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« Pollution aux particules fines : la menace fantôme »

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Alors qu’une enquête publiée le 5 juin par Le Parisien-Aujourd’hui en France révèle que les particules fines seraient à l’origine de 42.000 décès par an dans l’hexagone, pour l’Association Santé Environnement France (ASEF), qui réunit environ 2 500 médecins, il n’y a rien de nouveau sous le soleil.


Les particules : une exception française ?

Les microparticules – aussi appelées PM10 et PM2,5 – présentes naturellement dans l’environnement sont surtout produites par les activités humaines.

Principaux secteurs mis en cause : la combustion de bois pour chauffer les habitations (30 %), la transformation d’énergie par l’industrie (30 %), l’agriculture avec l’utilisation d’engrais (20 %) et les transports du fait notamment de la combustion de diesel (15 %).

"Et c’est surtout ce dernier point qui nous intéresse…" explique l’ASEF : "Le diesel a un pouvoir énergétique supérieur à celui de l’essence. C’est pour cela qu’il permet de consommer moins. Aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou encore en Suisse, il est donc logiquement vendu plus cher que l’essence. Mais en France, non…. Le diesel est vendu moins cher! Pourquoi ? Une volonté politique forte à laquelle veille les lobbies pétroliers et automobiles…. Impossible de critiquer le diesel sans se faire traiter d’inconscient destructeur d’emplois…"

Petites, mais costauds !

Le problème, c’est que ces particules fines que nous respirons au quotidien sont nocives pour l’organisme. Elles progressent jusqu’au bout des voies respiratoires, atteignent les alvéoles et entraînent des maladies pulmonaires.

Elles pénètrent ensuite dans la circulation sanguine et provoquent aussi des problèmes cardiovasculaires en bouchant les petits vaisseaux. Au cours de leur voyage au centre de nos corps, elles peuvent déclencher: bronchites chroniques, asthme, cancers du poumon, accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou encore infarctus du myocarde.

"En moyenne sur une année, on observe que les jours où les concentrations de particules fines sont élevées, les hospitalisations augmentent, de même que les taux d’infarctus ou d’AVC. Ainsi, une hausse de 10 microgrammes par m3 de la dose journalière entraîne en moyenne deux fois plus d’hospitalisations d’enfants et de personnes âgées" explique le Dr Patrice Halimi, Secrétaire Général de l’ASEF. L’an dernier, une étude* menée dans 12 pays européens a démontré que la diminution des particules fines dans l’air de nos villes permettrait d’augmenter notre espérance de vie. A Marseille, si on respectait l’objectif de qualité de l’OMS (10 microgrammes/m3), l’espérance de vie pourrait augmenter de 8 mois. "Pour préserver les emplois de la filière automobile et pétrolière, il faut donc sacrifier la santé d’une partie de la population…" insiste l’ASEF.

[ Diesel, Le Scandale Français ]

[ Vidéo ]


La vie n’a pas de prix.

Si, sous la contrainte juridique, le nombre de particules fines émises a légèrement baissé, chaque année la France dépasse les normes européennes de concentration maximum. Elle a été rappelée à l’ordre à plusieurs reprises par la Commission, qui la menace de payer des sanctions. En plus du coût humain, du coût pour l’assurance maladie (allergies, asthmes, accidents-cardiovasculaires, etc.), nous payerions une fois encore en versant des pénalités à l’Union Européenne !

Quels sont les polluants présents dans l’atmosphère?

L’air est un mélange constitué de 78% d’azote, 21% d’oxygène et seulement 1% de composés divers (argon, dioxyde de carbone, gaz rares et autres composés fabriqués par l’Homme).

Les polluants représentent moins de 0,05% de la composition de l’air mais cette fraction, si faible puisse-t-elle paraître, peut avoir un impact important sur la santé et les écosystèmes. La définition la plus courante de la pollution atmosphérique est celle proposée par la loi sur l’air (30/12/1996-Livre II, Titre II du code de l’environnement) : “L‘introduction par l’Homme directement ou indirectement, dans l’atmosphère et les espaces clos, de substances ayant des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à influer sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels, à provoquer des nuisances olfactives”.

Les principaux polluants atmosphériques se classent dans deux grandes familles bien distinctes :

les polluants primaires, issus directement d’une source polluante :

"Pollution aux particules fines : la menace fantôme"

Les polluants secondaires qui ne sont pas rejetés directement dans l’atmosphère mais résultent de la transformation chimique des polluants primaires.

C’est le cas de l’Ozone (O3) : lorsque les polluants primaires (oxydes d’azote, monoxyde de carbone, COV,…) sont présents en grande quantité dans l’atmosphère, une transformation chimique complexe conduit, sous l’effet du rayonnement ultra-violet, à la formation d’ozone.

Les régions les plus sensibles sont donc à la fois les zones urbaines et périurbaines à cause des émissions des automobiles et de l’industrie, ainsi que les zones fortement ensoleillées, méridionales ou d’altitude. La formation d’ozone nécessite un certain temps durant lequel les masses d’air se déplacent. Ceci explique pourquoi les niveaux d’ozone sont plus soutenus en zone rurale que dans les grandes villes.


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    29 Commentaires sur "« Pollution aux particules fines : la menace fantôme »"

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    Teredral
    Invité

    A noter que la combustion de bois pour chauffer les habitations, considérée comme très écologique, produit deux fois plus de particules fines que les transports dont le diesel présenté comme le principal sinon les seul responsable

    Nico_75
    Invité

    Orientés peut être mais intéressant tout de même. Lisez bien le 1er paragraphe : « Principaux secteurs mis en cause : la combustion de bois pour chauffer les habitations (30 %), la transformation d’énergie par l’industrie (30 %), l’agriculture avec l’utilisation d’engrais (20 %) et les transports du fait notamment de la combustion de diesel (15 %). »

    Teredral
    Invité

    J’ai bien lu le paragraphe et voulu simplement mettre en avant la vision contradictoire entre deux des sources de ce polluant. On peut, si vous préférez, insister sur le fait que le seul accusé dans les médias (le moteuir diesel) représente moins de 15% du total !

    Bachoubouzouc
    Invité
    D’autant plus que le chauffage au bois reste franchement anecdotique en France ! Sans doute pas la moitié des foyers français sont équipés d’une cheminée en état de marche, font quelques feux par an, et pourtant cela provoque deux fois plus de pollution aux particules fines que les diesels, que l’immense majorité des français utilisent tous les jours !!!! Si les médias voulaient vraiment faire baisser ce taux de particules fines et pas simplement faire un scoop en dénoncant un nième complot de sombres lobbyistes, ils pourraient s’attaquer à cette pratique superflue qu’est le feu de bois ! Mais évidemment… Lire plus »
    gaga42
    Invité
    Quelques petits bémols sur les arguments de ceux qui veulent casser le chauffage au bois (et continuer à sillonner les centres villes avec leur gros diesel?): – L’étude médicale citée n’incrimine (pour le moment…) que les particules issues du diesel. – Les problèmes de fortes concentrations se rencontrent surtout dans les centre ville, or le chauffage au bois n’y est utilisé que marginalement, pour d’évidentes raisons de stockage (mais probablement justement avec des cheminées peu performates). Par ailleurs les taux en PM10 et 2.5 y sont moins forts le dimanche… – Les chiffres de provenance des PM cités (30% etc…)… Lire plus »
    aurel
    Invité
    Mais évidemment cela irait à l’encontre de l’utopie écolo du chauffage au bois « renouvellable » à la campagne, dont ils sont les principaux défendeurs… Les méchants écolos qui encourragent le chauffage au bois (bien souvent au détriment du chauffage électrique) n’encourragent pas de brûler des buches à moitié humides dans des cheminées ouvertes dont le rendement atteint difficilement les 30%, mais du bois bien sec dans des poêles dont le rendement est supérieur à 80%.Et je pense qu’en terme d’imbrulés, ce n’est pas tout à fait la même chose. Ca revient à peu près à comparer une 505 diesel d’il y… Lire plus »
    crolles
    Invité

    Bonjour Il me semble, mais je ne suis pas spécialiste, que les voitures diesel vendues actuellement possèdent un filtre à particules ? Et il faut un réglage régulier des moteurs pour éviter les enfumoirs qu’on voit parfois rouler. Bref, as-t-on des solutions techniques? Par ailleurs, c’est sans doute possible de filtrer les particules également sur les chauffages au bois (cheminées ou chaudières granules). Cdlt

    Jojo
    Invité
    Le chauffage au bois pose des problèmes de pollution aux particules uniquement dans des configurations bien particulières, comme par exemple des vallées encaissées avec peu de vent. Sinon le bois n’est quasi pas utilisé en ville, là où sont les problèmes de particules. C’est une chose de voir des chiffres, il faut interpréter la réalité derrière. De plus, 90 % des appareils de chauffage à bois sont des vieilles cheminées ouvertes ou des vieux poêles avec un très mauvais rendement. Entre ça et un poêle à granulé moderne, on divise par 1000 (!) l’émission de particules fines Et avec une… Lire plus »
    Bachoubouzouc
    Invité

    « Et je pense qu’en terme d’imbrulés, ce n’est pas tout à fait la même chose. » Que je sache même les cheminées ou chaudières au bois les plus modernes ne sont pas équipées d’un filtre à particule, dont on a vu plus haut qu’il n’était jamais d’une efficacité parfaite. Que leur rendement soit bon ne change rien aux polluants qu’elles émettent. Sont-elles seulement équipées d’un pot catalytique ?

    gaga42
    Invité

    On peut avoir un appareil performant en terme de rendement ET d’émissions sans FAP, il « suffit » de maitriser la combustion. Il existe d’ailleurs un label (exigé si reduc impots) tenant compte du rendement ET des émissions (CO + particules): Flamme verte Mais à ma connaissance pas de label sur le bois de chauffage, généralement vendu bien vert… Il existe aussi des FAP (ou catalyseurs?) pour les poeles, mais ça reste très anecdotique.

    Pastilleverte
    Invité
    indiquons que de source OMS, la principale cause de mortalité, au moins dans les pays « du Sud » sont les infections pulmonaires, causées, essentiellement par l’usgae du… bois pour faire la cuisine notamment, sans compter l’effet désastreux sur le déboisement et le changement d’usage des sols (mais dans la plupart des cas ils n’ont pas le choix). Bien entendu, c’est une utilisation encore plus « primaire » que dans nos cheminées même « non aménagées ». Quant aux lobbies pétroliers et automobiles vis à vis du diesel, je sais qu’on ne prête qu’aux riches, mais ce sont plutôt les transporteurs routiers que les pétroliers qui… Lire plus »
    Samivel51
    Invité

    Que viennent faire les engrais agricoles ici?! En quoi emettent-ils des particules fines? Est-ce lors de leur fabrication?

    claudio
    Invité
    Il y va en France du problème du diesel comme celui du nucléaire. Exactement le même engoument, la même aberration, la même monoculture (75 % du parc) et les mêms causes lobbystiques. Et, j’ajoute, les mêmes arguments en guise de contre-feux : la lutte contre le changement climatique. La phrase ci-dessous extraite de cet article sur le diesel pourrait très bien servir à un article sur le nucléaire. Il faut juste remplacer le mot « diesel ». Impossible de critiquer le diesel sans se faire traiter d’inconscient destructeur d’emplois… » Ah ! J’ouliais un derneir parallèle : la sous-taxation de l’un et la… Lire plus »
    Bachoubouzouc
    Invité
    Votre commentaire est un trésor de propagande ! On y retrouve presque tous les mythes : – la part majoritaire du nucléaire dans le mix français qui pose un problème, on attend toujours de savoir lequel. – les lobbys tout puissants (on en voit l’effet dans les médias, qui en sont encore au mythe fondateur du « nuage qui s’est arrêté à la frontière ») – la sous-évaluation des coûts du nucléaire. Alors là c’est comme le monstre du lock ness : On les a beaucoup cherché, on ne les a jamais trouvé, mais tout le monde dit qu’ils sont là !… Lire plus »
    Fra
    Invité

    Les engrais , je ne sais pas . Mais as-tu fréquenté nos belles campagnes , aux époques où l’on pulvérise des pesticides sur nos vergers & vignobles à l’aide de grosses machines munies de puissants ventilos ?

    Dan1
    Invité
    Nous avons déjà largement disserté sur le poids du chauffage au bois dans l’émission de particules un brin toxique : Nos amis Canadiens et Suisses ont déjà pris des mesures de limitation. En France et en Europe, des études ont été réalisée (CARBOSOL….) et nous avons des rapports très clairs sur qui émet quoi en matière de particules fines grace au CITEPA : On peut diaboliser le diesel… mais il n’est pas seul de loin (voir page 90 et 91 pour les PM 1,0). On voit aussi que les émissions de ces particules ont reculées dans le transport depuis 1990,… Lire plus »
    Dan1
    Invité
    CITEPA et SECTEN. le rapport SECTEN d’avril 2012 que je viens de citer mérite d’être parcouru. Je vous laisse également apprécier les tableaux détaillés concernant les véhicules à la page 203. Vous pouvez alors comparer cela aux tableaux d’émission des particules par combustibles figurant à la page 222. Ensuite, je vous laisse diaboliser le diesel ou interdire les poêles à bois écologiques ! Enfin, ce n’est pas si grave puisque qu’un tiers de la population française mourra d’un cancer, dont certains après un léger bronzage en cabine. mais si en plus ils boivent, fument et possède une voiture diesel, il… Lire plus »
    De passage
    Invité

    donc on ne peut pas comprendre son argumentaire: j’y renonce.

    De passage
    Invité

    françaises: Le « mix » qui sort de la distillation primaire du brut n’est pas 20% essence et 80% gazole: Bien au contraire et c’est Dame Nature qui l’impose. Alors nos pétroliers nationaux exportent des cargaisons entières d’essence vers les USA demandeurs et nous importons d’eux de notables quantités de gazole. Ca leur coûte cher donc ils nous le font payer. Ca fait longtemps qu’ils hurlent auprès des gouvernements mais le lobby mental (arriéré) CO² est trop fort.

    Papoumontchat
    Invité

    J’utilise (en banlieue), en complément de mon chauffage électrique, le même insert à bois fermé (de MARQUE FRANCAISE) depuis plus de 20 ans que j’allume tous les matins quand T

    Dan1
    Invité

    ça tombe bien puisque je n’ai pas écrit que les Canadiens et les Suisses avaient interdit les poêles à bois. J’ai bien parlé de limitation sans en préciser la nature. Ceci dit, l’utilisation massive du chauffage au bois individuel en ville reste problématique, même avec des poêles performant. Mais si on se moque des particules fines et des cancers c’est pas pareil.

    Jojo
    Invité

    Effectivement, l’usage massif du bois en ville poserait problème, si il est décentralisé … A mon sens, une solution bois énergie couplée sur un réseau de chaleur est nettement plus intelligente : on concentre la combustion en quelques points, et on peut investir sur des gros systèmes de traitement des fumées. A l’échelle globale, on mutualise les investissements pour limiter les pollutions. D’ailleurs cette réflexion est valable pour toutes les autres sources d’énergies de chauffage, je ne comprends pas pourquoi on ne développe pas plus les réseaux de chaleur en ville.

    Dan1
    Invité

    Je vous signale que je parlais pour la France où il existe encore du chauffage au bois en ville ou en agglomération (ce qui importe est la concentration). Le granulé commence à percer en France, mais ne remplace pas les poêles classiques encore très présents à la vente dans les magasins. Bien que plus propre le granulé émet quand même des particules. Reste à savoir si on a plus peur des particules du diesel que de celles de la combustion du bois.

    Devoirdereserve
    Invité
    Sur Actu-Environnement, la source supposée du chiffre de 42 000 décès était l’association « Respire ». L' »information » a été reprise par France 2, France Inter, sans source… Ici, la source c’est une étude du Parisien (revue scientifique à comité de lecture international bien connue). Une vraie référence sur la question : l’OMS La carte interactive donne pour la France un surcroit de mortalité de 7500 cas par an, toutes causes de pollution atmosphérique extérieure confondues. On est loin des 42 000… A comparer aux 10 000 en Italie, ou 11 000 en Allemagne… Alors tout n’est peut-être pas du au diesel. Mais… Lire plus »
    Mohamed
    Invité
    Bonjour, je vies en région parisienne, je travaille sur paris et vis en banlieu dans le 78 plus précisément à Guyancourt, dans un petit pavillon. Certains de mes voisins se chauffent au bois, pas nombreux: 4 au total, mais leur fumée suffit à m’empoisonner la vie. (en hiver biensur). Il faut préciser que je suis asthmatique. Je travaille sur paris, je passe ma vie dans les bouchons et pourtant, je n’ai jamais eu de problèmes. A part les rares fois ou je suis derriere un gros camion qui relache des fumées grises. Par contre, chaque hiver je fais des crises… Lire plus »
    Pol75
    Invité

    Et cela vous parait possible que ces chiffres soient exacts ? Le bois esty le principal polluant en France et le diesel ne fait presque rien… cela ne vous semble pas suspect ? Vous n’imaginez pas qu’un lobby queconque puisse avoir intérêt à nous faire croire cela ?

    Marc12
    Invité

    Leurs cheminées rejettent directement dans votre salon ? Je me marre ! J’habite dans un village ou tout le monde a une cheminée et franchement… l’air est tout à fait respirable… sauf les jours de grand passage de véhicules. Dangereux le bois de cheminée… on nage en plein délire… malheureusement collectif.

    Guydegif(91)
    Invité
     »Les microparticules – aussi appelées PM10 et PM2,5 – présentes dans l’environnement sont surtout produites par les activités humaines. Principaux secteurs mis en cause : la combustion de bois pour chauffer les habitations (30 %), la transformation d’énergie par l’industrie (30 %), l’agriculture avec l’utilisation d’engrais (20 %) et les transports du fait notamment de la combustion de diesel (15 %) ». –> 1 ommission NOTABLE, oublié ci-dessus, et applicable à TOUS VEHICULES, petits et grands, VL et PL, diesel ET essence: les particules issues du freinage, donc des plaquettes de frein! Il semblerait, selon un reportage récent vu dans les… Lire plus »
    Dan1
    Invité

    Déjà en 2009, j’évoquais ce point très peu mis en exergue : Si c’est avéré, il faudrait mettre un frein aux plaquettes !

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