Enerzine

Particules fines : succès des « zones vertes » à Munich

Partagez l'article

Une étude menée au Centre Helmholtz de recherche environnement et santé de Munich vient de montrer que l’introduction depuis le 1er octobre 2008 de zones vertes dans le centre de Munich a conduit, sur la période d’octobre 2008 à janvier 2009, à une réduction de la pollution aux particules fines PM10 [1]. La baisse est d’autant plus significative dans les zones de trafic intense.

Depuis 2008, de nombreuses villes allemandes ont instauré des zones vertes dans leur centre ville. En limitant l’accès aux véhicules fortement polluants, cette mesure vise à réduire la concentration de particules en suspension dans les quartiers présentant un trafic automobile élevé et ainsi protéger au mieux la santé des habitants de ces zones. Toutefois, peu d’études avaient été jusqu’à présent conduites sur le sujet et l’efficacité de ce type de réglementation sur la santé et l’environnement n’avait pas pu être scientifiquement attestée. Dans ce contexte, l’étude du Dr. Joseph Cyrys, du Prof. Annette Peters et du Prof. H-Erich Wichmann de l’Institut d’épidémiologie du Centre Helmholtz de Munich apporte des éléments de réponse quant aux bénéfices pour l’Homme de l’interdiction de circulation de certains véhicules dans plusieurs zones du centre ville de la capitale bavaroise.

Les scientifiques ont ainsi comparé le taux de particules fines de type PM10 dans plusieurs zones vertes de Munich avant (octobre 2007 – janvier 2008) et après (octobre 2008 – janvier 2009) la mise en place de ces secteurs dans la ville. Pour pouvoir mettre en parallèle les données de façon correcte, les chercheurs ont dû prendre en considération et annuler le facteur météorologique qui diffère d’une année à l’autre. Pour ce faire, ils ont utilisé les valeurs provenant d’une station de mesure localisée en dehors d’une de ces zones vertes. Ces données ont servi de références pour supprimer la composante météorologique qui influait sur la concentration de particules PM10.

Les conclusions de l’expérience sont simples : la concentration en particules PM10 a diminué depuis la mise en place de zones vertes à Munich. Cette réduction est par ailleurs plus marquée dans les secteurs où la circulation automobile est la plus importante. Ainsi, le quartier de Stachus à Munich a enregistré une baisse de près de 10% alors que la station de mesures de la Prinzregentenstraße a noté une diminution de taux de particules PM10 d’environ 12% ; celle de la Landshuter Allee a indiqué une réduction de 9%. Dans la Lothstraße, moins fréquentée, la différence par rapport à l’année 2007/2008 n’est que de 5%.

"Même si la baisse observée semble faible, nous supposons qu’elle est représentative des particules les plus dangereuses pour la santé, c’est-à-dire celles issues de la combustion ayant lieu dans les moteurs automobiles, notamment dans les moteurs diesel", estime le Prof. Wichmann. Les scientifiques du Centre Helmholtz de Munich supposent maintenant que la réduction au niveau des particules PM2,5 [2] et des particules ultrafines est encore plus probante dans les zones vertes. Aucune étude n’a cependant été menée sur ce point spécifique. L’effet positif sur la quantité de particules fines et ultrafines pourra être confirmé dans une phase ultérieure de l’étude. D’autres expériences pourront être entreprises à cette occasion : le taux des particules de suie ainsi que le potentiel oxydant de certaines liaisons organiques intéressent particulièrement les chercheurs.

Les résultats de l’étude font l’objet d’une publication dans la revue scientifique "Umweltmedizin in Forschung und Praxis" .

[1] particules en suspension dans l’air, d’un diamètre aérodynamique inférieur à 10 micromètres.

[2] particules en suspension dans l’air, d’un diamètre aérodynamique inférieur à 2,5 micromètres.ver sa croissance. Elle est également à l’origine de retard de la chute des feuilles, jusqu’à plusieurs mois, et joue un rôle dans la germination.

[BE Allemagne numéro 447 (30/07/2009) – Ambassade de France en Allemagne / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60156.htm]


Partagez l'article

 



    Articles connexes

    Poster un Commentaire

    5 Commentaires sur "Particules fines : succès des « zones vertes » à Munich"

    Me notifier des
    avatar
    Trier par:   plus récents | plus anciens | plus de votes
    Bobi
    Invité

    Des zones vertes dans nos villes, quelle bonne idée, la reconquète des rues et des espaces par les habitants, la fin du bruit des moteurs et de la pollution, je vote pour l’interdiction de circuler dans paris et les grandes villes de france 😉

    Pastilleverte
    Invité
    interdire le chauffage au bois, même si les particules émises ne sont peut être pas dans la même catégorie de « dangerosité » que les PM10 et moins si affinités. A noter que quand on parle vraiment de pollution, notamment pour celle issue de l’automobile, les particules arrivent largement en tête des « émissions » dandereuses pour la santé. A aucun moment on ne parle du CO² et pour cause, ce n’est pas un polluant, mais un aliment indispensable pour toute plante. A ce propos,  ce sont bien les voitures diesel qui sont les plus polluantes, nonobostant leurs émissions plus faibles de CO² (bravo… Lire plus »
    maxxxx
    Invité
    C’est normal que la baisse mesurée ne soir pas vertigineuse… je suis même surpris qu’elle atteigne jusqu’à 10% !! En effet, pour éclaircir un peu le sujet, il faut préciser que les véhicules sont classés en 4 catégories (du plus polluant au moins :  1 – pas de vignette / 2 – rouge / 3 – jaune / 4 – vert). Les critères d’attribution des classes sont d’ailleurs assez… hum… surprenants. (date de première immatriculation, indicatif du moteur ou classe de pollution du moteur au choix). De plus les gens qui délivrent la vignette en question ne doivent pas vraiment… Lire plus »
    Bobi
    Invité

    Cette vision de la différence entre la France et l’Allemagne est très intéresssante, chacun prêche pour sa paroisse 😉

    Dan1
    Invité
    Afin d’éclairer le débat sur l’émission des particules du transport routier, il n’est pas inutile de se reporter aux bases de données officielles notamment le CITEPA. Voir le document suivant et notamment à partir de la page 82 : On y voit que quelle que soit la motorisation on aura beaucoup de particules car les sources prépondérantes sont :  – les pneus,  – les plaquettes de frein,  – l’usure des routes J’imagine que ça doit être la même chose en Allemagne.    Evidemment c’est surtout vrai pour les PM10 et beaucoup moins pour PM 2,5 et PM 1 mais ça recadre les axes… Lire plus »
    wpDiscuz