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Nucléaire : un prolongement de la durée de vie inéluctable ?

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Un élément du rapport de la Cour des comptes sur les coûts de la filière nucléaire est passé relativement inaperçu : le prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires semble inéluctable afin de répondre aux enjeux énergétiques des vingt prochaines années.

Parmi la masse d’informations disponibles dans le rapport de la Cour des comptes, la question de l’avenir énergétique à moyen-terme de la France semble avoir été éclipsé. Les conclusions des Sages sont pourtant assez claires et n’offrent guère d’alternatives.

Compte tenu de l’âge du parc nucléaire français et du fait que l’essentiel des réacteurs de l’hexagone arriveront en fin de vie à l’horizon 2022, la Cour des comptes dresse trois scénarios possibles pour résoudre l’équation de l’approvisionnement électrique du pays.

Le premier scénario consisterait à s’engager immédiatement dans la construction de 11 EPR pour compenser les départs à la retraite des autres réacteurs. Il s’agit évidemment d’un scénario-fiction qui semble inenvisageable tant pour des raisons politiques qu’économiques… mais aussi industrielles (comment trouver les ressources humaines et le savoir-faire pour engager simultanément 11 projets industriels aussi pointus).

La Cour des comptes s’est ensuite penchée sur un deuxième scénario, celui d’une évolution du mix énergétique français avec une baisse progressive de la part du nucléaire d’ici 2022. Une option qui est également difficilement envisageable en une décennie car elle nécessiterait un niveau d’investissements considérable pour la construction de nouveaux outils de production (essentiellement des centrales thermiques, donc polluantes).

Nucléaire : un prolongement de la durée de vie inéluctable ?

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Reste une troisième voie, que semble privilégier la Cour des comptes : celle d’un prolongement de dix ou vingt ans de la durée de vie des centrales nucléaires françaises. Certes les investissements seront également conséquents pour assurer la maintenance et l’amélioration des niveaux de sécurité, mais ces coûts ont déjà été provisionnés par EDF qui se prépare depuis plusieurs années à cette solution.

Le prolongement éventuel de la durée de vie des centrales nucléaires françaises ne pourra toutefois pas se faire sans l’aval technique de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, et politique du gouvernement. Mais face à l’importance des enjeux et à l’absence de solutions viables sur le moyen-terme, il semblerait que cette solution ait été tacitement choisie par les acteurs du secteur nucléaire.


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    12 Commentaires sur "Nucléaire : un prolongement de la durée de vie inéluctable ?"

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    Pastilleverte
    Invité

    Tiens, au fait, il ne vous aura pas échappé que nos amis d’outre Rhin ont remis en route quelques centrales nucléaires qui étaient en « réserve », pour les cas comme celui-ci. Nous saluons le pragmatisme allemand.

    Colibri
    Invité
    Cette information est fausse. Ce sont des centrales au charbon arrêtées (remplacées par d’autres plus récentes) et gardées en réserve. S’il est question de quatre centrales pour un total de 1000 MW, ce ne peut d’ailleurs être que des centrales de 250 MW et aucune centrale nucléaire n’est aussi petite en puissance. La situation a été envisagée dès l’été. D’ailleurs, lorsqu’une vieille centrale à charbon ou au gaz est arrêtée, elle n’est pas démontée immédiatement mais conservée plusieurs années « au cas où ». D’autre part, il faudrait un vote du parlement pour remettre en marche une centrale nucléaire, même pour une… Lire plus »
    Bachoubouzouc
    Invité

    D’après Le Parisien, le porte-parole d’un des groupes en question a confirmé la nouvelle au journal allemand : J’aimerais bien que cette information soit enfin clairement confirmée ou infirmée !

    Sustainable
    Invité

    Le message de la cour des comptes est déformé. Le contenu de cette article fait totalement l’impasse sur la seule solution durable: développer massivement les énergies renouvelables.

    rouget
    Invité
    « Parmi la masse d’informations disponibles dans le rapport de la Cour des comptes, la question de l’avenir énergétique à moyen-terme de la France semble avoir été éclipsé. » C’était clairement exprimé dans les communiqués de presse de la CdC, la synthèse du rapport et l’intervention de Didier Migaud… ENerzine en a même déjà fait un article ! Sinon la Bundesnetzagentur avait déclaré ne pas avoir besoin de faire appel à la réserve froide, c’est-à-dire quelques réacteurs nucléaires laissés en veille. Le rédmarrage de plusieurs réacteurs me surprend beaucoup… Politiquement ce serait un échec et surtout une source de honte pour les… Lire plus »
    Colibri
    Invité
    .. suite … A l’origine, c’est une fausse information du Figaro qui a interprété, avec son idéologie, une information très vague d’un obscur journal allemand. Voici la réalité : … les quatre principaux opérateurs de réseaux du pays ont demandé mercredi 7 février l’activation du générateur de réserve d’une centrale au charbon à Mannheim (sud) et de deux autres unités de réserve en Autriche. L’Agence a désigné comme capacité de réserve cinq générateurs en Allemagne, qui fonctionnent au charbon ou au gaz et sont normalement à l’arrêt, ainsi que plusieurs en Autriche. Ils doivent être activés à la demande des… Lire plus »
    Tassin
    Invité

    Effectivement l’information selon laquelle des réacteurs nucléaires Allemands ont été réactiver pour faire face à la demande de ses vosins en fausse. Ils s’agissait de centrales au charbon :

    Bachoubouzouc
    Invité

    Heureusement, les allemands n’ont pas rallumé des centrales nucléaires pour passer l’hiver, mais bien de vieilles centrales au charbon ultra-polluantes. Ouf, l’écologie est sauve ! Et ce coup-ci le lobby pro-nucléaire, en la personne du Figaro, a poussé la propagande jusqu’à publier un erratum. Quels vicieux s’ils vont jusqu’à reconnaitre leurs erreurs !

    mahmadeus
    Invité

    L’information relayée par l’AFP et toute la presse a effectivement été démentie. Néanmoins et toujours selon l’AFP (après interview dans les rangs du gestionnaire du réseau allemand), l’Allemagne n’exclut pas de recourir à l’atome sur 3 centrales. Par contre, les fameuses centrales dites en « réserve froide » qui ont été sollicitées sont des centrales thermiques à gaz mais surtout de très vieilles centrales à charbon (écologiquement je trouve qu’on est en plein délire) et qui produisent de l’électricité à perte…

    aurel
    Invité

    « Et ce coup-ci le lobby pro-nucléaire, en la personne du Figaro, a poussé la propagande jusqu’à publier un erratum. Quels vicieux s’ils vont jusqu’à reconnaitre leurs erreurs  » C’est un peu gros comme erreur, non ? Est-ce si compliqué de cérifier une information avant de la publier ?

    Bachoubouzouc
    Invité

    Boaf, ils déjà fait bien pire. En reprenant tel quel un communiqué de greenpeace affirmant qu’il y a moins de diesels sur un EPR que sur nos réacteurs précédent, par exemple. Ou encore en affirmant que la France n’a plus les moyens de remplacer son parc nucléaire. Ou enfin en confondant milliards et millions d’euros du MW installé. Venant des journalistes, je ne m’étonne plus de rien. La différence entre un journaliste pro et anti nucléaire est que le pro admet ses erreurs. Et en commet tout de même moins.

    mahmadeus
    Invité

    Dans l’absolu l’Allemagne vise une sortie définitive du nucléaire en 2022, donc techniquement il n’y aurait rien à dire sur le fait que d’ici là ils sollicitent le nucléaire si besoin est. D’ailleurs s’ils le font ce sera exactement la ligne de défense de Merkel, elle dirait « l’Allemagne s’est engagée à sortir définitivement du nucléaire d’ici 2022 et elle le fera ». Clair que ça la fouterait un peu mal mais il n’y aurait rien d’illégitime à ce qu’ils le fassent si?

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