Plastic Odyssey, ce navire transforme les déchets plastiques en carburant

Abritant plus de 700 000 espèces vivantes, l’océan constitue une ressource vitale et fournit près de la moitié de l’oxygène que nous respirons. Pourtant essentiel à la survie de l’espèce humaine, il est aujourd’hui gravement menacé.

Chaque jour, près de 26 000 tonnes de déchets plastiques sont déversées dans l’océan. Les effets sur la faune et la flore sont dévastateurs et à ce rythme, l’ONU Environnement prédit qu’en 2050, l’océan contiendra plus de matière plastique que de poissons.

Face à ce constat alarmant, l’ère des énergies fossiles doit prendre fin le plus rapidement possible. L’avenir de l’océan en dépend. Cependant, quelques décennies vont être nécessaires avant que de réelles solutions durables et viables puissent émerger. Changer nos modes de consommation nécessite du temps. Ce temps, l’océan ne l’a plus.

C’est pourquoi il est indispensable de penser à des solutions de transitions, ayant un réel impact sur notre société. Plastic Odyssey est convaincu que les innovations technologiques, notamment frugales, permettront d’agir comme un puissant levier économique et social afin de lutter contre ce problème planétaire.

Plastic Odyssey est un catamaran de 25 mètres propulse uniquement grâce aux déchets plastiques. Ceux-ci seront récoltés à terre a chaque escale puis tries et recycles. Les déchets non-recyclables seront convertis en carburant par pyrolyse, permettant d’alimenter les moteurs du navire.

Une expédition de 3 ans autour du monde couplée à un défi technique unique qui permettra de montrer que les déchets ont trop de valeur pour finir dans l’océan.

Le navire servira d’atelier pour construire et tester des machines low-tech et open-source. Cette expédition est une opportunité de se confronter aux réalités du terrain et d’adapter les solutions aux besoins locaux. Ces technologies seront diffusées à travers le monde pour développer les économies locales tout en dépolluant notre environnement.

« La planète Terre est le vaisseau de l’Humanité. Nous sommes tous membres de l’équipage, citoyens d’aujourd’hui et explorateurs de demain. Afin de mieux protéger nos biens communs, réunissons l’aventure humaine et l’aventure scientifique et technique. C’est un choix de vie passionnant qui anime l’équipe de Plastic Odyssey. Merci d’emprunter ce chemin. » a déclaré Claudie Haigneré, Astronaute de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) en soutien à ce projet.

DU PLASTIQUE AU CARBURANT

Tous les déchets qui ne seront pas recyclés lors des escales seront transformés en énergie par pyrolyse pour alimenter les moteurs du navire.

Environ 91% des débris plastiques ne sont pas recyclés*

Bien que le refus, le réemploi ou le recyclage du plastique soient les méthodes à privilégier, il n’est pas toujours économiquement viable ou techniquement possible de le faire. Aujourd’hui, seulement 9% du plastique est recyclé dans le monde. Le reste est incinéré, enfoui, ou pire finit dans des décharges à ciel ouvert et dans la nature. Sa décomposition peut alors prendre jusqu’à un millier d’années. Cela montre bien l’importance de promouvoir de nouvelles opportunités économiques dans le traitement des déchets.

Récupérer l’énergie des plastiques : une alternative aux carburants fossiles

La pyrolyse plastique permet de transformer du plastique non recyclable en diesel et en essence sous l’action de la chaleur. Ce procédé qui n’inclut pas de combustion, est autosuffisant en énergie et produit un litre de combustible par kilogramme de plastique traité.

Le carburant produit pourrait s’avérer être une alternative précieuse pour les petits bateaux de pêche, les mobylettes ou les générateurs diesel utilisés dans les zones rurales.

Limiter le réchauffement climatique

Produire localement le combustible à partir de déchets plastiques permettrait de réduire l’importation de carburant fossile et d’éviter ainsi d’importantes émissions de CO2 inhérentes à l’extraction, le raffinage et le transport du pétrole. De cette manière, plus de 20% des émissions de CO2 peuvent être économisées.

En plus d’éviter l’incinération sauvage de matière plastique et les émissions néfastes qui en résultent, cette technologie permet une transition positive vers la fin des énergies fossiles.

Une technologie libre de droits, construite de manière collaborative

L’unité de pyrolyse sera le fruit d’une collaboration internationale unique entre des partenaires publics et privés, spécialisés dans la pyrolyse plastique. Le résultat visé est une unité low tech et miniaturisée qui tient dans un conteneur maritime standard de 20 pieds. Après avoir été testé et approuvé sur le navire, le système sera répliqué avant d’être déployé et remis à des acteurs locaux.

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