Nucléaire : Ca bouge en Grande Bretagne…

Elle vient de publier ce que l’on peut considérer comme l’étape suivante de cette décision de principe, un document dit de "Stratégie Industrielle Nucléaire" qui entre plus dans le détail des capacités nucléaires à installer, des lieux prévus pour le faire, des coûts estimés et du timing de cette relance du nucléaire sur le territoire britannique. Un document qui doit beaucoup intéresser EDF qui a racheté les installations existantes de British Energy et dont on peut penser que le choix par les autorités britanniques à l’issue de cet appel d’offre, relevait pour beaucoup, au delà de l’aspect prix, de l’expérience nucléaire inégalée de notre électricien national.

Il devrait aussi intéresser nos hommes politiques, nos médias et le grand public, car la Grande Bretagne, ce faisant, préempte en quelque sorte les ressources d’EDF, société nationale française tout de même, pour bâtir son outil de production énergétique pour les 50 ans à venir ! Ce n’a pas été le cas, l’annonce de ce document n’a suscité aucune réaction particulière dans notre beau pays alors que son implication est qu’EDF consacrera l’essentiel de ses ressources financières pour les décennies à venir à construire les centrales nucléaires de la Grande Bretagne!!!

Voici donc ci contre les 5 nouveaux sites sur lesquels seront construites les centrales nucléaires nouvelles que la Grande Bretagne prévoit de construire dans le cadre de ce programme "New Build". Attention il peut y avoir plus d’un réacteur par site comme c’est le cas sur le site le plus avancé celui de Hinckley Point. La puissance nucléaire globale à construire se monte à une fourchette de 15 à 75 Gigawatts à comparer à la totalité de la capacité installée en France, soit 63 GW ou encore à celle des deux EPR en cours de discussion pour installation à Hinkley Point soit 3,2 GW.

En d’autres termes, Londres de se donne pas de limite institutionnelle dans son programme. Elle construira tout ce qu’elle pourra construire.Le Ministère de l’Industrie assortit seulement l’annonce de cette capacité du commentaire suivant: "La taille du programme du Nouveau Nucléaire britannique dépendra largement de l’ambition de l’industrie, du succès du premier programme, du retour d’expérience, de la confiance des investisseurs et des économies d’échelles". Tout est ouvert donc mais la taille minimale, 15 GW équivaut déjà à 10 EPR !

Le timing de ce New Build est prévu à l’horizon 2050 à l’échéance desquels la Grande Bretagne devrait atteindre un mix énergétique de 40 à 50 % de sa production d’électricité de provenance nucléaire. A la lecture de ces chiffres, vous en déduirez peut être que la Grande Bretagne n’entend pas développer beaucoup les autres énergies renouvelables, éolien, photovoltaïque, ou autres. Détrompez vous, elle a déjà annoncé et même engagé des programmes très importants dans les renouvelables en particulier dans l’éolien.

C’est donc qu’elle prévoit des besoins énergétiques considérables d’içi 2050 et qu’elle s’y prépare activement. Comme ils ne devraient pas différer considérablement des nôtres, on peut se demander si ce n’est pas nous qui prenons du retard avec la baisse programmée de notre capacité nucléaire et des programmes éoliens relativement modestes par rapport à ceux des britanniques.

Le coût global n’a pas été évalué, par contre celui des deux EPR de Hinckley Point est annoncé dans une fourchette de 14 à 16,5 milliards d’euros soit sur la base de la dernière estimation du coût de l’EPR de Flamanville par EDF à 8,5 milliards le réacteur. L’avantage de l’effet de série dont on nous parle en France n’est pas pris en compte par les britanniques car parait il, il ne vaut que sur le même territoire.

En terme d’emploi, il est indiqué que la première vague de New Build, c’est à dire les deux EPR d’Hinckley Point, devrait créer 40.000 emplois jusqu’à la mise en service vers 2018 des deux EPR, après quoi ce sont les développements des autres sites qui devraient prendre le relai. Une masse d’emplois équivalente à celle existant pour l’exploitation des centrales existantes

Reste que ce beau rapport défini le long terme, mais que pour l’instant l’heure est à la négociation entre British Energy / EDF et le ministère de l’Industrie du prix de reprise de l’électricité produite. Une indication intéressante néanmoins dans ce rapport pour cette négociation, le Ministère a déjà admis le coût de construction de l’EPR qui en est quand même le point de départ….

[ Archive ] – Cet article a été écrit par CaDerange

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