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L’éthanol cellulosique de décharge, une solution ?

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Des scientifiques prétendent que la conversion en biocarburant des déchets qui remplissent les décharges de la planète pourrait être la réponse à une demande croissante en énergie tout en s’attaquant à la réduction des émissions de carbone.

De nouvelles recherches publiées dans "Global Change Biology" montre comment la bioénergie pourrait remplacer l’essence par du biocarburant à partir d’un processus engageant la conversion des déchets et réduire ainsi les émissions mondiales de CO2 jusqu’à 80%.

Les biocarburants produits à partir de cultures ont fait l’objet d’une controverse parce qu’ils exigent une augmentation de la production agricole entrainant au passage de graves séquelles écologiques. Le biocarburant de deuxième génération, tel que l’éthanol cellulosique dérivé des déchets urbains pourrait offrir une alternative, sans pour autant compromettre l’environnement.

Selon l’auteur de l’étude, le Professeur Hugh Tan de l’Université nationale de Singapour "nos résultats suggèrent que le carburant issu de la biomasse des déchets comme le papier et le carton, est une solution d’avenir pour l’énergie propre."

Et d’ajouter "si on développait pleinement ce biocarburant, il pourrait satisfaire simultanément une partie des besoins mondiaux en énergie, mais aussi lutter contre les émissions de carbone et la dépendance aux combustibles fossiles."

L’équipe de chercheurs a utilisé l’Indice de développement humain de l’ONU afin d’estimer la production de déchets dans 173 pays. Ces données ont ensuite été corrélées à la base de données "Earthtrends" pour estimer la quantité de carburant consommé dans ces mêmes pays.

Ils ont constaté que 82,93 milliards de litres d’éthanol cellulosique peuvent être produits à partir des déchets mis en décharge dans le monde. Et, en substituant l’essence avec le biocarburant, les émissions mondiales de carbone pourraient être réduites de l’ordre de 29,2% à 86,1% pour chaque unité d’énergie produite.

"Cela pourrait faire de l’éthanol cellulosique une composante importante de notre avenir énergétique renouvelable" a conclu le co-auteur de l’étude, le Dr Lian Pin Koh de l’Ecole polytechnique de Zurich (ETH).

 

This paper is published in Global Change Biology: Bioenergy, to request a copy of the paper or for other media enquires, contact Ben Norman Benorman@wiley.com or +44 (0)1243 770 375.

Full Citation: Shi, Z.A, Koh, L.P., Tan, H.T.W., The Biofuel Potential of Municipal Solid Waste, GCB Bioenergy, Wiley-Blackwell, 2009, DOI: 10.1111/j.1757-1707.2009.01024.x


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    6 Commentaires sur "L’éthanol cellulosique de décharge, une solution ?"

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    Pastilleverte
    Invité
    A raison de 360k/an/personne déchéts en France, vu le parc automobile, le km moyen parcouru, la concommation etc un calcul de coin de table arriverait avec un rendement de conversion de la T d’ordure en étahnol de 30% à couvrir presque 1/3 de la consommation ! Petit(s) bémol(s) 1/ ce résultat suppose conversion de 100% de nos déchéts (?) 2/ éthano doit remplacer essence pas gazolel, on abat d’un bon 50% 3/ déchéts cellulosiques seulement (combien dans % de nos déchéts ?   aAvec beaucoup d’optimisme on arrive à 10% de la consommation de carburants (véhicules particuliers only), c’est déjà pas mal,… Lire plus »
    Ab
    Invité

    L’éthanol est plus polluant que l’essence

    bmd
    Invité

    Encore un article d’une profonde débilité! diminuer de 80% les émissions mondiales de CO2, cela revient à-dire que l’on remplace entièrement notre consommation de combustibles fossiles par cet éthanol! 90 milliards de litres d’éthanol, cela représente 45 Mtep d’énergie, soit 5% de notre consommation actuelle de combustibles fossiles, pas 80%. encore faut-il déduire l’énergie nécessaire à la fabrication de cet éthanol, probablement la moitié de l’énergie qu’il contient. Ridicule! Mais où Enerzine recrute-t-il ses journalistes?

    Dogger
    Invité
    On a du mal en effet, à prendre au sérieux cet article. Il n’est pas expliqué comment l’on passe des déchets urbains à l’éthanol, cette conversion est a coup sur consommatrice d’énergie, de combien ?. On sait par contre produire du biogaz à partir des déchets urbains, les exemples ne manquent pas en France sur des CET (claye Soully 77 par exemple) ou en disgesteur (Varennes Jarcy 91). On sait égalemant conditionner le biogaz pour en faire un carburant (gaz en bouteilles), la aussi des exemples existent (Lille). Alors pourquoi vouloir inventer autre de chose dont le bilan énergétique et… Lire plus »
    Guydegif(91)
    Invité
    Certains critiques vont très voire trop vite en besogne ! QQ excuses de leur part s’imposeraient après lecture de ci-dessous ! Certes certains chiffres sont par trop optimistes, comme la réduction de 80% du CO2 qui est un peu utopique….mais entre les réductions de CO2 (et de NOx aussi d’ailleurs!) par des produits plus propres et le fait d’en consommer moins car voitures plus légères et moteurs plus efficaces….on peut tj faire mieux !  Dogger a raison, on sait faire du biogaz par méthanisation anaérobie à partir de nos déchets et des exemples existent,…. même en France! Ceux cités par Dogger, +… Lire plus »
    matthieu
    Invité
    Guydegif : J’ai travaillé plusieurs mois sur le procédé Choren . Il s’agit en effet d’un Fischer-Tripsch (FT) mais pas à partir de Biogaz ! « BtL » signifie Biomass to Liquid et s’applique uniquement aux voies par gazéification. Le FT fonctionne à partir de Syngaz (H2+CO), et arrive donc en aval d’un gazéification. Là où je suis sceptique, c’est que du syngaz de déchet urbain (MSW) est certainent inutilisable pour un FT, loin de la pureté du syngaz de bois & paille. Ce qui semble évoqué par l’article est la production d’éthanol cellulosique par hydrolise-fermentation. Les rendements énergétique sont autour de… Lire plus »
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