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Pneus : sacrifier la sécurité à l’environnement ?

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Il y aurait donc une notation de la performance du pneu sur une échelle de A à G dans le domaine énergétique, c’est à dire sa résistance au roulement visualisé par une pompe à essence. Car effectivement le frottement d’un pneu sur le sol absorbe 20% de la consommation d’un véhicule. Entre le pneu classé A et celui classé G, il y aurait donc une différence de consommation de 0.6 litres au 100 km, c’est à dire qu’un plein sur cinq est consacré uniquement à vaincre la résistance du pneu au sol. Sur la durée de vie d’un pneu, 50 000 km environ cela représente 300 litres d’essence.

Il y aurait ensuite une notation similaire de la performance du pneu sur un critère que l’on peut qualifier de sécuritaire qui est la distance de freinage pour arrêter la voiture sur sol glissant. Le logo pour visualiser cette performance serait un pneu avec des gouttelettes visualisant la pluie. La vitesse de la mesure de performance choisi serait de 80 km/h, vitesse à laquelle on arrête son véhicule en 40 m en moyenne. Entre un pneu classé A et un pneu classé G la différence serait de 8 m à cette vitesse. L’histoire ne dit pas combien de distance de freinage en plus cela fait à 100 km/h mais c’est probablement le triple soit 27 mètres de plus pour s’arrêter.

Troisième critère de classification choisi, toujours sur une échelle de A à G le bruit de roulement. Un critère que ne passionnera probablement que moyennement les automobilistes alors qu’abaisser de 3 db le bruit de roulement revient pourtant à diminuer de moitié le bruit de roulement émis par un véhicule. Tout ceci est bel et bon et nos députés européens ont déjà entériné le principe d’une telle batterie de classifications lors d’un vote du 22 avril. Il restera évidemment à transcrire cette obligation dans les différents droit communautaires ce qui devrait prendre quelque temps mais c’est parti, la loi nouvelle s’imposera à nous. Reste à savoir l’effet que la classification aura sur le choix des consommateurs. On risque en effet de les voir sacrifier la sécurité sur route mouillée (et probablement sèche car il y a un lien entre les deux) à l’économie de consommation. Voire les voir descendre en dimension de pneus car le pneu le plus économe d’énergie est le plus étroit c’est à dire celui qui freine le moins. Qui sera l’arbitre lors d’un achat entre le pneu à faible consommation qui freine mal et celui qui freine bien mais consomme un peu plus ? Un autre règlement sur la sécurité des véhicules qui doit entrer en vigueur en 2012 et qui définira des seuils d’acceptabilité des pneus mis sur le marché suivant ces trois critères !

Bref ça ressemble quand même à une usine à gaz dont nos technocrates ont le secret et sur les résultats desquelles ils ne nous rendent jamais de compte. Les fabricants de pneus y sont assez favorables car cela constituera une protection commerciale face à de nouveaux intervenants à venir sur ce marché déjà difficile….

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[ Archive ] – Cet article a été écrit par CaDerange


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