

Selon eux, l’engouement mal informé envers ce type de véhicules,  risque d’entraver les innovations dans d’autres domaines, et notamment dans celui des piles à combustibles.

"D’une manière générale, il existe une convergence de stratégies en vue de promouvoir les véhicules hybrides comme la solution à moyen-terme pour de très faibles émissions et un fort kilométrage."

"Ceci est dû en grande partie à la stratégie de Toyota", expliquent-ils.

Pour suivre le leader dans le domaine, les constructeurs s’efforcent d’intégrer des véhicules hybrides à leurs catalogues, malgré l’absence de rentabilité.

"La complexité et le coût élevé de la technologie hybride joue contre elle même".

Pour les deux chercheurs, cet engouement observable aux Etats-Unis et de plus en plus au Japon et en Europe, est principalement motivé par des préoccupations marketing plutôt que fondé sur des critères scientifiques. Et risque d’entraver les innovations dans d’autres domaines.

Chanaron et Teske pensent que la pile à combustible représente une solution bien plus durable, mais approuvent les études qui ne prévoient pas de commercialisation à grande échelle avant 2025. Trop tard pour lutter contre réchauffement climatique, selon certains modèles climatiques.

"Il y a un énorme dilemme stratégique pour les principaux acteurs de l’industrie automobile. (…)". "Les cinq prochaines années fourniront aux observateurs de l’industrie avec davantage de précisions les tendances et les facteurs de réussite ou d’échec", concluent les deux scientifiques.

 

 

Partagez l'article

 



Articles connexes

Poster un Commentaire

7 Commentaires sur "Les véhicules hybrides coupent la route de l’hydrogène"

Me notifier des
avatar
Trier par:   plus récents | plus anciens | plus de votes
Wingos
Invité

Bref, finalement en attendant 2030 les éventuelles voitures à Hydrogène grand public (2025 est très optimiste) et bien la voiture hybride c’est finalement pas mal. Peut-être qu’en continuant à fumer la moquette ces deux ingénieur vont trouver une alternative… JLuc

Guydegif(91)
Invité
J’abonde dans le sens de JLuc ! C’est comme pour le lobby Nuc: puisqu’on a 80% de notre élec. à partir du Nuc, c’est pas la peine de chercher des alternatives en Energiy mix, pensent certains !! Désolé, mais la position de Chanaron et Teske c’est un peu du même tonneau, en pire, car la pile à combustible n’est pas encore commercialisée… Bien au contraire, encourageons les hybrides pour bridger le gap en plus propre, en mix essence-élec., E85-élec, diesel-élec., biodiesel-élec, et demandons à ceux qui maitrisent, comme le N=°1 justement, d’élargir à d’autres modèles! Chez Toyota, hormis la Prius… Lire plus »
lol
Invité
Oui, les constructeurs US et allemands font de l’hybride sur des monstres à moteur 4 litres,V6 non pas au titre des réductions de consommations mais au titre de gadgets pour “executives” qui ne paient pas leur voiture. Non le véhicule hybride n’est pas fait pour les longs kilométrages, il est surtout performant en cycle urbain. Si les bus de Grenoble étaient hybrides l’air y serait moins pollué. Non le véhicule hybride n’arrête pas l’innovation, Toyota a 10 ans d’avance, les autres pédalent derrière, ils n’ont pas encore tout compris. Quand à la chaudière électrochimique, appelée pompeusement pile à combustible, demandez… Lire plus »
sicetaitsimple
Invité
J’interviens pour la première fois sur ce site, que j’apprécie beaucoup. Je suis dans le metier, celui de l’energie. Ce qui m’étonne, c’est parfois le manque d’ouverture d’esprit de certaines interventions : oui, toutes les solutions sont bonnes et doivent être explorées. Elles ont chacune un horizon de temps et généralement un coût immédiat qu’il faut assumer. Le véhicule hybride ne va pas à lui seul résoudre les problèmes de la planête, mais c’est un pas vers la réduction des emissions du transport. Le rechargeable, notamment à base de Nuc, est également une amorce de solution.Et le Nuc lui-même est… Lire plus »
js
Invité

pour une que tous le monde est d’accord !!! je pense aussi que nous allons connaitre une grande diversité dans nos approvisionnements energetique, aucune energie ne remplacera à elle toute seule le pétrole, surtout si on l’a veut respectueuse de l’environnement !!

gilchar
Invité

Il ne faut pas s’illusionner. Quelques que soient les avantages de l’hydrogène, de l’air comprimé, et autrefois de la vapeur; JAMAIS au grand JAMAIS, les pétroliers, les Etats ne laisseront passer un véhicule pas cher et propre. Vous verrez qu’on arrivera à une planète complètement pourrie, mais tant qu’il restera une goutte de pétrole, 1 gramme de charbon, 1 mm3 de gaz, RIEN strictement RIEN ne changera.

Jc
Invité

Je suis en complet désaccord avec la position de M Chanaron sur les véhicules hybrides. Une étude de l’Ademe montre clairement que, si un véhicule électrique rechargé dans un pays à électricité carbonée (Chine, Allemagne) produit autant de CO2 qu’un vehicule à essence, en France, grâce au nucléaire, le véhicule électrique ne produit quasiment pas de CO2 (surtout s’il est rechargé la nuit hors pointe carbonée d’EDF). Il est donc vital (climat, indépendance, balance commerciale…) de favoriser le développement du véhicule électrique, et l’hybride est le meilleur compromis (autonomie). JC. Ingénieur général des mines.

wpDiscuz