Nucléaire: Zapatero va t il tourner sa veste ?

Parmi les dernières nouvelles en faveur du nucléaire, signalons la décision récente de la Suède d’enterrer ses déchets.Un centre de stockage à cet effet sera construit dans l’est de la Suède à Forsmark par le Société Suédoise de Gestion de l’Energie et des Déchets nucléaires, la SKB. Les déchets seront enfouis à 500 mètres sous terre dans un sol granitique qui devrait assurer à ces déchets une durée de conservation de plus de 100 000 ans. Début des travaux en 2016 et inauguration en 2022/2024. Le problème du stockage des déchets, qui n’avait d’ailleurs rien d’urgent à résoudre, semble donc avoir été résolu dans ce pays qui était pourtant plutôt considéré comme un pays sensible à l’écologie.

Ils restent deux pays qui ont pris des engagements anti nucléaires forts comme l’Allemagne et l’Espagne qui se trouvent désormais confrontées frontalement au problème d’un changement d’opinion sur cette énergie avec l’arrivée prochaine de la date de fermeture des centrales nucléaires anciennes que ces deux pays s’étaient engagés à fermer à l’échéance de leurs quarantes années de fonctionnement  (sans incident incidemment). Pour l’Allemagne, on sait que l’échéance sera la date des élections législatives allemandes en fin d’année. Angela Merkel avait déjà exprimé une opinion favorable pour une modification de la réglementation allemande en faveur du nucléaire mais avait du se résoudre à rester dans l’immobilisme du fait du partage du pouvoir avec le SPD. Le mauvais score du SPD aux élections européennes et le bon de la CDU sont en principe une indication favorable ppru uen victoire de la CDU/CSU. Par contre le bon score des Verts va rigoureusement en sens inverse. A suivre donc avec attention cet automne.

Coté espagnol, Jose Luis Zapatero, dont le score aux européennes n’a pas été brillant, doit prendre une décision sur la fermeture de la centrale nucléaire de Garona près de Burgos qui a atteint ses quarante ans et dont la licence d’exploitation se termine le 5 juillet. Elle devrait donc, si Monsieur Zapatero reste ferme sur ses convictions et ses alliances électorales, fermer à cette date.Les opérateurs, une JV Iberdrola/Endesa,ont demandé une poursuite d’exploitation de 10 ans. Or malgré un effort de mise en place de productions d’énergies renouvelables, en particulier en éolien,ces énergies n’assurent toujours que 15 % de la consommation espagnole alors que le nucléaire en assure 20 % et la seule centrale de Garona 1.35 %. Encore faudrait il savoir si l’on parle de production d’électricité, en Megawatts/heure ou de puissance installé en Megawatts que l’éolien ne peut assurer que quand il y a suffisamment de vent !

Or le Conseil de Sécurité Nucléaire national vient de se prononcer en faveur de la poursuite de l’exploitation de cette centrale. Par ailleurs par rapport à ses engagements de Kyoto, l’Espagne est le plus mauvais élève de la classe avec des émissions de CO2 encore 28 % en dessous de son objectif. Remplacer le nucléaire par toute autre énergie conventionnelle n’irait pas dans le bon sens.

Attendons donc la décision finale de José Luis Zapatero. Je fais un pari, il va bien tourner sa veste mais avec les circonlocutions qui permettront de l’expliquer au peuple.

[ Archive ] – Cet article a été écrit par CaDerange

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