Manifestez-vous dans le « Grand éolien »

Différents cabinets ministériels ont annoncé mercredi le lancement d’un appel à manifestations d’intérêt piloté par l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) et dédié au « Grand éolien ».

Le Grenelle de l’Environnement a fixé comme objectif de porter à 23 % la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie française à l’horizon 2020. L’énergie éolienne représente à elle seule un quart de cet objectif.

Cette décision politique implique une augmentation de la capacité éolienne terrestre à 19 GW et la construction d’une capacité de 6 GW en mer à l’horizon 2020. Par ailleurs, la réalisation de cet objectif doit s’accompagner du développement de la filière industrielle, avec un objectif de plusieurs dizaines de milliers d’emplois.

A cet effet, le Gouvernement indique vouloir concenter son soutien à la recherche et développement d’une part et à la mise en place d’un cadre favorable à l’implantation des éoliennes d’autre part. Cela passera obligatoirement par un tarif d’achat incitatif pour l’éolien terrestre, par des appels d’offre pour l’éolien en mer dont le premier a été lancé le 11 juillet 2011, ainsi qu’une réglementation adaptée.

La France compterait près de 200 entreprises positionnées aux différentes étapes de la fabrication des éoliennes et des compétences techniques reconnues dans tous les corps de métier associés (aérodynamique, mécanique, électronique, bâtiment et travaux publics…).

En contrepartie, l’industrie éolienne fait appel à une expertise de plus en plus pointue. De nombreux besoins en matière de R&D et d’ingénierie sont identifiés pour augmenter les performances et la fiabilité des composants (pales, génératrices, multiplicateurs,…), pour faciliter la coexistence avec les radars, pour améliorer l’évaluation de la ressource, pour permettre une meilleure intégration dans les réseaux, pour améliorer la prise en compte des enjeux environnementaux, etc.

L’appel à manifestations d’intérêt (AMI) a donc pour objectifs d’accompagner ces innovations, de lever les freins technologiques et de permettre de consolider la filière. Les grands axes de cet AMI sont les suivants :

• Amélioration de la compétitivité de la filière, par la diminution du coût de l’électricité produite par les éoliennes de grande puissance.
• Amélioration de l’intégration de l’éolien dans le paysage énergétique français, en proposant des synergies et solutions innovantes pour lever les conflits d’usage.
• Contrôle et atténuation des impacts environnementaux des parcs éoliens.

Cet appel à manifestations d’intérêt cible le « Grand Eolien », et plus particulièrement les composants et/ou machines d’envergure adaptés au marché terrestre, insulaire ou au marché de l’éolien en mer.

Les éoliennes flottantes n’entrent pas dans le champ de cet AMI.

Les projets éligibles à l’AMI « Grand Eolien » concernent des démonstrateurs de recherche, démonstrateurs préindustriels et plateformes technologiques s’inscrivant dans au moins l’un des axes technologiques suivants :

• Axe 1 : Composants et machines
• Axe 2 : Services et exploitation
• Axe 3 : Sites d’essais et de certification

Le montant définitif consacré à cet appel à manifestations d’intérêt dépendra de la qualité des projets retenus.

« Peu de filières présentent un potentiel de croissance aussi marqué et demandent une expertise aussi pointue que l’éolien. L’appel à manifestations d’intérêt « Grand éolien » participe de la détermination du gouvernement à positionner la France sur ce marché. Au-delà des enjeux environnementaux, la réalisation des objectifs du Grenelle de l’environnement doit permettre la création d’une véritable filière industrielle, représentant plusieurs dizaines de milliers d’emplois. » a précisé Nathalie Kosciusko-Morizet.


La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 15 décembre 2011.

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5 Commentaires sur "Manifestez-vous dans le « Grand éolien »"

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Blabla
Invité

“… mise en place d’un cadre favorable à l’implantation des éoliennes tarif d’achat incitatif pour l’éolien terrestre réglementation adaptée”. On croit réver: n’est-ce pas ce que le Grenelle était censé faire? N’a t’il pas fait exactement le contraire? C’était donc le baratin NKM; attendons maintenant le baratin Eric Besson, qui bien que peut-être équivalent, se traduira par au mieux par une inaction qui ira exactement dans le sens contraire. D’ailleurs exclure l’éolien flottant, n’est-ce pas exclure le seul business pour lequel le train (comme on dit) n’est pas encore raté?

Lionel_fr
Invité
Pourquoi présenter les choses comme si on allait réinventer l’éolien ? Les machines actuelles sont incroyablement évoluées, Vestas a déjà sorti une génération de rotors furtifs aux radars, etc.. Peut-être que nos énarques sont aussi désolés que moi de l’échec du rachat de Repower et refusant de changer d’attitude, ils clament qu’on va faire mieux avec des AMI ? Soyons clair ! Cet echec n’est pas réversible. Il a mis un terme définitif aux espoirs de la France dans la fabrication mais pas dans les collaborations internationales. Dés lors que nos élites l’acceptent , nos ingés trouveront du boulot ,… Lire plus »
chelya
Invité
En gros il s’agit de mécanismes basés sur les avances remboursables qui sont inspirés du secteur de l’aéronautique (Airbus). L’idée c’est essentiellement de jouer le rôle de banque pour pouvoir réaliser un prototype avant une mise en série… Le problème c’est que ça n’a aucun intérêt dès qu’on sort des gros paquebots à innovation sur des cycles longs et aux perspectives économiques peu visibles comme la séquestration du carbone, l’hydrogène ou le nucléaire… Les AMI dans les ENR (innovation continue façon nouvelle économie avec un marché dynamique) ne sont utiles que pour : – les PME françaises – qui manquent… Lire plus »
Lionel_fr
Invité
Merci chelya pour ces précieuses informations. L’autre point est la préservation d’un minimum de secret dans les projets novateurs. Je me demande comment une PME qui envoie son précieux projet et apprend plus tard qu’une énorme boite le réalise à grande échelle, peut faire valoir son antériorité. Pour faire simple , je n’ai pas confiance, déposer des brevets coûte trop cher et ne convient pas dans le logiciel. Ce problème est présent partout mais là , c’est une caverne d’ali baba pour les industriels en mal d’idées mal protégées. Cela explique en partie l’explosion des solutions hard+soft , bien plus… Lire plus »
montayak
Invité

Il est temps que la France qui a de nombreux atouts dans ce domaine soit mieux placée. Elle n’a que trop tardée. Il y a encore trop de personnes qui pensent que l’intermittence est un problème. M. Vergnet démontre chaque jour qu’il n’en est rien.

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