Maîtrise de l’énergie : priorité à la pointe (UFE)

L’Union Française de l’Electricité (UFE) préconise une maîtrise de la consommation de pointe pour soutenir le développement des énergies renouvelables.

Analysant le projet de rapport relatif à la Programmation Pluriannuelle des Investissements de production électrique pour la période 2009-2020, l’UFE estime que la lutte contre les émissions de CO2 sera d’autant plus efficace que l’accent sera mis d’une part sur la maîtrise des consommations aux heures de pointe, et d’autre part sur un soutien renforcé aux énergies renouvelables.

Dans les années à venir, de nombreux transferts d’usages vont se faire au profit de l’électricité, indique l’UFE : dans les transports, dans l’industrie, dans le tertiaire et le résidentiel. Elle chiffre ainsi à 15% la croissance de la consommation d’électricité à l’horizon 2020.

Une hausse qu’elle juge "tout à fait être compatible avec une diminution des émissions de CO2", à condition d’être prise en compte dès à présent dans le cadre d’une "politique énergétique française cohérente".

Toutefois, l’UFE considère que si les orientations politiques actuelles de Maîtrise De l’Energie (MDE) sont légitimement centrées sur la diminution de la consommation d’énergie, elles n’insistent pas assez, pour l’électricité, sur la maîtrise de la demande de pointe, c’est-à-dire là où l’on peut réduire davantage les émissions de carbone.

Pour l’UFE, une incitation à la réduction des consommations à la pointe doit pouvoir être réalisée par plusieurs leviers :

  • Le rétablissement des conditions techniques et économiques permettant de rétablir l’équivalent de 4000 MW de puissance d’effacement disponible par les consommateurs industriels (tarifs EJP) ;
  • La promotion de "systèmes de chauffage performants" (Pompes à chaleur équipées de système d’effacement, chauffage à accumulation notamment) ;
  • Le développement d’un parc de véhicules hybrides ou électriques ambitieux à l’horizon 2020 doit conduire, dès à présent, à intégrer la problématique de leur rechargement prioritairement en période creuse, quand cela n’émet pas de CO2 ;.
  • Le déploiement de systèmes de comptage intelligents (ou communicants) qui accompagnera le développement de solutions de gestion de la charge à l’aval.

L’UFE considère donc que ce volet relatif à la maîtrise de la pointe du système électrique devrait être approfondi au sein du rapport PPI sous la forme d’un chapitre dédié.

Par ailleurs, le syndicat professionnel de l’électricité souligne que les objectifs retenus dans le cadre de la PPI "sont très ambitieux" et les "soutient pleinement", tout en estimant possible, "sans difficultés particulières", de majorer, d’ici 2020, la consommation finale d’énergies renouvelables de 10 ou 12 Millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep). Soit une augmentation d’environ deux tiers par rapport à aujourd’hui.

Cependant, à partir de 15 Mtep supplémentaires, soit un quasi-doublement, les politiques de soutien devront changer d’échelle et se maintenir dans la durée, estime-t-elle.

Atteindre 20 Mtep supplémentaires demanderait une volonté politique de nature à surmonter tous les obstacles. La réalisation des objectifs de développement de toutes les filières ENR devra ainsi nécessairement s’accompagner d’une politique volontariste des pouvoirs publics afin :

  • d’accélérer le développement des réseaux nécessaire à intégrer les ENR, en simplifiant les procédures administratives applicables, notamment en matière de raccordement, mais aussi en prévoyant le financement des renforcements de réseaux électriques.
  • d’organiser efficacement la mise en œuvre territoriale des politiques de développement des ENR. Ainsi, il conviendrait d’être vigilant à bien anticiper les délais nécessaires à la mise en place opérationnelle des lieux de concertation tels que les schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie puis des schémas d’accès aux réseaux. A défaut, il est à craindre que ceux-ci n’entrent en vigueur qu’à compter de l’année 2012, échéance des objectifs intermédiaires.
  • d’éviter toute mesure réglementaire de nature à accroître les obstacles aux nouveaux projets. De façon générale, dans toutes les filières, il conviendra de veiller à réduire les délais qui séparent l’instruction des projets de la décision de la mise en service et simplifier, ainsi, tout le formalisme administratif, préconise l’UFE.

L’UFE représentait en 2008, directement ou indirectement, plus de 500 entreprises, producteurs, gestionnaires de réseaux, fournisseurs, commercialisateurs d’électricité qui emploient près de 150 000 salariés pour un chiffre d’affaires en France de près de 40 milliards d’euros.

Les membres de l’UFE sont la Compagnie Nationale du Rhône, DK6, EDF, EDF Energies Nouvelles, ENDESA France, ERDF, les Entreprises Locales d’Energie, France Hydro Electricité, POWEO, RTE, la Société Hydro Electrique du Midi, SUEZ, le Syndicat des Energies Renouvelables, l’Union Nationale des Entreprises Locales de l’Electricité et du Gaz.

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